Jean-Luc Azoulay a décidément de la suite dans les idées. Confronté à l'arrêt des "Mystères de l'amour" sur TMC après 14 ans de diffusion sur la TNT, le célèbre producteur a décidé de créer sa propre plateforme pour prolonger les aventures des protagonistes d'"Hélène et les garçons" et de leurs nouveaux camarades. Accessible par abonnement ou à la demande, le service a démarré avec une cinquantaine de programmes, mêlant séries cultes et créations originales, comme "Elsa in L.A.", un format court porté par Elsa Esnoult. Grâce à un accord négocié avec DramaBox, spécialiste international des séries au format vertical, JLA Play a enrichi son catalogue d'une trentaine de nouvelles shortcoms. Un marché mondial que le roi de la sitcom à la française ne veut pas rater.
Jean-Luc Azoulay souhaite en effet conquérir les marchés internationaux grâce à son offre, et a une stratégie en tête. "Nous doublons les programmes", annonce-t-il à Média+. Le fondateur de cette plateforme compte sur l'immense notoriété d'Hélène Rollès en Chine pour satisfaire la curiosité des téléspectateurs de l'Empire du milieu. "Nous voulons d’abord y proposer ses séries françaises, puis créer 'Hélène in Shanghai', après 'Elsa in L.A'", révèle l'homme aux mille projets. L'héroïne de la série culte diffusée entre 1992 et 1994 sur TF1 sera donc la tête d'affiche d'une nouvelle fiction, dont ni le pitch, ni le casting n'ont été précisés. L'interprète de "Hélène" est d'ailleurs allée à la rencontre de son public asiatique, fin octobre, avec une tournée exceptionnelle, où elle fait à chaque fois salle comble.
Le démarrage de JLA Play a néanmoins été émaillé par des critiques, ciblées notamment sur le prix de l'abonnement (19,90 euros). "J’ai vu les réactions et c’est vrai que certaines personnes, pas toutes, ont râlé. Je les comprends tout à fait. Ils ont l’habitude de voir nos programmes gratuitement. Et ne serait-ce que 10 euros aujourd’hui, vu le contexte actuel, c’est une somme", concédait auprès d'"Allociné" le producteur.
Selon lui, la poursuite de son travail ne pouvait pas s'effectuer sur des canaux télévisés. "Ils ne garantissaient pas de diffusion hebdomadaire et proposaient deux ou trois mois d’essai. Avec la baisse des revenus publicitaires, les chaînes manquent d’argent. J’ai préféré notre application", explique Jean-Luc Azoulay, pas fâché avec son ancien diffuseur. "TMC changeait de ligne éditoriale et de budget ; nous nous sommes quittés en bonne intelligence. Ce n’était pas une question de liberté créative : je l’avais déjà. Mais produire 50 minutes de fiction par semaine comporte un vrai risque. Un producteur doit aussi risquer son argent".
