Jimmy Jean-Louis : "J'espère une saison 5 de Heroes"

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Jimmy Jean-Louis : "J'espère une saison 5 de Heroes"
Entretien.

La France l'a découvert grâce à Heroes. Et c'est à présent dans notre pays que le comédien Jimmy Jean-Louis s'illustre, puisqu'il est l'affiche de la comédie Coursier aux côtés de Michael Youn à partir du 24 février. Si son personnage est peu bavard dans la série qui l'a fait connaître, l'homme se révèle très volubile en interview.

A l'occasion de la sortie du film d'Hervé Renoh, dans lequel il incarne un méchant mystérieux et séducteur, l'acteur haïtien est revenu pour Ozap sur son expérience dans cette production française, sur ses envies de cinéma, sur les difficultés que rencontre la quatrième saison de Heroes, et il s'est bien sûr attardé longuement sur le tragique tremblement de terre qui a touché son pays. Entretien.

« Le charisme, on l'a ou on ne l'a pas »



Ozap : On vous a vu sur des grosses productions américaines, et le public va vous découvrir dans un film français : Coursier. Comment êtes-vous arrivé sur ce projet ?

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Jimmy Jean-Louis : Ca a été une rencontre "hasardeuse" avec le réalisateur. J'étais dans les bureaux d'EuropaCorp pendant que lui préparait son film et comme par hasard, on s'est rencontré. Je ne sais pas, il semble que mon nom circulait et on a parlé pendant cinq minutes. Lui connaissait très bien Heroes et en plus de ça, il ne savait vraiment pas ce qu'il voulait pour le personnage de Loki. Et là, il a tout de suite vu qu'il y avait une possibilité avec moi. C'est comme ça que ça s'est fait. Je suis reparti à Los Angeles, il m'a envoyé le script. J'ai fait une petite scène en vidéo pour lui qu'il a montrée à toute la production, et une semaine plus tard, j'étais dans l'univers Coursier.

Et qu'est-ce qui vous a plu dans votre personnage, qui est en quelque sorte le méchant de l'histoire ?
Le méchant, le méchant... on ne sait pas ! Et c'est ça que j'aimais bien chez lui. On pense que c'est le méchant. Oui, c'est son rôle, mais il est très intrigant, très mystérieux, un petit peu charmeur et c'est tout ça qui me plaisait chez lui. C'est un businessman international qui est apparemment impliqué dans des choses importantes, mais on ne sait pas ce que sont ces choses-là.

Votre personnage parle peu. C'est surtout grâce à des regards, un charisme, une présence que le personnage vit à l'écran. Ca se travaille tout ça ?
Je pense que ça se travaille. Au début, on teste quelques gestes. Si ça marche et que le retour est positif, on sait si on peut rester avec ou pas et on teste d'autres gestes. Mais c'est sûr que le charisme... Le charisme, je pense qu'on l'a ou qu'on l'a pas. Moi, j'ai fait du théâtre musical et il a fallu beaucoup travailler les mouvements corporels donc je me sers toujours de ça pour incarner tous les personnages que je joue, que ce soit dans les démarches ou dans le port de tête, la manière dont je regarde les choses. J'essaye de jouer avec tout. Je pense que le passé m'aide énormément dans ce que je fais maintenant.

« Michael Youn ? Je ne le connaissais pas du tout. »



Le film met en vedette Michael Youn. Connaissiez-vous un peu l'acteur et le "phénomène" ?
C'est bien de le décrire comme phénomène, ce n'est pas à tout le monde qu'on peut attribuer ce terme ! Mais non, je ne connaissais pas le "phénomène" Michael Youn avant le film. Je ne le connaissais pas du tout même. En vivant à Los Angeles, on n'a pas les échos malheureusement de ce qui se passe à la télé ou au cinéma ici. D'un autre côté, tant mieux, car comme ça, il n'y a pas d'a priori. Quand je suis arrivé sur le plateau, j'ai juste vu un acteur devant moi et après quelques journées de tournage, j'ai vu un bon acteur devant moi. Un acteur qui est très impliqué, très pro et qui veut le meilleur du film. Donc je pense que ceux qui ont des a priori sur lui vont être étonnés parce que c'est avant tout un bon acteur.

C'est vrai qu'il est plus sobre que d'habitude dans ce film. On est loin de l'image de fou-fou qu'il avait avec la télé...
Oui, il faut quand même faire la différence entre la télé et un film. Il y a un film qui est écrit, un scénario à respecter et à partir de là, on ne peut retrouver que des acteurs. Il n'a pas la carte blanche pour faire ce qu'il veut, ce qui est très différent.

