Le Mariage à trois : Désolant exercice de style sans aucune envergure

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Le Mariage à trois : Désolant exercice de style sans aucune envergure
Tentative de marivaudage moderne, "Le mariage à trois" joue sur le thème préféré de Jacques Doillon, mais la liberté trop grande donnée aux interprètes montre un scénario inconsistant, et la réalisation donne l’aspect d’une classe d’art dramatique.

Habitué des histoires à trois et répétant un peu ce qu'il avait fait avec Carrément à l'ouest, Jacques Doillon sort un film de marivaudage qui est l'inverse du récent succès surprise L'arnacoeur de Pascal Chaumeil. Son film à lui fait penser que le cinéma français s'essouffle et va périr dans ses derniers râles d'agonie, mais d'une façon douce, par ennui.

Dans l'histoire, Auguste, metteur en scène, doit présenter une pièce de théâtre inachevée... Raison suffisante pour présenter sur grand écran cette navrante journée sans intérêt ? L'ensemble a autant de rythme et de tension dramatique qu'un chamallow fondu. Comme avec Marivaux, chacun adopte des attitudes tantôt exagérément agressives en faisant des avances à l'autre sans tenir compte de son intérêt, tantôt froidement renfermées, si artificielles qu'il ne nous importe plus de savoir qui aime qui, qui court après l'autre ou qui ne veut plus de qui.

A peine intéressant pour un cours d'art dramatique de première année



La présence de Julie Depardieu, jamais énergique, n'arrange rien dans ce genre de film puisqu'elle se fond dans le décor et se laisse aussi porter dans cette œuvre mal structurée. Car à force de laisser la liberté aux interprètes, le film de Doillon est trop ouvert. On aime ou on n'aime pas, l'improvisation donne lieu à des révélations ou à l'ennui profond, c'est selon. Cette journée en huis clos pourrait être vaguement intéressante pour un étudiant en théâtre, tant l'aspect statique, le calme, la lumière du jour, l'absence de mouvement, les dialogues plats, lents, répétés, ânonnés sans âme font penser au déroulement d'une classe d'art dramatique.

Quelques tentatives de scènes érotiques ratées soulèvent l'intérêt qui retombe à plat aussitôt, lancées ça et là dans ce film décousu pour lui donner du piquant. La présence de Louis Garrel réveille et agit comme une boule de lumière dans la maison où se déroule le film. Rebelle, à la fois vieux et jeune, sage et innocent, il n'a rien perdu de sa fascination, mais souvent, il avoue qu'il ne « comprend rien ». Nous non plus, d'ailleurs. Il est secondé par la jeune Agathe Bonitzer (La Belle Personne), qui ajoute une touche de fraîcheur virginale mais se lance rapidement dans la mêlée du genre Embrassez qui vous voudrez, plus prompte à susciter la nausée que l'intérêt. Le cinéma français pêche là où il devrait au moins montrer bonne figure, la comédie romantique.

Carrement A L'ouest
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