Son annonce avait provoqué un coup de tonnerre. Jeudi 9 avril, Cyprien, "maître de midi" dans "Les 12 coups de midi", l'émission de TF1 présentée par Jean-Luc Reichmann, déclarait qu'il stopperait de lui-même son parcours dans le jeu le 19 avril, si aucun candidat ne l'avait battu entre temps. "Je l'ai dit plusieurs fois, ma vie principale et ma passion, ce sera toujours la musique. Le jeu a été une magnifique parenthèse mais les gains sont déjà suffisamment énormes. Et j'ai fait mon temps sur ce plateau, c'est un plaisir de pouvoir donner cette place", confiait l'apprenti chef d'orchestre de 22 ans qui n'a plus quitté le plateau du jeu du midi depuis sa première victoire le 19 septembre 2025. Alors qu'il fait ses adieux ce dimanche 19 avril au programme, après 212 participations et plus de 861.000 euros de gains et de cadeaux, le jeune homme de 22 ans originaire de Fontenay-sous-Bois s'est livré auprès de Puremédias sur les coulisses de son départ.
Propos recueillis par Léa Stassinet
Puremédias : Pourquoi avez-vous décidé de quitter de vous-même "Les 12 coups de midi" ? Y a-t-il eu un élément déclencheur ?
Cyprien : La décision, elle est issue de plusieurs mois de réflexion, parce que ça faisait plusieurs mois que je faisais à la fois mes études (en musicologie, ndlr) et les plateaux, donc j'ai eu le temps d'y réfléchir et de maturer, d'être certain de ce que j'allais faire. Mais je ne crois pas qu'il y ait eu d'événement précis, c'est plutôt que la fin d'année approchait au fur et à mesure et donc les échéances devenaient de plus en plus importantes.
La soudaine exposition médiatique, les commentaires sur les réseaux sociaux... Cela a participé à votre décision ?
Au tout début, j'avais hésité à partir pour cette raison-là justement, à cause de l'apprentissage de la médiatisation et de ce que ça peut avoir de bon et de mauvais. Mais finalement, ça s'est calmé, j'ai pris l'habitude parce qu'on finit par s'habituer, comme pour tout. Je pense que si j'étais parti pour ça, ce serait partir pour une mauvaise raison et je suis content de partir pour une bonne raison.
Pourquoi avoir choisi de partir le 19 avril précisément ?
C'était une bonne date parce que c'est la 212e, donc ça fait un clin d'œil aux "12 coups de midi", et au-delà de la blague, c'est aussi 7 mois pile de présence à l'antenne, comme j'ai commencé le 19 septembre. Je trouvais que c'était une bonne date symbolique qui pouvait mettre un joli point final à mon parcours.
Quels sont les projets de fin d'année qui vous ont poussé à stopper l'aventure ?
J'ai deux mémoires, un sur les adaptations anglo-américaines dans l'œuvre de Claude François, en tout cas sa première partie d'œuvre, et un autre sur Richard Wagner, sur un aspect assez particulier de ses opéras. J'ai aussi des concours de piano, des programmes de musique de chambre parce que je joue en août prochain avec mon quatuor, le quatuor Tadzio, et en plus de ça, il y a toute la direction d'orchestre, donc il y a des projets qu'il faut prévoir beaucoup en avance. Le 3 juillet prochain, on a un concert à Paris mais pour ça, il faut réunir une équipe, faire de l'administration culturelle et ça, ça prend et du temps et de l'énergie mentale.
L'investissement que demandent le jeu, les tournages, en plus de vos autres activités, a-t-il fini par vous peser ?
Je n'utiliserais pas le verbe peser parce que c'était un cadeau assez extraordinaire qu'on m'a fait, mais c'est vrai que ça faisait quelque chose à gérer en plus, donc c'était assez particulier. Mais ça a vraiment été un très beau moment de bout en bout, et je voulais que ça reste une parenthèse, parce que ce n'était qu'une parenthèse dans ma vie.
Vous avez remporté plus de 861.000 euros de gains et de cadeaux. Savez-vous déjà ce que vous allez en faire ?
Je ne voudrais pas choisir trop tôt ce que je veux en faire, parce que ce serait trop bête. C'est une somme qui est arrivée d'une façon assez extraordinaire dans ma vie. Ce serait trop bête qu'elle parte pour n'importe quelle raison. Et c'est pour ça que je préfère prendre un peu le temps de me poser, de me laisser le temps aussi de choisir mon avenir, parce qu'il y a plein de possibilités. Par exemple, partir à l'étranger, ça changerait mon projet. Je ne veux pas me presser.
Votre père avait évoqué un voyage aux États-Unis lorsqu'il était venu sur le plateau des "12 coups de midi" il y a quelques jours...
Je venais de lui en parler, parce que les études de direction d'orchestre peuvent se faire dans plein de pays différents. Il y a une très belle école à Paris, dans laquelle je suis déjà, le CNSM (Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, ndlr). Mais il y a aussi des très belles écoles, dont la Curtis, qui est à Philadelphie, et la Juilliard, qui est à New York. Et ces écoles-là sont super belles, mais la Juilliard, par exemple, coûte très cher, encore plus en ce moment. Donc si je pars à New York, il y a quand même peut-être une partie de cette somme qui va être utilisée pour faire mes études là-bas.
Vous n'avez pas eu envie de vous faire un petit plaisir en sortant du jeu ?
Non, pas vraiment. J'ai eu tellement de cadeaux aussi (grâce à la découverte de 8 étoiles mystérieuse, ndlr), que ça m'a un peu calmé. J'ai reçu tellement de choses, et j'ai essayé d'en faire profiter mon entourage autant que possible. Je réfléchis, mais je n'ai pas eu de grosses pulsions. J'ai juste acheté du chocolat. Mais c'était des petits chocolats... et je les ai partagés (rires).
Après tous ces mois de tournage, quel lien avez-vous noué avec Jean-Luc Reichmann ?
Avec lui comme avec tout l'ensemble de l'équipe, les coiffeurs, les maquilleurs, les gens à l'accueil... Quand on est habitué à croiser des gens, à avoir des conversations avec eux, on crée des liens. Le dernier jour de tournage était un peu bizarre, car c'est une petite famille que l'on quitte. Jean-Luc Reichmann a l'âge d'être mon père, et il ne s'est jamais caché de le dire. Le rapport qu'il avait avec moi était un rapport protecteur, même si cela ne l'a pas empêché de me vanner, beaucoup, mais toujours avec bienveillance (rires).
Avez-vous un petit mot pour lui ?
Jean-Luc, ça m'a fait très bizarre de te tutoyer depuis que l'émission s'est finie (rires), parce que c'est un peu la règle, on est censé se vouvoyer. Merci de m'avoir laissé cette place-là sur le plateau, merci de m'avoir laissé être moi-même, ce qui est quelque chose quand même, et merci de m'avoir laissé le micro ouvert et d'avoir pu participer pendant ces quelques centaines de jours à ton émission, que tu mènes d'une main de maître. Ce que tu fais pour les gens est très fort.
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