Franck Gastambide ("Validé") : "La série est devenue un propulseur de talents"

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Franck Gastambide ("Validé") : "La série est devenue un propulseur de talents"
"Validé" : Bande-annonce de la saison 2 sur Canal+ © © 2021 TASSIANA AITTAHAR – MANDARIN TÉLÉVISION – AUTODIDAKTE – CANAL+
Le réalisateur de la série a accordé un entretien à puremedias.com.

De retour dans le "game". Ce soir, à 21h, Canal+ diffusera les trois premiers épisodes de la saison 2 de "Validé". Cette série réalisée par Franck Gastambide racontera la montée en puissance d'une jeune rappeuse, L'Alpha, dans le milieu de la musique. Dans cette nouvelle saison, les téléspectateurs retrouveront au cast Saïdou Camara, Brahim Bouhlel, Sabrina Ouazani, Moussa Mansaly, Hakim Jemili, Laëtitia kerfa et Bosh. A cette occasion, puremedias.com s'est entretenu avec le réalisateur de "Validé", Franck Gastambide.

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Propos recueillis par Florian Guadalupe.

puremedias.com : Pourquoi avoir fait le choix d'axer la saison 2 de "Validé" sur une rappeuse ?
Pour la puissance de ce qu'on voulait raconter. Il n'y a pas eu de volonté de faire du féminisme opportuniste. Il y avait juste l'idée, pour mes scénaristes et moi, de raconter des parcours de gens extraordinaires. Le parcours d'une femme dans le rap sera forcément extraordinaire, parce que c'est moins commun. On aura plein de choses à raconter autour d'elle. La sensibilité d'une femme va, contre toute attente, nous permettre de raconter des choses plus sombres pour la partie thriller de "Validé". Quand nous avons annoncé que ça allait être une femme dans le rôle principal, beaucoup de gens ont dit : "Ca va être moins bien, ça va être moins dur". Alors que non ! Les problématiques autour d'une femme peuvent être beaucoup plus sombres.

Ils ont dit
"Laëtitia Kerfa a clairement inspiré son personnage dès l'écriture".
Franck Gastambide

Comment avez-vous choisi Laëtitia Kerfa qui incarne L'Alpha, l'héroïne ?
D'abord, ça s'ancre dans ce que nous avons réussi à créer dans la première saison de "Validé". La série a lancé la carrière de Hatik. C'était un plaisir incroyable de mettre en avant de nouveaux talents. L'idée était de renouveler ça avec, encore une fois, quelqu'un d'inconnu.
J'ai été dans un petit théâtre à Aubervilliers dans lequel Laëtitia jouait une pièce de théâtre qu'elle portait seule, avec des moments rappés. Il y a eu une espèce d'évidence. J'avais à la fois une femme qui avait un charisme de rôle principal de série et qui était en même temps aussi bonne comédienne que rappeuse. En plus, elle avait une vraie expérience de comédienne. Hatik n'avait jamais joué avant d'apparaître devant la caméra. Laëtitia avait la capacité de porter une pièce de théâtre. Ce qui n'est déjà pas donné à tout le monde. Voilà comme ça s'est fait. Ensuite, je l'ai rencontrée et je lui ai proposé des essais. Nous avons quand même essayé d'autres comédiennes pour avoir des points de comparaison. Puis, je dois avouer qu'elle avait quelque chose de plus. Très vite, je l'ai choisie et elle a permis d'influer sur l'écriture du personnage, parce que nous étions encore en développement à ce moment-là. Elle a clairement inspiré son personnage dès l'écriture.

A-t-elle aidé à l'écriture de son personnage ?
Elle ne l'a pas écrit au sens propre. Non. Mais elle a influencé l'écriture à partir du moment où elle a été choisie. Nous étions encore dans le processus d'écriture. C'est ce qui donne cette sensation que nous avons écrit pour elle et que ce personnage, L'Alpha, c'est elle.

