Après le départ brutal de Paul lors de l'épreuve d'immunité qui était éliminatoire, un second aventurier a dû quitter "Koh-Lanta" ce mardi 5 mai : Guillaume. Le jeune auto-entrepreneur a été sacrifié au conseil, les ex-jaunes se trouvant désormais dans une situation très défavorable face aux ex-rouges, en supériorité numérique. L'aventurier, considéré depuis le début de la saison comme l'un des favoris des "Reliques du destin", revient sur son parcours.
Propos recueillis par Fanny Petoin
Puremédias : Vous sentiez-vous menacé sur ce conseil ?
Guillaume : Oui et non. Je savais que ma tête dépassait un peu du peloton, qu'un jaune allait probablement être visé et que ce serait un homme. Il n'y avait pas beaucoup d'options, c'était Hugo ou moi. Mais j'avais quand même cette idée que potentiellement les filles jaunes allaient me protéger. Je savais qu'elles discutaient beaucoup avec les filles rouges, qu'elles essayaient de leur retourner la tête. Dans un monde idéal elles auraient pu essayer de les faire voter pour un Antonin ou autre... Donc j'avais une certaine confiance en elles et je m'en suis remis à leur savoir-faire étant donné que moi je ne suis pas du tout stratège...
Mais vous saviez donc que les filles jaunes parlaient avec les rouges...
Je savais qu'il y avait des discussions trans couleurs et ce depuis le premier jour de la réunification. Là, j'étais au pied du mur, un peu acculé, je savais qu'Hugo avait certaines affinités avec les filles rouges et que donc je risquais de sauter sur ce conseil. J'étais un peu désemparé parce que je ne suis pas quelqu'un de stratège et je savais bien qu'à un moment ou un autre c'était ça qui allait me faire défaut dans "Koh-Lanta".
"J'avais même confectionné un outil pour mieux trouver un collier d'immunité dans la forêt"
Guillaume ("Koh-Lanta")
Avez-vous tenté de chercher un collier d'immunité pour vous protéger ?
Johan sentait le vent tourner peu de temps avant son élimination et il avait passé une après-midi à chercher un collier. Il m'avait dit "Au moins, je ne ne sortirais pas en n'ayant pas l'impression d'avoir tout donné". Je me suis dit que j'allais faire pareil : je m'étais même confectionné un outil pour mieux fouiller, un bout de bois avec des énormes dents pour retourner les feuilles mortes au sol. Et j'ai passé deux ou trois heures dans la jungle à tout fouiller, sans avoir réussi à trouver un seul collier. Mais après, chacun avait sa spécialité, moi je n'ai jamais rien trouvé dans la forêt, que ce soit des colliers de la nourriture, rien ! Moi mon secteur d'activité c'était l'eau : j'ai trouvé beaucoup d'oursins, des poissons...
Quand vous apprenez votre élimination, espérez-vous encore vous sauver grâce à l'une des poteries de l'Antre du destin ?
A ce moment-là, je ne me rends pas encore bien compte de ce qu'il se passe. Je suis encore face aux autres aventuriers, avec Denis à côté, j'ai du mal à réaliser. Je sais qu'il reste des poteries pour me sauver, mais je suis plutôt quelqu'un de fataliste. Pour la petite anecdote, en arrivant au conseil j'ai regardé la lune. Elle était 3/4 pleine, et quand je suis entré dans l'Antre du destin, j'ai pris la poterie qui avait le symbole de la lune le plus proche de ce que j'avais vu dehors. Je me suis dit 'Ça, si c'est pas le destin !'. Bon, et puis finalement je suis tombé sur la poterie vide [il rit]. Mais voilà, je ne suis pas allé plus loin, c'est comme ça, j'ai déjà vécu une très belle aventure de 25 jours. On est 40.000 à postuler chaque année, déjà j'ai réussi à être pris et ensuite de tenir au-delà de la réunification, qui était mon seul réel objectif.
Vous étiez pourtant l'un des plus forts sur les épreuves, n'avez-vous pas été frustré de sortir aussi précocement après la réunification ?
J'ai été frustré une fois que j'ai pris conscience de ce qu'il se passait réellement. Mais après je ne pouvais vraiment rien y faire, je n'allais pas me morfondre. Je savais avant même de partir que mon point faible, ça allait être la stratégie. Mon objectif c'était de rester fidèle à moi-même, de partager mes savoir-faire, d'apprendre des autres... Et aussi d'éviter les gossips, c'est peut-être pour ça que l'on me voit un peu moins dans les derniers épisodes : pendant qu'il y avait des stratégies, j'étais absent car j'allais chercher des oursins, pêcher... Je me disais "peut-être qu'ils vont voir tout ce que je fais, penser à leur frigo et ne pas m'éliminer" [il rit].
"C'était l'un des rares moments où on pouvait vraiment prendre le temps de connaître les autres, sans parler de stratégie"
Guillaume ("Koh-Lanta")
Auriez-vous dû en montrer moins sur les épreuves pour faire moins figure de favori et aller plus loin dans le jeu ?
Je ne regrette pas d'avoir montré ce que j'avais à montrer. Je n'aurais pas voulu faire une moitié d'aventure à me préserver, au contraire : je voulais me donner à fond, être moi-même.
Qu'est-ce qui a été le plus difficile pour vous dans ce "Koh-Lanta" ?
On me demande souvent ce que ça a changé pour moi cette aventure. Évidemment c'est très dur, notamment de vivre sans manger, non pas parce que tu as faim, mais parce que tu te vois t'affaiblir de jour en jour. Mais au-delà de ça, c'est une très belle expérience, faite dans un milieu encadré : s'il y avait un pépin, on savait que médicalement il y avait un filet. Et puis j'ai appris la résilience du corps humain, c'est magnifique. On est capable de tenir longtemps sans manger, sans perdre la boule, de rester lucide. On réussit aussi à retrouver l'intégralité de notre force physique momentanément quand Denis Brogniart donne le go sur une épreuve, c'est fou ! Et quand l'épreuve s'arrête, on repasse en mode survie, c'est bluffant. Il y a des pics d'adrénaline, c'est quasi addictif.
Quels sont vos meilleurs souvenirs de cette aventure ?
Dans les bons moments, il y avait ceux où on était en petit groupe : moi et Hugo, moi Hugo et Johan ou moi Hugo et Daniel, quand on était à côté du feu le soir. C'était assez magique car tout le monde dormait autour, il y avait un calme absolu sur la plage, juste toi les yeux rivés sur le feu à refaire le monde, à discuter de tout et de rien. C'était l'un des rares moments où on pouvait vraiment prendre le temps de connaître les autres, sans parler de stratégie.

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