« J'ai grandi avec des acteurs comme De Funès ou Bourvil. »



Le réalisateur Hervé Renoh dit qu'il s'est inspiré pour son scénario des grandes comédies françaises comme La grande vadrouille, Les aventures de Rabbi Jacob ou Le Magnifique. Connaissiez-vous ces références ?
Oui, complètement. J'ai grandi à Paris donc tous les films de l'époque, je les connais. Les films que je ne connais pas, ce sont les films d'aujourd'hui. En plus, ils passent La grande vadrouille chaque année, donc c'est dur de le rater ! (Rires) Les acteurs comme De Funès, Bourvil et autres, j'ai grandi avec eux.

C'est le genre de comédie qui vous aimeriez jouer ?
Oui, même si je pense que ce ne serait pas pour interpréter ces personnages mais pour en incarner d'autres dans ce genre d'histoires. Un peu comme je fais avec Loki dans Coursier. Coursier est une grosse comédie, mais mon personnage, lui, ne fait pas de la comédie ! Lui, il est très sérieux, mais autour de lui, il y a tellement d'effets comiques que sa différence sert le film.

Il n'y a pas de bonnes comédies sans bon méchant, finalement...
Exactement !

« J'aimerais bien jouer James Bond »



J'ai lu que vous compariez un peu ce personnage aux méchants de James Bond. Et on sait l'importance de ces personnages dans la franchise.
Oui, il y a une petit touche "jamesbondiesque" dans Loki, notamment avec tous les gadgets qu'il a et dans son comportement. Et puis, il est aussi entouré de deux jolies nanas ! (Rires) Et en en parlant de James Bond, c'est vrai que c'est un personnage que j'aimerais bien jouer.

Et vous pensez que ce serait possible ?
Mais tout est possible. Réaliste, je ne sais pas. Mais possible, oui. Moi, j'aimerais bien jouer le personnage de James Bond. Peut-être pas James Bond lui-même, mais un personnage qui serait un genre James Bond ou un genre Jason Bourne. Ca me plairait beaucoup et le personnage de Loki n'est pas si loin que ça. Il faut juste avoir une ouverture d'esprit de la part des réalisateurs ou des producteurs pour lui donner une chance.

« En France, on respecte les 8 heures de travail par jour. Aux Etats-Unis, on peut aller jusqu'à 16 heures »



Vous avez connu les grosses productions américaines. On imagine qu'il y a des différences importantes avec le tournage d'une production française ?
Oui, il y a des différences. Les plus grosses sont évidemment celles du budget, sachant qu'aux Etats-Unis, il peut aller jusqu'à 200 ou 300 millions de dollars comme on l'a vu pour Avatar. Juste pour un film ! Les différences majeures ont été au niveau des jours de travail. En France, on respecte quand même les 8 heures de travail alors qu'aux Etats-Unis, on peut aller facilement jusqu'à 16 heures de travail par jour. En France, on boit du vin pour déjeuner, mais là-bas, il faut oublier ça ! Ce n'est pas possible, ce n'est pas dans leur culture. En France, les gens travaillent à leur manière et j'apprécie beaucoup. Ils sont beaucoup plus humains, plus artistes. Ils respectent l'Art un peu plus. Aux Etats-Unis, l'enjeu est plus fort et plus important, c'est du business qui ramène énormément d'argent.

Comme la série Heroes notamment, qui peine un peu au niveau des audiences pour sa quatrième saison aux Etats-Unis. Vous restez attentif à ses performances en berne ?
Oui, bien sûr. Comme je suis dedans, je suis obligé. C'est sûr que ça marche moins bien, mais d'un autre côté, ça reste une série qui fonctionne très bien partout dans le monde. Donc j'espère qu'il y aura une cinquième saison. L'histoire n'est pas complètement bouclée.

« J'ignore comment faire revivre la magie d'Heroes »



On entend beaucoup de rumeurs sur l'avenir de la série. Savez-vous vers quoi elle va s'orienter ?
Je n'en ai aucune idée. J'ignore comment faire revivre la magie d'Heroes. Parce que c'est vrai que la première saison a retourné le monde. Personne ne s'y attendait et on s'est tous pris une claque. Donc il faudrait retrouver un peu de cette magie. Mais comment reconstruire cette magie ? C'est difficile... Ca fait quatre ans qu'on tourne et si on a une cinquième année, moi je dis tant mieux. Si on peu tout redéfinir et redonner un peu de pêche à la série, alors pourquoi pas.

