L'association Quotaclimat a obtenu une nouvelle fois gain de cause auprès de l'Arcom. Cette organisation militant pour un meilleur traitement des enjeux écologiques avait saisi l'autorité de régulation à la suite des propos tenus par le député UDR, Éric Michoux, sur l'antenne de Sud Radio. Le 7 avril dernier, l'élu de Saône-et-Loire était invité dans l'émission "La France dans tous ses états", présentée par Périco Legasse et s'était exprimé sur les zones à faibles émissions (ZFE). Il avait alors "remis en question la pollution provenant du gasoil, ainsi que la véracité du chiffre publié par Santé Publique France par rapport aux victimes liées à la pollution de l’air", dénonçait le collectif indépendant.
Il avait aussi accordé peu de crédit aux données de Santé Publique France sur les 40.000 décès imputables aux particules fines. "On entendait le chiffre de 40.000 personnes tous les ans tuées, 40.000 personnes, mais on n’en sait rien d’ailleurs, si c’est en quinze jours, un an, en deux ans, en trois ans, 40.000, c’est 40.000", avait lancé Éric Michoux dans la moindre contradiction en studio. Or, le rapport de Santé Publique France publié le 29 janvier 2025 est explicite et s’appuie sur des données scientifiques (CNRS, Inserm…) récoltées entre 2016 et 2019 et avance bien le chiffre de 40.000 morts sur un an.
L'Arcom a donc tranché sur cette séquence et a estimé, dans sa décision rendue publique, qu’il s’agissait "d’un manquement aux exigences de rigueur et d'honnêteté dans le traitement de l’information". Les membres du conseil estiment que "les propos litigieux relatifs à la pollution issue de la consommation de gasoil par les automobiles et aux estimations du nombre de décès annuels liés à la pollution de l'air, bien que brefs et peu assertifs", caractérisaient une défaillance. "Ces éléments manquaient de nuance et de contextualisation" et auraient mérité "une mise en perspective", reconnait le régulateur dans son recadrage. En conséquence, l'Arcom appelle ainsi Sud Radio à veiller au respect de ses obligations. Éric Michoux, lui, ne sera pas poursuivi pour "désinformation climatique".
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C'est la quatrième fois que le gendarme de l'audiovisuel intervient à l’encontre de la station dirigée par Patrick Roger après des saisines de Quotaclimat sur le sujet écologique. L'association s'est félicitée de cette conclusion : "C’est la première fois que l’Arcom reconnaît que les obligations de rigueur et d’honnêteté de l’information s’appliquent aussi aux solutions de la transition écologique et aux politiques environnementales".