Contestée mais soutenue par sa direction et ses collègues de BFMTV. Les premiers pas de Sonia Mabrouk chez son nouvel employeur se sont révélés très mouvementés. Déjà froidement accueillie par les syndicats du groupe, la journaliste transfuge de CNews a d’abord été critiquée pour le choix de ses invités puis pour son interview jugée complaisante de Sarah Knafo. L’eurodéputée (Reconquête) a pu parler de "Français de souche" et de "Français de branche", expressions "notoirement d’extrême droite raciste", réprouve le communiqué des syndicats de la chaîne d’information "sans aucune opposition" ni "recadrage historique" de la part de leur consœur, accusée de "déshonorer la profession". Un communiqué auquel a répondu celle qui ne compte pas "CNewsniser" le canal 13 de la TNT : "Le journalisme, c’est le pluralisme. Il faudra s’y habituer. Votre hémiplégie politique et démocratique est déshonorante a fortiori en pleine campagne présidentielle. Je ne me laisserai pas salir".
Puis, c’est la France insoumise qui a ciblé la présentatrice de "100% Mabrouk" en annonçant son intention de boycotter ses émissions. Le mouvement affirme vouloir protester "contre ce qui nous apparaît en cette rentrée comme étant une dérive de plus en plus manifeste de la ligne éditoriale de BFMTV vers l’extrême droite". Face à cette situation, la chaîne d'information n'a pas tardé à exprimer son mécontentement. "BFM reste libre de sa programmation et de sa ligne éditoriale et ne saurait en aucun cas se voir dicter des conditions", a-t-elle répliqué dans un texte relayé par plusieurs figures vedettes du groupe comme Olivier Truchot, Alain Marshall ou Apolline de Malherbe, tous solidaires.
Cet élan d'unité s'est également concrétisé sur le plateau de "C à vous" dans l'émission de samedi soir, dont un extrait a déjà été partagé sur les réseaux sociaux. Invité aux côtés de la matinalière, Maxime Switek a en effet poussé un coup de gueule pour défendre sa nouvelle voisine de bureau, accablée par les articles de presse depuis quatre semaines. "À un moment donné, foutez-lui la paix !", a-t-il balancé face à Mohamed Bouhafsi.
Le présentateur du "BFM Grand Soir" a alors ciblé une partie de ses blâmes, effectuant la distinction entre les reproches internes et ceux émanant de l'extérieur. "Je fais la différence entre ce qui se passe dans notre maison où l’on a un devoir évident de pluralité, un devoir d’inviter toutes les familles politiques, un devoir de contrer les propos de nos invités, et c’est sain que nos collègues regardent et que l’on débriefe ensemble", a d'abord fait savoir le journaliste. Avant de monter au créneau : "Là où je dis 'foutez-lui la paix', ce sont tous ceux qui à l’extérieur en profitent pour l’atteindre elle et BFMTV, pour aller chercher la petite bête. Au bout de trois jours d’antenne, elle avait 10 papiers sur ses audiences".
Maxime Switek implore les médias de laisser du temps et de la quiétude à la recrue très scrutée. "On est où là ? À un moment donné, laissez-la bosser ! Sonia, elle est comme Apolline et moi, elle tient au pluralisme, elle tient au fait de devoir absolument recevoir toutes les familles politiques et qu’on doive les traiter de la même manière. C’est comme ça que BFMTV fonctionne, qu’elle a toujours fonctionné et c’est comme ça qu’avec Sonia et nous, BFMTV fonctionnera", a-t-il conclu dans un message d'apaisement.