Il était très attendu. Ce mardi 5 mai 2026, l'Assemblée nationale a publié sur son site Internet le rapport de près de 400 pages, fait au nom de la Commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public, rédigé par le député Union des droites pour la République Charles Alloncle. Après six mois de passes-d'armes et d'auditions de personnalités du petit écran, le parlementaire préconise 70 recommandations pour "sauver" France Télévisions et réaliser un milliard d'euros d'économies.
Parmi elles, plusieurs propositions choc comme la fusion de France 2 et France 5 pour "pour créer une grande chaîne généraliste de premier plan", le regroupement de Franceinfo et France 24 pour devenir "une chaîne internationale francophone de premier plan", la réduction des trois quarts du budget alloué aux émissions de jeux et d'un tiers de celui de la retransmission d'événements sportifs, la suppression de France 4 et de la radio Mouv’ ou encore le changement du mode de désignation des dirigeants de France Télévisions et Radio France pour qu'ils soient nommés par le président de la République.
Autre mesure marquante : instaurer un devoir de neutralité aux salariés de l'audiovisuel public avec, en cas de manquements, de possibles sanctions disciplinaires. "Quand on est investi dans une mission aussi exigeante que celle du service public, on doit servir l'intérêt général et effacer davantage ses convictions personnelles que si l'on travaille pour le privé", écrit l'allié d'Éric Ciotti dans un passage repéré par "Le Figaro".
Delphine Ernotte-Cunci, la présidente de France Télévisions, n'a pas tardé à réagir à ce rapport qu'elle juge "à charge, construit sur des insinuations, des approximations et des contre-vérités". Sur son compte X, la patronne du groupe estime que ce texte conduira à un "affaiblissement historique" du service public au lieu de le "renforcer". Tout en dénonçant "des attaques personnelles et des procès d'intention".
Sur le fond, la chef d'entreprise juge que le rapport, en réduisant le divertissement, "porte une vision élitiste" de la télévision publique, "éloignée des familles, des publics les plus populaires" et "rendra payant l'accès au sport pour ceux qui n'ont pas les moyens de payer". En un mot, il s'agit "du plus grand plan social de l'histoire culturelle française" qui "élude les vrais enjeux d'avenir : la désinformation, la concurrence des grandes plateformes internationales, la pérennité de la création française et européenne".
Dans les derniers paragraphes de cette longue réponse, elle se dit néanmoins prête à certaines concessions : "Cela ne signifie pas que rien ne doit changer [...] Tout ce qui est réalisable, utile, source d'économies et cohérent avec nos missions sera mis en place." Et de conclure : "Un service public fort n'est pas un problème pour la démocratie française. Il en est l'un des piliers."

player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2