Pas de lassitude, Heroes reste quelque chose d'à part pour vous?
Je pense que Heroes va rester une série culte en ce qui me concerne et pour de nombreux téléspectateurs, je pense. On ne peut pas se lasser de tout ça.

Alors évidemment, au regard de l'actualité, je ne peux pas ne pas aborder avec vous les événements qui ont touché votre pays, Haïti. On vous sait très concerné, votre famille vit là-bas et vous avez beaucoup fait pour la mobilisation des artistes. Comment se traduisent les actions que vous menez aujourd'hui ?
Bon, déjà, on a vu qu'il y avait une bonne visibilité. On a tous vu ce que le tremblement de terre a donné. Quant on voit des artistes qui se mobilisent, ça change la pensée des gens. Ils se disent que si les artistes se mobilisent, ils peuvent peut-être faire quelque chose eux-aussi. Aux Etats-Unis, il y a eu beaucoup de manifestations. J'ai participé au Téléthon que George Clooney a organisé pour MTV. La semaine dernière, j'ai participé à un autre Téléthon que MTV, BET et VH1 ont mis en place. J'ai également participé à la chanson "We Are The World" qu'ils ont refait avec pleins de chanteurs et ça, par contre, c'était assez marrant.

« Le tsunami, ce n'est rien du tout par rapport au tremblement de terre d'Haïti »



Certaines personnalités n'ont pas hésité à aller sur place également.
Oui, Angelina Jolie, par exemple, s'est déplacée en Haïti et c'est une bonne chose. Parce qu'au début il y avait un effet "C'est les news donc il faut qu'on en parle" et quelques jours plus tard, ça disparaissait. Seulement, il ne faut pas que ça disparaisse. C'est notre enjeu. Il faut que ça reste dans l'esprit des gens, car Haïti est un pays qui a complètement disparu. Par rapport à ce tremblement de terre, il y a tout à refaire. On a besoin d'aide sur la dizaine d'années à venir. Quand on a des artistes qui, un mois plus tard, continuent à avoir cette présence en Haïti, là, ça joue différemment dans la tête des gens. Et ces personnalités, non seulement elles donnent de l'argent, mais elles visitent aussi le pays. Ca fait prendre conscience que ce qui s'est passé est vraiment terrible. C'est le plus gros tremblement de terre que les gens vivant dans le monde actuellement ont connu. Il faut se le dire. Il faut se le réaliser. Le tsunami, ce n'est rien du tout par rapport à ce tremblement de terre ! Ca a complètement détruit le pays entier... Maintenant, il faut pouvoir organiser toute l'aide qu'on a euz. Il ne faut pas que Haïti perde son statut d'indépendance, parce que malheureusement, quand il y a des catastrophes comme ça, il y a des gros pays qui risquent de venir vous bouffer sous prétexte qu'il y a de l'argent qui rentre. Il faut vraiment que cela soit fait pour le futur du pays et non pas pour le futur de la nation qui voudra aider.

Et vous avez des nouvelles régulièrement ?
Je suis allé là-bas directement ! J'y ai toute ma famille, ma mère, mon père... J'ai des nouvelles au quotidien. Avec mon association, Hollywood Unites for Haiti, on a une équipe sur place. Les nouvelles me viennent par dizaines chaque jour. Je fais beaucoup de va-et-vient, je vais peut-être y retourner la semaine prochaine. (Silence) Mais c'est un coup dur et ça fait mal aux yeux. Quand je suis allé là-bas, il fallait voir... J'ai vu des cadavres brûlés devant moi, j'en ai vu des centaines parce qu'ils n'ont pas de place pour les mettre. Et on ne sait pas qui sont ces corps. C'est la mère de quelqu'un, c'est la soeur de quelqu'un, c'est le frère de quelqu'un. Et on ne s'est pas qui sait... C'est terrible de traverser les villes et de voir que tout est aplati. Toutes les institutions gouvernementales se sont effondrées, les ministères, le palais, les hôtels, les banques, les universités... Tout ce qui construit un pays a disparu. Les gens ne se rendent pas compte, donc c'est pour ça qu'il faut continuer à le dire, le redire, le redire et encore le redire pour le comprendre.

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