Marie Portolano a été mise en examen pour diffamation le 15 août dernier, après une plainte déposée par Pierre Ménès, révèle "Les Jours" ce jeudi 4 septembre. L'ancien chroniqueur du "Canal Football Club" accuse la journaliste de l'avoir visé dans son livre "Je suis la femme du plateau", publié en mars 2024 aux éditions Stock. Dans ce type d'affaires, la mise en examen est quasi-automatique à l'issue d'une plainte avec constitution de partie civile.
Marie Portolano a été mise en examen pour complicité de diffamation aux côtés de Manuel Carcassonne, directeur des éditions Stock. La plainte de Pierre Ménès vise en premier lieu l'éditeur, responsable de la publication du livre. En tant qu'autrice, la journaliste se retrouve également poursuivie dans cette procédure judiciaire.
Dans cet ouvrage, la désormais présentatrice de "La Maison des Maternelles" évoque les violences sexistes et sexuelles dont elle dit avoir été victime au cours de sa carrière. Elle y raconte notamment une agression sexuelle présumée en août 2016, à l'issue d'une émission sur Canal+. Si le nom de Pierre Ménès n'apparaît jamais, l'intéressé estime être "tout à fait identifiable" et a déposé plainte le 11 juin dernier, visant Marie Portolano et son éditeur. Sans être identifié, in fine, Pierre Ménès est accusé de lui avoir soulevé la jupe puis touché les fesses, hors antenne et également devant le public du "Canal Football Club".
Deux passages du livre sont jugés diffamatoires par Pierre Ménès : dans le premier, la journaliste écrit : "Il avoue qu'il l'a fait", en référence à la séquence de son documentaire où elle confrontait son agresseur présumé. Dans le second, elle affirme : "On a dit de lui qu'il avait un 'droit de cuissage'". Interrogé par "Les Jours", l'avocat des éditions Stock, Christophe Bigot, estime : "Je vois mal son intérêt à susciter un débat public à la barre du tribunal, alors que, Marie Portolano, elle, n'a jamais déposé plainte contre lui". À l'inverse, l'avocat de Pierre Ménès, Me Nicolas Rebbot, "doute" qu'elle "disposait de preuves véritablement accessibles."
Contacté par "Le Parisien", en décembre 2024 Pierre Ménès déclarait : "J'ai tout perdu avec cette histoire. Ça fait trois ans que mon téléphone ne sonne plus. J'y ai laissé mon honneur, mon travail, ma santé. Je ne vois pas ce que Marie Portolano veut de plus. Il faut qu'elle me laisse tranquille maintenant. Je suis fatigué de tout ça". Son avocat dénonce des propos "inacceptables et gravement diffamatoires" de la journaliste, tout en reconnaissant que son client a pu avoir "des comportements de beauf, de grande gueule, qui ne sont plus possibles de nos jours".
Cette procédure s'ajoute à un contexte judiciaire déjà lourd pour l'ancien consultant. Depuis 2022, il est visé par une enquête préliminaire du parquet de Nanterre pour des faits présumés de harcèlement sexuel et d'agression sexuelle. En avril 2023, il a été condamné pour une agression sexuelle sur une vendeuse en 2018, mais relaxé pour deux autres affaires similaires.
Pour Marie Portolano, ce nouvel épisode réactive un combat engagé depuis plusieurs années. En 2021, son documentaire "Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste" avait déjà révélé le sexisme systémique dans le journalisme sportif, provoquant un électrochoc dans les rédactions. En mars 2022, dans une interview accordée à "L'Équipe", elle confiait avoir été "dérangée" par les révélations du média "Les Jours", qui indiquait alors que Pierre Ménès était mis en cause dans le documentaire. Elle précisait : "Le doc voulait s'attaquer à un système (...). Je ne voulais pas raconter un homme, un agissement, mais tout ce qui a permis à certains hommes de se comporter ainsi pendant des années", avant d'ajouter : "J'avais envie d'aider les femmes, pas de détruire un homme".

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