Olivier Truchot (Radio Notes 2017) : "Je revendique le fait d'être dans une émission populaire"

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Olivier Truchot (Radio Notes 2017) : "Je revendique le fait d'être dans une émission populaire"
Olivier Truchot
Olivier Truchot © RMC
puremedias.com a interviewé le co-animateur de RMC et Numéro 23 qui a reçu le prix de l'émission d'actualité et de débat de l'année pour "Les Grandes gueules".

"Les Grandes gueules" récompensées. Le programme présenté par Olivier Truchot et Alain Marschall sur RMC et Numéro 23 a en effet raflé le titre de l'émission d'actualité et de débat de l'année aux Radio Notes, la grande enquête réalisée par puremedias.com et "20 Minutes". A cette occasion, Olivier Truchot a répondu à nos questions.

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Propos recueillis par Florian Guadalupe.

puremedias.com : Aux Radio Notes 2017, "Les Grandes gueules" a reçu le titre de l'émission de débat et d'actualité de l'année !
Olivier Truchot :
C'est super. On en est très fier. D'autant plus que c'est le vote du public. C'est celui qui compte le plus. On est content d'être récompensé de notre boulot. Ca nous incite à continuer.

Votre émission arrive en tête devant celle de Marc-Olivier Fogiel et de Fabienne Sintès. Ecoutez-vous leur émission ?
Non, car à cette heure-ci, moi je suis à l'antenne sur BFMTV. Mais, ça m'est arrivé de podcaster leur émission. Nous, on est très différent d'eux. Ce qu'on essaye de faire et c'est peut-être ça qui est récompensé, on essaye de mettre autour de la table des Français de la société civile, qui nous racontent comment ils vivent l'actualité. Sur d'autres émissions, ce sont plus des professionnels des débats, des experts et des éditorialistes qui participent. C'est tout aussi intéressant. Je dirais que c'est plus conventionnel, sans aucune forme péjorative dans ma bouche.

Ils ont dit
"Je trouve très méprisant le regard que l'on peut porter sur la parole que les Français tiennent."
Olivier Truchot

Toutes les radios généralistes ont des émissions de débat à la radio. N'y en a-t-il pas trop ?
Quand on a lancé "Les Grandes gueules" en 2004, c'est le constat qu'on avait déjà fait à l'époque. Il y avait beaucoup d'émissions de débat qui se ressemblaient. On avait essayé de se démarquer et de faire écouter des choses un peu différentes. Dans "Les Grandes gueules", on entend une autre parole, peut-être celle qui est un peu plus proche de celle des Français et de la réalité du quotidien. Dans d'autres émissions, ce sont souvent des débats de Parisiens, de gens qui vivent ensemble, qui travaillent ensemble et qui ont les mêmes codes de décryptage de la réalité. Nous, hier, on avait un agriculteur de Saône-et-Loire qui avait pris son train tôt le matin, un médecin généraliste et une cadre de la fonction publique qui vit à Saint-Denis. On a des gens différents et qui, autour de la table, vont passer trois heures à commenter l'actualité, à raconter leur vécu et à pousser des coups de gueule et des coups de coeur. C'est unique, il n'y a que dans "Les Grandes gueules" qu'on l'entend.

Ca vous gêne qu'on dise que "Les grandes gueules" ne vise qu'un public populaire ?
Je revendique le fait d'être dans une émission populaire. Je pense que c'est même une fierté de présenter une émission populaire, ça veut dire qu'elle est appréciée par le plus grand nombre. Je trouve très méprisant le regard parfois que l'on peut porter sur la parole que les Français tiennent. Je trouve étonnant que lorsqu'on fait parler des gens, on trouve ça dégradant ou inintéressant.

Ils ont dit
"Avec Alain Marschall, c'est un couple qui dure, c'est la fidélité."
Olivier Truchot

Vous semblez toujours heureux à l'antenne avec Alain Marschall. Votre couple, c'est pour la vie ?
Je ne sais pas. C'est un mariage de coeur dès le départ et c'est pour ça que ça marche. Nous-mêmes, on est surpris que ça tienne encore depuis si longtemps. On est un peu différent tous les deux. On a la même façon de voir les choses dans notre métier. On ne s'imagine pas concurrent l'un de l'autre. C'est un couple qui dure, c'est la fidélité.

Ca fait plus de dix ans. Vous ne vous lassez pas ?
Non, on ne se lasse pas. En dix ans, l'émission a beaucoup évolué. Déjà, les membres des "Grandes gueules" se renouvellent. On a fait une version télé, donc c'est la convergence. Ca nous plaît bien car on trouve un nouveau public. Ca nous permet de faire évoluer l'émission et c'est toujours un bonheur de présenter une émission qui marche bien. Puis, c'est du direct. L'actualité se renouvelle quasiment chaque jour.

Ils ont dit
"J'ai un petit peu peur que l'autocensure, la peur de déplaire et la peur de déraper empêchent la tenue de ces débats en direct, notamment à la télévision."
Olivier Truchot

Vous abordez de nombreux thèmes de société. Quelles sont les limites que vous vous fixez ?
Dans le débat en direct, les limites nous sont imposées par la loi, qui encadre la liberté d'expression en France. Après, nous, on n'a pas de limites dans les opinions qui sont données à l'antenne, à condition que l'opinion soit dans le cadre de la loi. On a une grande liberté de parole, on y tient beaucoup. Le direct est essentiel pour ça. Chez nous, il n'y a pas de montage. On ne refait pas l'émission après, il n'y a pas de manipulation dans les propos qui sont tenus. Je pense que depuis 13 ans avec Alain, il y a eu extrêmement peu de dérapages. En tout cas, dès qu'il y a eu des bêtises, on les a corrigées. On a droit de dire des bêtises, comme dans la vie, mais notre boulot est de cadrer les débats et que tout se fasse dans le respect des opinions et de chacun.

Craigniez-vous parfois le CSA ?
Non pas du tout ! On respecte les règles. Il y en a des très précises, notamment sur le temps de parole des invités politiques. J'espère surtout qu'on continuera à pouvoir dans les médias français proposer des émissions de débat sans tabou. Parfois, j'ai un petit peu peur que l'autocensure, la peur de déplaire et la peur de déraper empêchent la tenue de ces débats en direct, notamment à la télévision. La plupart des talk-shows à la télévision sont enregistrés. C'est bien dommage. Tout le monde rêve de refaire "Droit de réponse", mais c'était en direct, il n'y avait pas de CSA et les télés étaient publiques. Il pouvait se passer des choses qui parfois déplaisaient, mais peut-être que dans la matière, aujourd'hui, on est un peu plus frileux. Il y a plus de télés, l'offre est plus grande, mais finalement, on a peur de faire ce qu'on faisait il y a 30 ans.

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