C'est la dure loi de la jungle, et elle ne concerne pas que le milieu de la mafia. Netflix n'est pas uniquement l'apanage de nouveautés qui cartonnent, comme dernièrement le blockbuster "War Machine", elle doit également faire à des fluctuations qui vont et viennent selon la durée d’acquisition des droits par la plateforme. Ainsi, en ce mois de mars, c'est le cultissime premier volet du "Parrain" à qui les abonnés vont devoir dire au revoir. La saga baroque des Corleone a pris son envol avec cet opus phare de la trilogie, qualifié de référence pour le septième art, encore 53 ans après sa sortie. Les plus jeunes qui n'ont pas fait connaissance avec la famille d'origine sicilienne, et les autres, ont encore jusqu'au 24 mars pour (re)découvrir ce chef d'œuvre absolu et les méandres violents de la pègre.
L'histoire de ce monument cinéphile raconte les luttes de pouvoir au sein de la mafia new-yorkaise, avec pour protagoniste principal la famille Corleone, l'un des cinq clans mafieux de la ville, mené par son patriarche, Don Vito Corleone dit le "Parrain" (Marlon Brando), un personnage puissant et influent. Son plus jeune fils, Michael (Al Pacino), qui initialement réprouve les activités criminelles des siens, se voit contraint d'en devenir le membre le plus important à la suite d'un enchaînement de circonstances tragiques. Cet opéra sanglant, avec meurtres et trahisons à foison, trace donc la transformation de cet homme, d'étranger réticent à impitoyable patron de la mafia.
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"The Godfather" (en VO), sorti en 1972, fut un triomphe immédiat, enregistrant les recettes les plus élevées de l'année et devenant, pour un temps, le long-métrage le plus rentable jamais réalisé. Encensé par la critique, il remporta notamment l'Oscar du meilleur film, et est toujours considéré comme la deuxième plus grande œuvre du cinéma nord-américain derrière "Citizen Kane" par l’American Film Institute.
Avec Francis Ford Coppola en chef d'orchestre et le tandem Marlon Brando/Al Pacino devant la caméra, cet opus a révolutionné le genre du film de gangsters en décrivant les personnages avec une profondeur psychologique et une complexité inédites. Son succès critique, artistique et financier a engendré deux autres volets (1974 et 1990), tous aussi réussis, mais a également eu un effet catalyseur, menant à la production de nombreuses autres œuvres dépeignant la communauté italo-américaine, comme "Les Affranchis" ou "Les Sopranos". Et pourtant, les producteurs, au départ, ne voulaient ni d'Al Pacino, ni de Marlon Brando ni d'un film qui se déroulait dans le passé à cause de photo trop sombre. Francis Ford Coppola a dû se battre pour conserver tout ce qui a fait du "Parrain" le classique dont nous parlons encore aujourd'hui.

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