Lassé des tournées promotionnelles ? Dans un entretien accordé au magazine "Premiere", Pierre Niney a jeté un pavé dans la mare en critiquant l'intérêt des journées presse, lors desquelles les comédiens répondent à la chaîne et en quelques minutes chrono aux médias sélectionnés. Charismatique dans "Le Gourou", en salles dès ce mercredi, l'un des acteurs phares du cinéma français souhaite bousculer l'ordre des choses, et a donné des pistes pour parvenir à ses fins. Pour appuyer ses propos, il a pris exemple sur sa dernière "junket", pas franchement des plus captivantes. "J'ai passé dix heures enfermé dans une chambre d'hôtel avec des journalistes qui m'ont tous posé les mêmes questions pour que je leur redise à l'oral, ce qui dans 90% des cas, était déjà dans le dossier presse", déplore celui qui a beaucoup plus apprécié la surprise préparée par les équipes de "C à vous". "C'était fatigant et pas intéressant du tout", a résumé le comédien césarisé pour son interprétation magistrale du "Comte de Monte Cristo".
Loin de se contenter de ce constat assommant, Pierre Niney propose des solutions pour lutter contre cette norme dans le milieu du cinéma. Il appelle ainsi à ce que les journalistes sortent des conventions et se remettent en question. "À chaque fois que je dis, venez, on organise une conférence de presse où on donnera une fois la réponse, mais à fond et hyper motivés, et on répondra à tout pendant trois heures dans un endroit sympa, les gens qui s'occupent de la promo me répondent invariablement : 'bah non, les journalistes exigent tous leur moment exclu à eux", se plaint le trentenaire, inspiré par la folle promotion de "Marty Supreme" avec Timothée Chalamet au casting.
Sur cette problématique du temps accordé aux médias, il se dit opérationnel pour casser les codes. "Moi, je suis prêt et sur le prochain film que je produis, si j'en ai l'occasion, j'aimerais bien bousculer tout ça", a-t-il assuré après avoir eu la confirmation de son interlocuteur que le système employé actuellement était "dégradant". "Une conférence de presse comme à Cannes, ce ne sont pas des moments inhumains, non plus, il me semble ?", s'interrogeait le comédien qui milite donc pour un format d'échange collectif et participatif.
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Outre-Atlantique, son confrère américain Matt Damon, se plaint d'une autre tendance néfaste pour l'industrie du cinéma : les contraintes que Netflix fait peser sur l'écriture de ses productions pour réussir à conserver l'attention du public. "La méthode classique pour réaliser un film d’action consiste généralement à avoir trois scènes d’action marquantes, qui montent en puissance jusqu’à la grande scène avec toutes les explosions… Maintenant, ils se disent : "Est-ce qu’on peut avoir une grosse scène d’action dans les cinq premières minutes ? On veut que les gens restent captivés", a rapporté dans un podcast la tête de gondole du thriller "The Rip", numéro 1 actuel du Top 10 de la plateforme.
Autre exigence demandée par le géant américain dans ce même souci de capter l'intérêt d'un public jugé versatile : "Répéter l'intrigue trois ou quatre fois dans les dialogues, car les gens sont sur leur téléphone pendant qu'ils regardent le film'". Cette consigne inquiète de plus en plus le grand copain de Ben Affleck car "empiétant sur la façon dont nous racontons des histoires".

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