Nouvelle aventure pour Matt Pokora. Il y a quelques mois, le chanteur français de 40 ans s'est envolé pour le Québec pour une expérience inédite avec six jeunes adultes porteurs de trisomie 21. Un road trip de quinze jours pour "casser des préjugés sur le handicap" que Gulli a transformé en une série documentaire attachante à retrouver tous les jeudis soirs, en prime time, à partir de ce jeudi 26 février. À travers cette expérience avec Jeanne, Laurène, Cyril et les autres, Matt Pokora dévoile une nouvelle facette de sa personnalité. "Dans cette aventure, on va plus voir Matt Pokora le papa ou le grand frère que l'artiste. J’y suis allé en tant qu'être humain, pas en tant que chanteur. Je n’avais rien à vendre" nous confie-t-il. Interview en toute sincérité.
Propos recueillis par Benjamin Rabier
Puremédias : Qu'est-ce qui vous a motivé à accepter ce projet ?
Matt Pokora : Ce qui m'a motivé, c'est l'aventure humaine, l'envie d'en apprendre plus sur un handicap que je n'ai pas autour de moi, que je n'ai pas dans ma famille et donc que je connais peu.
Quelles appréhensions aviez-vous avant de débuter le tournage ?
Je n'avais pas trop d'appréhension parce que je sais que j'ai toujours eu un rapport humain assez facile depuis très jeune. Les aventures en groupe, aller vers les autres, essayer de fédérer, de rassembler, ce sont des choses qui m'ont toujours plu. Donc, je n'avais pas trop d'a priori sur comment j'allais pouvoir gérer cette aventure. J'étais animé par la curiosité de vivre cette aventure humaine, de savoir ce que je pourrais leur confier comme tâches, quelle profondeur de conversation on allait pouvoir avoir... Est-ce qu'ils sauront exprimer ce qu'ils ont envie d'exprimer quand ils ressentent quelque chose ou quand ils ont envie de savoir quelque chose ? Très vite, je me suis dit : "Waouh, on va vivre une belle aventure parce qu'on peut parler de choses assez surprenantes et profondes ensemble".
Partir 15 jours avec 6 adultes porteurs de trisomie 21, ce n'est pas simple. Avez-vous eu un briefing particulier de la production avant le début de l'expérience ?
Non. À part me dire de faire attention à leur sensibilité, je n'ai rien eu de particulier. J'ai envie de dire : comme dans n'importe quel groupe, au final. Quand tu pars en bande, tu dois t'adapter aux personnalités que tu as dans ton groupe, qu'ils soient porteurs de handicap ou pas.
J’ai donc ajusté le curseur de mon humour et ma manière de venir les piquer. Dans la vie de tous les jours, j’ai un humour assez piquant, assez direct. En général, j'aime bien chambrer, c'est le footballeur qui est en moi qui ressort. Je me suis donc adapté. J’ai jaugé, puis tenté. Certaines fois, j’ai vu que mon second degré était pris tout de suite au premier degré, donc j’ai calmé le jeu face à certaines personnalités. Comme dans la vie, chacun a sa sensibilité, il faut s’adapter. Si tout le monde était capable d'essayer d'abord de comprendre l'autre en face et de s'adapter, je pense que le monde serait beaucoup plus paisible.
On a eu des conversations vraiment profondes sur des thématiques diverses comme l'homophobieMatt Pokora
La franchise de ces six jeunes adultes vous a-t-elle surprise ?
Ce qui est magnifique avec la spontanéité de ce programme, c'est qu'on a été amenés sur des sujets, des conversations qui nous amènent finalement à une petite morale à la fin, à chaque fois. On a eu des conversations vraiment profondes sur des thématiques diverses comme l'homophobie, par exemple, où j’ai dû recadrer, expliquer, essayer de leur faire comprendre qu'il y a des choses qui ne se font pas ; que l'important dans la vie, c'est aussi le bonheur qu'on peut ressentir et que ce sont des choses qu'on ne choisit pas.
Qu'avez-vous appris ou retenu de cette expérience ?
J’ai vraiment été surpris par la profondeur des discussions qu'on pouvait avoir, mais également par les tâches qu'on pouvait leur confier. C’est tout bête, mais je ne pensais pas que quelqu'un avec ce handicap pouvait partir de chez lui, prendre le métro, aller au travail, rentrer en métro... comme tout le monde, finalement. Et voilà, ce sont des choses toutes bêtes que j'ai apprises là.
Vous avez l'habitude des interviews très encadrées avec des journalistes. Est-ce que ce genre de format permet de lâcher-prise pour un artiste ?
Dans cette aventure, on va plus voir Matt Pokora le papa ou le grand frère que l'artiste. J’y suis allé en tant qu'être humain, pas en tant que chanteur. Je n’avais rien à vendre.
Je dois recevoir des dizaines de demandes pour des séries, des films, des téléfilms, des interviews ou des podcasts par semaineMatt Pokora
Quand on s'appelle Matt Pokora, combien de sollicitations des médias reçoit-on chaque semaine ?
Par semaine ? Je dois recevoir des dizaines de demandes pour des séries, des films, des téléfilms, des interviews ou des podcasts. Ça n'arrête pas.
Comment sélectionnez-vous vos projets, alors ?
Il faut qu'au moment où je reçois le projet, je me dise : "C'est fantastique, ça va me permettre de m'élever humainement, d'apprendre des choses, d'en ressortir différent". C'est ça qui compte aujourd'hui, et encore plus depuis que je suis papa.
Dans mon métier, j'ai réalisé plein de rêves. Maintenant, je suis à une étape de ma vie où j'ai envie de m’élever humainement pour devenir un meilleur papa pour mes enfants, un meilleur mari et un meilleur ami. Je crois que c'est en se tournant vers les autres et en essayant de comprendre l'autre qu'on y arrive.
Est-ce que votre ta carrière est désormais assez installée pour vous permettre ce genre de parenthèses ?
Ah oui ! Mes plus beaux projets ont toujours été reliés à des aventures humaines qui me permettaient de connecter avec le public. Plus les années passent, plus j'ai ce besoin-là. J’ai déjà fait ce que j'avais à faire dans ma carrière. Le plus dur est derrière moi. J'ai évidemment toujours des objectifs professionnels et des rêves à atteindre — c'est mon moteur au quotidien, je suis né comme ça — mais quand on prend de l'âge et qu'on a une famille, on a envie de s'élever. Chaque matin, je me lève en me demandant comment je peux devenir la meilleure version de moi-même pour les miens et pour les gens dont je vais croiser le chemin. Pour ça, il faut se tourner vers les autres et apprendre. En l'occurrence, dans cette aventure, j'ai beaucoup appris, mais j'espère aussi les avoir aidés à casser des préjugés sur la trisomie grâce à ce projet.

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