L’Arcom ne rigole plus. Dans une décision datée du 21 octobre 2026 et publiée ce lundi 26 octobre, le régulateur de l’audiovisuel annonce avoir mis en demeure Europe 1 à la suite de propos tenus par Christine Kelly dans son émission "Christine Kelly et vous", le 26 janvier dernier. En cause : une déclaration de la journaliste sur les migrants, jugée susceptible "d’inciter à la haine et d’encourager des comportements discriminatoires à leur égard en raison de leur origine ou de leur nationalité".
La séquence litigieuse, toujours disponible sur la chaîne de la station du groupe Lagardère News, intervenait lors d’une émission consacrée notamment à une affaire de viol sur une femme âgée à Nice. Le principal suspect était un ressortissant tunisien faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Au cours des échanges avec Christine Kelly, les intervenants évoquent plusieurs crimes et délits commis ou supposément commis par des personnes étrangères en situation irrégulière, ainsi que la politique migratoire du gouvernement. C’est dans ce contexte que Christine Kelly déclare à l’antenne : "On ne dit pas que tous les migrants sont des violeurs, mais beaucoup le sont, comme les chiffres le révèlent."
Dans sa décision, le gendarme de l'audiovisuel souligne que la précision apportée par Christine Kelly, consistant à "ne pas viser l’intégralité des migrants", est "insuffisante pour atténuer la généralisation à laquelle ils procèdent et le caractère particulièrement stigmatisant qui en découle au détriment de ce groupe visé en raison de son origine ou de sa nationalité".
Pour l'Arcom, cette séquence caractérise donc "un manquement, d’une part, aux dispositions du septième alinéa de l’article 15 de la loi du 30 septembre 1986 et, d’autre part, aux stipulations du quatrième alinéa de l’article 2-4 de la convention du 25 octobre". Cette décision intervient après un courrier adressé le 7 janvier 2026 à Europe 1, dans lequel le régulateur avait déjà mis en garde la station contre le renouvellement de manquements similaires.
Il ne s’agit pas, à ce stade, d’une sanction financière : par cette mise en demeure, l’Arcom demande à Europe 1 de respecter à l’avenir les obligations prévues par la loi et sa convention.