Ils ont dit
"Je ne m'attendais pas à ce que ce soit un tel propulseur de talents".
Franck Gastambide

Aujourd'hui, outre Diam's, une femme qui perce dans le rap, ça ne relève que de la fiction ?
Je suis convaincu que c'est possible. Je suis convaincu qu'il y a des places à prendre dans le rap pour les femmes. Laëtitia va prendre sa place très bientôt, propulsée par "Validé". La série est devenue une espèce de propulseur de talents. Tous les jours les gens dans la rue me parlent de "Validé" : "Est-ce qu'Apash est mort ?", "Est-ce que Mounir est mort ?", "Est-ce qu'il y a une saison 2 ?", "Quand est-ce qu'elle sort ?". Plusieurs fois par jour, on me parle de ces questions-là. C'est une récompense incroyable de se dire que ça a touché autant de gens que ça.

"Validé", c'est le "The Voice" du rap ?
Totalement et involontairement. C'est la cerise sur le ghetto. (rires) Ma volonté est de faire la meilleure série possible sur le rap français. Se dire qu'elle a été suffisamment vue et appréciée pour que ça lance les carrières de ceux qui y participent, c'est le plus qui me rend extrêmement fier. "Validé" a donné une carrière à Hatik. "Validé" va donner une carrière à Laëtitia. Il y a aussi les talents d'acteur. Saïdou (Camara, ndlr) a maintenant une carrière et un agent. Ce qui est le cas désormais pour tous les rôles secondaires de la série. Cette série a fait du bien à tout le monde. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit un tel propulseur de talents. Ma volonté était de me servir de ma notoriété pour mettre en avant des nouveaux comédiens et des inconnus. Ca allait permettre au public de s'identifier encore plus aux personnages, en voyant des jeunes qui leur ressemblent et qu'ils n'avaient jamais vus ailleurs. Aujourd'hui, j'essaye de les entourer de comédiens un peu plus chevronnés, comme moi, Sabrina Ouazani ou Adel Bencherif.

La réalité du monde du rap va-t-elle encore plus loin que ce que vous proposez dans "Validé" ?
Non. Je ne peux pas dire ça. Il faut assumer la partie fictionnée. Il faut assumer qu'on est en train de proposer un programme de divertissement. Nous avons chargé d'embûches et de malchances les personnages. Parfois, ça peut paraître trop. C'est ce qui va faire la force d'une fiction. Ce n'est pas un documentaire. Ce qui est sûr, c'est que les histoires que nous traitons sont réalistes. Nous en avons fait un condensé qui donne l'impression parfois d'un acharnement. Mais ce sont à chaque fois des événements inspirés de la réalité.

Ils ont dit
"Je fais officiellement une pause dans 'Validé'".
Franck Gastambide

Avez-vous eu tous les guests que vous souhaitiez avoir ?
Sur la saison 2, nous avons perdu des guests pour des histoires de planning. Malgré tout, un tournage se fait dans un laps de temps extrêmement clair et précis. Soit les guests peuvent entrer dans ce planning-là, soit nous ne pouvons pas le faire. Il y a SCH et Aya Nakamura que nous n'avons pas pu faire pour des raisons de planning. Il y a aussi le footballeur Riyad Mahrez qui devait faire une apparition. Sauf qu'il joue à Manchester City... On ne pouvait pas aller en Angleterre tourner. Mais ce n'est que partie remise. C'est à chaque fois des gens qui ont fait part de leur intérêt pour la série.

Pourquoi avoir opté pour un format d'épisode de trente minutes ?
Il n'était pas question de changer une formule qui avait bien marché lors de la première saison. C'est un format qui m'est inspiré par la série "Entourage". C'est l'une de mes grandes références. Elle se passe dans l'univers du cinéma à Hollywood. Elle suit le parcours d'un mec qui devient une star. C'est le miroir de ce que je fais. J'aime beaucoup ce format, mais il n'est pas facile à tenir. Parfois, il y a des épisodes qui dépassent un peu. Le dernier fait pas loin de quarante minutes. Juste, c'est un format particulièrement efficace et extrêmement facile à "binger". Si on part sur une autre saison, il est probable que l'on change de format parce qu'on a du mal à tout faire rentrer.

