Vanessa Le Moigne couvrait l'actualité du football pour beIN Sports© PANORAMIC / beIN SPORTS
Les abonnés de BeIN Sports ne reverront plus Vanessa Le Moigne au bord d'un terrain de football. La journaliste phare de la chaîne qatarie avait pris la courageuse décision de ne plus couvrir l'actualité du ballon rond après avoir été victime d'une vague de harcèlement, à l'issue du final à rebondissements entre le Sénégal et le Maroc, en janvier dernier. "Merci le foot pour les rencontres... pour les beaux moments mais next. Fin de saison, j'arrête et maintenant je me sens libérée", avait écrit sur Instagram celle qui officie devant les caméras depuis avril 2012 sur le média payant. Au micro de "Her Story", elle s'est confiée, face caméra et deux mois après cette rencontre de Coupe d'Afrique des nations, sur ce milieu "toxique". "Tu viens avec passion, faire ton travail et faire plaisir aux gens et ces gens-là te démontent, te menacent de mort, de viol et menacent tes enfants. Mais, vous êtes complètement fous !", a témoigné l'un des visages incontournables de l'antenne.
Habituée aux critiques des férus de foot, la quadragénaire a particulièrement mal vécu cet épisode, car il a touché sa famille. "Le cyberharcèlement, je le vis à chaque compétition. Je m'y suis habituée et en vérité, cela ne me fait rien. En revanche, sur cette finale, cela a été exacerbé. Là, on a passé un cap : on a menacé de mort mes enfants. Là, je dis non, stop", a assuré celle qui a néanmoins voulu réagripper un micro pour ne pas s'enfermer dans une spirale négative. "Quatre jours après la finale de la CAN, je suis retournée sur la Ligue 2 et il fallait que je le fasse, sinon je ne serais jamais revenue", explique-t-elle. "C'est un trauma, je le vois vraiment comme ça. Parfois, j'ai du mal à poser mes questions aux joueurs, aux coaches".
Vanessa Le Moigne attend la fin de saison, avec la Coupe du monde en perspective (11 juin-19 juillet), pour décider de son avenir et "retrouver du sens à son travail". La totalité des 104 matches de cette compétition sera en effet accessible aux abonnés de la chaîne payante, 54 d'entre eux, dont ceux de l'équipe de France, étant diffusés gratuitement sur M6.
La présentatrice de BeIN Sports a profité de cette vidéo pour transmettre un message aux hommes, et plus particulièrement les pères de famille. "Il y a une seule femme qui m'a écrit des menaces. Cela dit que la place des femmes dans le monde du foot, c'est 'tais-toi !'", dénonce-t-elle. "J'ai perdu mon papa l'année dernière, c'était mon premier téléspectateur. Si un papa tombe sur cette vidéo, qu'il se dise que ce qu'il est en train de faire compte beaucoup. Si vous voyez des petites filles sur les bords de terrain, si vous les voyez devant la télévision en train de regarder du foot, dites-vous que cette petite fille-là peut devenir comme moi, être piquée de football, de sport, et ce serait dommage de l'en priver juste parce qu'elle est née fille".
Déjà blessée par cet acharnement d'anonymes, la journaliste sportive avait aussi révoquer le manque de soutien de ses confrères. "Que les supporters ne comprennent pas, c’est ok ! Mais mes amis, mes 'pairs' à l’affût de mon moindre fourchage de langue depuis des années : ils sont meilleurs visiblement. Sans aucun doute ! Je leur laisse la place", avait-elle ironisé, écœurée par un milieu qu'elle fréquente depuis tant d'années.

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