L'aventure "Koh-Lanta" est terminée pour Nora. La contrôleuse de gestion, qui se savait sur la sellette depuis ses premières heures dans le jeu en raison notamment de son âge, a été éliminée lors de ce cinquième épisode. Un départ auquel elle s'attendait après la défaite des jaunes lors de l'épreuve d'immunité, même si elle a espéré, pendant un temps, trouver une solution pour s'en sortir, en comptant notamment sur le vote d'Ulrich...
Propos recueillis par Fanny Petoin
Puremédias : Aviez-vous un espoir de réchapper à ce conseil ?
Nora : C'est difficile de changer l'étiquette que l'on a depuis le départ, d'autant qu'elle arrangeait le groupe : ça permettait aux autres d'avoir une cartouche facile. J'étais très consciente que ma sortie était plus qu'envisagée. J'étais l'ancienne, la moins sportive et une femme, et ce sont les trois critères de base qui déterminent notre statut au sein de la tribu quand on arrive sur l'île.
Sur l'épreuve des radeaux, vous avez pourtant montré que vous n'étiez pas la dernière sportivement ! Vous étiez même l'élément clé de la victoire des jaunes...
Oui, complètement. D'ailleurs, on l'a vu sur l'épreuve du tir à la corde [dans l'épisode diffusé le 24 mars, ndlr]. Quand on détermine le couple qui va aller chercher le riz et celui qui va récupérer les coussins, on montre bien qui sont les aventuriers considérés comme les plus forts et qui sont les moins forts. Clairement, à ce moment-là je sais que je ne suis pas considérée comme étant parmi les éléments les moins forts. Mais "Koh-Lanta", ce n'est pas que ça. Le terme "mérite" est galvaudé, il ne fait que cacher des intérêts individuels... Et je ne suis d'aucune alliance, je suis un électron libre dès le départ.
Dans l'épisode, Ulrich se montre partant pour s'allier aux filles et éliminer Hugo... c'est un électron libre chez les jaunes lui aussi ?
Ulrich, c'est une personnalité forte, qui s'exprime, une personnalité transparente et quelqu'un qui communique beaucoup, avec qui ont peut échanger et pourquoi pas faire bouger les lignes. Il évoque Hugo mais moi, sur le camp, je n'avais jamais été mise courant d'une possibilité de voter contre Hugo sinon j'aurais plus qu'adhéré ! Moi, j'ai visé Jonathan, car je n'étais pas au courant qu'il y avait une possibilité contre Hugo...
Avez-vous tenté de trouver un collier d'immunité pour vous sauver ?
[Elle rit] Mais non ! J'aurais tellement aimé ! Cette année, avec les reliques, la production a enlevé la possibilité de chercher un collier. Et quand on se retrouve dans cette configuration là c'est très très frustrant ! Là, je n'avais pas beaucoup d'armes entre les mains pour essayer de renverser la vapeur. Malheureusement, ma seule option était d'envisager quelque chose avec Ulrich... mais j'aurais tellement aimé, bien sûr, aller chercher un collier dans la forêt !
Vous vous êtes dès le début imposée au sein de votre équipe, en donnant des idées pour le radeau, pour construire la cabane... Sur le camp, personne ne semblait rien vous dire directement mais certains garçons se plaignaient de votre détermination face caméra. Vous en parlaient-ils sur le camp ou l'avez-vous découvert à la diffusion ?
Je l'ai découvert à la télé. Moi je n'ai jamais rien dit de méchant, je n'ai jamais été négative en interview sur place... Effectivement, j'ai été plutôt très surprise même si sur place je sentais bien qu'il y avait de la résistance... Le fait de discuter de sujets techniques avec un ingénieur de 20 ans...il y a des sujets, le feu, la cabane, tout cela c'est la propriété des garçons. Mais non en fait, il est hors de question que je ne donne pas mon point de vue ! Et j'ai bien senti que c'était difficile de le donner. Il fallait répéter, répéter, argumenter, argumenter... J'avais quand même l'impression sur place qu'au moins Guillaume était dans cette volonté d'échanger. Quand j'ai entendu ensuite les commentaires j'ai compris que non, c'était juste une impression qu'il voulait me donner. C'est dommage que pour un jeune homme de son âge, échanger intellectuellement soit fatiguant.
Que vous ont dit vos camarades quand ils ont découvert que vous n'aviez pas 41 ans mais dix années de plus ?
J'ai menti dès le premier jour et après on n'en a plus jamais parlé. Déjà parce que j'ai fait mes preuves sportivement parlant et parce que j'étais de toute façon quand même la doyenne. Quand je me suis retrouvée éliminée au conseil, j'avais prévu de le leur dire. Je regrette de ne pas l'avoir fait mais j'ai complètement oublié, j'ai été prise par l'émotion. Eux l'ont appris, pour certains, lors de l'annonce des portraits. Quand on en a parlé, c'était rigolo. Ils m'ont dit que c'était très bien joué et que c'était très bien de l'avoir fait. Mais ça n'a pas eu d'importance dans le jeu, donc c'est au final un non-sujet.
Qu'avez-vous adoré et qu'aviez sous-estimé dans votre aventure ?
Rien ne ressemblait à ce que j'imaginais depuis le canapé de mon salon. Ça a été plus difficile mais pas pour les raisons que je pensais. C'était à la fois merveilleux de se retrouver dans ses jeux grandeurs natures, ces décors somptueux... mais ce qui a été le plus difficile, c'est de me retrouver face à un tout petit groupe face auquel je devais argumenter, expliquer et recevoir des refus d'entendre et d'écouter. Après, je les adore tous ! On a vécu quelque chose de très particulier. J'aime bien cette phrase, 'À vaincre sans péril on triomphe sans gloire'... C'est dans la difficulté que l'on rencontre les individus.

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