Elle était bien décidée à ne pas se laisser faire. Jeudi 22 octobre, May, jeune lycéenne toulousaine de 17 ans, était l'invitée avec plusieurs autres Français de "La Grande Confrontation" de LCI alors que David Pujadas recevait Bruno Retailleau, président des Républicains. L'adolescente, qui participait le 12 octobre au blocus de son établissement scolaire, avait été blessée au ventre et à la cuisse par des CRS alors qu'elle s'était interposée pour protéger des camarades victimes de violences de la part des forces de l'ordre. Une situation qu'elle a souhaité porter à la connaissance de Bruno Retailleau, et pour laquelle elle a demandé, avec beaucoup d'assurance et d'aplomb, des explications.
"Si cela avait été votre fille à ma place, vous auriez fait quoi ?", a lancé la jeune fille dans un premier temps à l'attention du patron des Républicains. "Ma fille, je lui aurais conseillé de rester à la maison. Et quand il y a des sommations... il y a dû avoir des sommations avant !". "Non, a rétorqué May avec fermeté. On était devant mon lycée, il n'y avait aucun casseur, c'était un blocus pacifiste, on a eu l'autorisation du lycée pour le faire. C'est juste les CRS qui sont venus comme ça." S'en est suivi un échange entre la lycéenne et l'homme politique, avant que ne soient diffusées sur le plateau des images d'une autre altercation de May avec les CRS, lors d'un autre blocus. "Je suis allée voir les CRS en leur demandant pourquoi ils utilisaient autant de violence envers des lycéens [...] S'attaquer à des mineurs comme ça... je fais 1m50 pour 40 kilos."
"C'est vous qui allez au contact, May, intervient alors Bruno Retailleau. Les images sont très parlantes...". "Parce que je me suis interposée", répond la jeune femme, alors que Bruno Retailleau essaye de poursuivre son argumentaire. "Attendez, excusez-moi, laissez-moi parler. On a parlé de respect. Si vous me permettez, Bruno, vous allez me laisser parler parce que le respect ça va dans les deux sens, poursuit May. Je vous respecte, vous me respectez. Je commence à parler, vous me laissez parler. Donc, c'est simple, je me suis interposée pour que des élèves ne soient pas blessés, a-t-elle poursuivi un brin agacée avant de poursuivre son échange animé avec l'ancien ministre de l'Intérieur.