La saison 3 est déjà en préparation ?
Je fais officiellement une pause dans "Validé". La saison 1 raconte le parcours d'un homme. La saison 2 raconte celui d'une femme. Maintenant, je découvre à quel point la fabrication d'une série prend beaucoup d'énergie. Ca fait trois ans que je fais ça. Pendant ces trois années, j'ai pu très peu me rendre disponible pour aller faire l'acteur et pour développer d'autres projets au cinéma. Il était normal après le succès de la saison 1 de répondre vite. On avait vraiment des choses à raconter. Désormais, ma volonté est de ne pas faire de "Validé", une série à qui on impose un planning et des dates de diffusion. Nous faisons donc une pause. Je m'attelle à la préparation de mon prochain film. Puis, je garde un oeil avec mes auteurs sur le "rap game". Je prends mes petites notes pour qu'on revienne avec une saison 3, non pas quand il faudra, mais quand on aura de quoi fabriquer un nouvel événement et qu'on sera sûrs de ne pas décevoir. On est assez fiers de ce qu'on a fait sur ces deux saisons.

Ils ont dit
"Brahim Boulhel est en train de le payer cher".
Franck Gastambide

Avez-vous des nouvelles de Brahim Bouhlel (actuellement en prison au Maroc, ndlr) ?
J'ai des nouvelles de Brahim. Je l'ai au téléphone environ une fois par semaine. Il vit évidemment des moments très difficiles. Ca fait plus de cinq mois qu'il est dans une prison au Maroc. Il a complètement conscience qu'il s'est loupé et qu'il a blessé des gens. Il est en train de le payer cher.

S'il devait y avoir une saison 3, vous le rappelleriez ?
Bien sûr. Je crois qu'il a payé, là.

Ils ont dit
"Un rappeur joue gros quand il fait une interview".
Franck Gastambide

Estimez-vous que le rap est assez représenté dans les médias ?
Je trouve surtout que le rap français a une des plus belles évolutions de l'histoire de la musique. Qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, c'est une musique qui vient des caves, des MJC. C'est une musique des révoltés. Elle est devenue la première musique de France, sûrement la première musique au monde. C'est la fabuleuse histoire du hip hop. C'est assez incroyable ce qu'il se passe. Aujourd'hui, on ne se cache plus d'aimer le rap. Le rap est la musique que tout le monde écoute. Koolshen le disait très bien : "On nous censure parce que notre culture est trop basanée, qu'on représente pas assez la France du passé. C'est carré, on veut nous stopper. Ca allait tant qu'on rappait dans les MJC, mais aujourd'hui le phénomène a grandi. Dieu merci". Il faut se rappeler que le rap était une musique dont on se moquait souvent. Moi, je trouve qu'aujourd'hui elle est très bien représentée.

Pourquoi y a-t-il une certaine méfiance entre les rappeurs et les médias ?
Les médias sont parfois à l'affût de ce qui peut générer du clic. Ce qui génère du clic est souvent la mauvaise nouvelle, pas la bonne. C'est souvent l'excès, le dérapage. Cette méfiance vient du fait que les rappeurs ne sont pas toujours les plus à l'aise en média. Un rappeur joue gros quand il fait une interview. L'autre chose, c'est qu'on sait maintenant, notamment avec des artistes comme PNL, que les interviews et la médiatisation ne sont plus indispensables à la réussite. Dans l'histoire de la musique et du rap, il y a toute une période où les journalistes n'étaient pas forcément tous bienveillants. Le rap était une musique un peu singée et moquée. Puis, j'ai l'impression que le rappeur est toujours sur la défensive. Tout ça crée un rapport de crainte. Mais surtout, au-delà du journaliste, le vrai problème est la récupération des informations sur les réseaux sociaux où le moindre mot mis de travers dans une interview va générer derrière des tas de retweets, d'insultes et de clics. Ca provoque une méfiance d'un artiste dès qu'il ouvre la bouche.

Franck Gastambide
Franck Gastambide
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