On ne présente plus Marc-Olivier Fogiel. Homme de télévision et de radio depuis plus de 30 ans, l'ancien patron de BFMTV a fait sa rentrée 2025/2026 sur RTL. Après une année sabbatique, le journaliste de 56 ans reçoit chaque matin, à 8h18, dans la matinale de Thomas Sotto un invité qui marque l'actualité pour un entretien de dix minutes. Le nouvel homme fort de RTL deviendra également la voix de la station pour de grands événements spéciaux. Pour Puremédias, il revient sur ce nouveau challenge dans sa carrière.
Propos recueillis par Benjamin Rabier
Puremedias : En août dernier, vous avez fait votre retour au micro de RTL après 6 ans d'absence, comment l'avez-vous vécu ? Aviez-vous eu une petite appréhension avant la première ?
Marc-Olivier Fogiel : Ma seule vraie grosse appréhension, elle est un peu ridicule, c'est de ne pas se réveiller pour l'heure de l'interview. Pourtant, je ne me lève pas très tôt. Quand je faisais la matinale d'Europe 1, je me levais à 1h45. Là, je dois me lever à 6h15. Et quand j'emmenais mes filles à l'école, je me levais à 6h45. Donc pour une demi-heure, je ne risque pas de rater le réveil. Mais depuis la rentrée, mon appréhension, c'est de le rater. Donc je me lève toutes les heures. Mon appréhension principale, c'est celle-là. L'antenne, pour le coup, c'est un plaisir. Donc je n'ai pas d'appréhension. Après, il y a toujours un petit enjeu dans l'interview de ne pas passer à côté de l'invité, de ne pas passer à côté du sujet. Donc ce n'est pas vraiment un flip mais c'est un petit enjeu quotidien qui fait que c'est sympa de démarrer la journée avec ce coup de boost.
"Ce n'est pas une programmation qui arrive comme ça tout cru. Je vais chercher les invités"
Marc-Olivier Fogiel
Comment préparez-vous ces entretiens de dix minutes pour ne pas passer à côté de votre invité et de votre sujet du jour ?
Le gros de mon boulot, c'est ce que j'aime et c'est ce que je faisais à BFM quand je produisais mes émissions, c'est le travail en amont. C'est de convaincre la bonne personne d'être là. J'y passe beaucoup de temps avec Mathieu (Beauchamps), mon super programmeur. D'être sur le bon invité et de le convaincre, c'est 80% de ma journée en vrai.
Dans un second temps, je me plonge dans l'interview. Je lis tout ce que les invités ont pu dire à droite et à gauche ou ce qu'on a pu dire des invités pour m'en nourrir. J'ai quelqu'un qui m'aide aussi. Enfin, pendant les 10 minutes de l'interview, essayer de choper la balle au moment où elle passe. Ça arrive toujours de passer de côté d'un entretien, il y a des interviews plus ou moins compliquées mais avec ces quelques années que j'ai dans les pattes, j'ai une forme d'habitude qui fait que je suis plutôt serein.
À la radio, comme à la télé, c'est la guerre pour avoir le "bon invité, au bon moment". C'est quoi l'astuce de Marc-Olivier Fogiel pour les faire venir sur RTL plutôt que sur France Inter ?
Ça fait plus de 30 ans que je travaille. J'ai commencé en 1988. Généralement, j'ai déjà rencontré ou croisé la route de mes invités. Ça me crée un passé de confiance avec les gens. Ils savent comment je travaille. Je les connais. J'ai un accès direct à eux. Donc, ce sera ma "touch". Après, je travaille main dans la main avec Mathieu. Ce n'est pas une programmation qui arrive comme ça tout cru. Je vais chercher les invités avec lui. Entre la confiance des dernières années et le fait d'être tout le temps un peu sur la balle, ça permet de récupérer souvent des bons coups. Depuis la rentrée, on en a fait pas mal. Ensuite, c'est la vie. On est dans un monde concurrentiel. Il y a plein d'autres endroits où c'est possible. Souvent, je regarde ailleurs des gens que j'aurais bien voulu avoir sur RTL et je me dis : "ah, elle, j'aurais bien aimé l'interviewer".
Est-ce qu'il y a un invité que vous rêvez de recevoir cette saison ?
Non, mes choix sont vraiment dictés par l'actualité. C'est ce que j'aime. C'est pour ça que je suis venu ici à RTL, rejoindre mon ami Hervé Beroud, notamment dans la matinale de Thomas (Sotto). J'aime pouvoir me dire à 18 heures : 'ton invité du lendemain, ce n'est pas le bon. Il faut le changer et repartir'. Donc non je n'ai pas d'invité de rêve à proprement parlé. Évidemment, tout le monde a envie de recevoir Volodymyr Zelensky. Je me suis positionné pour et j'espère que ce sera possible. Mais le bon invité, ce n'est pas forcément un nom. C'est un nom au bon moment. Un nom célèbre pas au bon moment, ça n'a pas de sens. Il doit être porté par une actualité. Ensuite, c'est l'alchimie de l'ensemble qui fait qu'on aura l'urgence de venir écouter l'interview tous les matins à 8h15. Il faut qu'il y ait une urgence à venir l'écouter.
Je me réinscris dans l'urgence de l'actualité
Marc-Olivier Fogiel
Vous devenez également la voix de RTL pour de grands événements spéciaux et co-piloterez parfois la matinale avec Thomas Sotto quand l'actualité l'exigera. Comment allez-vous vous partager le micro ?
J'ai toujours partagé et j'aime ça. Thomas Sotto aussi. On va se partager les rôles et les questions tranquillement, sans aucune appréhension. Et puis à l'antenne, on va trouver notre dynamique. Je me souviens avoir été ici, à RTL, au lendemain de la mort de Johnny Hallyday. Je présentais le 18h mais j'étais aux côtés d'Yves Calvi sur la matinale. Je me positionnais à côté de lui et j'amenais ma touche. C'est ce que j'ai toujours aimé faire. Donc, ce n'est pas trop compliqué.
C'est aussi ça que je suis venu chercher à RTL : présenter des grandes soirées spéciales, notamment lors des élections. Mais dès qu'il y aura une actualité qui nécessitera de l'urgence, je serai l'un de ceux qui porteront tout ça. Je me réinscris dans l'urgence de l'actualité et notamment pour les grands événements. Le talent de l'actualité, c'est qu'elle est imprévisible et qu'à un moment donné, elle balaye tout. Et je serai là pour l'accompagner.
Est-ce que vous serez exclusivement sur RTL ou pourriez avoir une bascule sur M6 ?
Non, ce n'est pas du tout ma volonté. J'ai fait beaucoup de télé dans ma vie. J'ai adoré en faire. J'en referai certainement. Mais j'ai envie de revenir à la radio. Après ces 5 ans à BFM, j'avais envie, besoin de retrouver un média que j'adore et qui est un média assez cool. J'ai envie d'y aller progressivement. J'ai envie d'être bien ici, à RTL, de passer du temps dans la rédaction avec des gens que j'aime, des journalistes qui font partie de ma famille pour certains et de ne pas m'éparpiller.

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