L'ambiance risque d'être glaciale, dans les jours à venir, entre les équipes de BFMTV et de LCI. Les deux chaînes d'information en continu, qui se livrent chaque jour une concurrence féroce au niveau des audiences, sont au cœur d'une affaire survenue jeudi 27 août. LCI proposait sur son antenne vers 16h45 le premier débat des 7 candidats à l'élection présidentielle de 2027 organisé dans le cadre de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) du Medef. Un évènement politique présenté par Amélie Carrouër et présenté comme une "exclusivité" du canal 15. C'était sans compter sur BFMTV, qui avait également posé ses caméras sur le court Philippe Chatrier de Roland-Garros pour capter ce débat fondateur. La chaîne dirigée par Fabien Namias a retransmis les images durant plusieurs minutes, accompagnées avec un léger décalage du son fourni par le Medef, qui organisait la rencontre, avant que ce dernier ne soit coupé.
"BFMTV regrette de ne pas avoir pu retransmettre jusqu'à son terme le débat politique organisé aujourd'hui par le Medef dans le cadre de la REF", a argumenté peu après la chaîne info dans un communiqué. BFMTV a déployé, en toute transparence avec l'organisateur, un dispositif de captation, le son étant fourni par l'organisateur, afin de retransmettre les séquences du débat entrecoupées de retours et d'analyses en plateau. La retransmission a du être interrompue lorsque le son mis à disposition de BFMTV a été coupé." En coulisses, la situation aurait particulièrement déplu à LCI, agacée de constater que sa concurrente était la seule à n'avoir pas respecté le contrat d'exclusivité qu'elle avait avec le Medef pour la diffusion de ce débat.
Parmi les arguments de BFMTV, il y a celui de l'accessibilité totale de cette rencontre aux médias il y a encore un an. Le journaliste Olivier Truchot, qui pilotait avec Alain Marshall la tranche d'information sur BFMTV au moment de la retransmission du débat, s'est défendu de tout "piratage" et a assuré que le dispositif de captation de la chaîne avait été installé dans les règles. "Le respect du droit à l’information est non négociable, particulièrement lorsqu’il s’agit d’un événement aussi important qu’une élection présidentielle, a-t-il écrit hier sur son compte "X", ex-Twitter. Aucun piratage. Les équipes de BFM étaient accréditées par le Medef, nos caméras installées en toute transparence. Mais on nous a brutalement coupé le son", a-t-il ensuite affirmé, défendant la rédaction de la chaîne info.