C'est une cérémonie qui est au monde de la musique ce que les César sont à l'industrie du cinéma. Créées en 1985, les Victoires de la musique incarnent aujourd'hui le rendez-vous incontournable pour les chanteurs, musiciens, producteurs ou encore compositeurs. Enfin, pas pour tous, certaines personnalités affichant depuis longtemps leur rejet de la cérémonie retransmise sur France 2, et refusant d'y participer.
C'est par exemple le cas de Mylène Farmer. La star, qui a gardé un très mauvais souvenir de sa participation à la cérémonie en 1988, ne s'y rend plus depuis. "J'ai passé des heures en coulisses pour les répétitions de cette soirée télévisée. Tout le gratin du show-business était là et ces gens m'ont écœurée. Ils se détestent tous. J'étais triste d'avoir été récompensée et reconnue par ces gens-là. Ce sont les victoires de l'hypocrisie !", avait raconté l'interprète de "Désenchantée" au magazine belge "Télémoustique". Bénabar a lui aussi un avis bien tranché sur les Victoires, bien qu'il y ait été sacré à trois reprises. "Tous ces gens qui prétendent faire la pluie et le beau temps, qui ne font que tricher sur la météo, qui ne sont qu'entre eux. Là, c'était tellement visible. Les Victoires de la musique est une cérémonie corrompue, tout le monde le sait, avait-il affirmé sur RTL. Même son de cloche du côté de Marc Lavoine, qui voit cette cérémonie comme un véritable "entre-soi". "Par rapport au petit milieu parisien, je me sens comme un Portugais. C'est la raison pour laquelle je ne vais pas aux Victoires de la musique. J'ai même demandé qu'on me raye de la liste. Un petit groupe de gens qui votent entre eux, dans leur coin, cela ne m'intéresse pas", avait expliqué l'ex-coach de "The Voice" au JDD en 2023.
Pascal Obispo, nommé à plus de 20 reprises mais récompensé une seule fois pour l'une de ses tournées, ne se rend plus lui non plus aux Victoires de la musique. Pour lui, le problème tient principalement à ce système de compétition entre artistes, qu'il déteste. "Je suis contre [...], tout simplement parce que j'imagine toujours, comment aurait-on fait une soirée avec Jacques Brel, "Ne me quitte pas", avec "Avec Le Temps" [de Léo Ferré, ndlr], avec "Le Gorille" [de George Brassens, ndlr], avec "Comme ils disent" [de Charles Aznavour, ndlr]... Vous voulez faire quoi ? C'est les plus grands artistes ! Et puis ils font tout un espèce de truc et moi honnêtement [...], quand je suis monté [aux Victoires de la musique 1997] pour chanter "Lucie", je suis passé de petits théâtres de 500 places, les deux semaines après j'étais dans des Zéniths. Donc je suis content d'avoir perdu en fait, ou de n'avoir rien gagné", avait déclaré le bordelais tout récemment sur le plateau de "C à vous", sur France 5.
Une brouille avec les Victoires signe-t-elle un divorce définitif avec l'évènement ? Pas forcément. La preuve avec le groupe Indochine, qui, après des années à fuir la cérémonie, va y être distingué ce soir pour sa tournée, l'Arena Tour, qui a réuni plus de 1,2 million de fans. En 2018, le leader de la formation Nicolas Sirkis avait regretté publiquement le caractère "galvaudé" des Victoires de la musique, visant spécifiquement le système de vote de la cérémonie. Les rockeurs ne seront toutefois pas présents à la Seine musicale pour recevoir leur distinction ce soir, car en concert au même moment à Bruxelles.

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