C'est un film dont on avait beaucoup parlé, mais pas pour les bonnes raisons. En août dernier sortait le film de Sylvain Estibal "Papamobile", un long-métrage dans lequel Kad Merad jouait le personnage du pape... ou plutôt de son sosie, enlevé par un cartel mexicain par erreur. Jugé raté par son producteur, le film n'était sorti que dans 7 salles de cinéma, servi par une petite bande-annonce sans grand relief de 30 secondes. Un peu moins d'un an après cette sortie catastrophique, "Papamobile" est disponible à la télévision, pour les abonnés Ciné+ OCS.
Tourné avec très peu de budget (1,2 million d'euros et une aide négligeable du CNC), le film avait été défendu jusqu'au bout par son réalisateur Sylvain Estibal, César 2012 du meilleur premier film pour "Le cochon de Gaza", qui assumait son côté "nanar". Cela n'avait pas été le cas de son producteur, Jean Bréhat, qui s'était il y a un an montré très dur à l'égard du long-métrage dans les colonnes du "Canard Enchaîné". "J'avoue, c'est raté, c'est une comédie pas drôle, selon la plupart de ceux qui l'ont vue. Ça arrive dans le métier". Des déclarations qui avaient fait bondir Sylvain Estibal, trouvant le comportement de son producteur déplacé. "Dommage qu'un producteur censé défendre ses projets s'exprime ainsi. [...] D'autres qui ont vu le film l'ont trouvé hors normes, fou et amusant, et ne comprennent pas que sa sortie soit autant sabordée", avait-il alors réagi sur son compte "X".
Kad Merad, acteur principal du film avec Myriam Tekaïa, la "cheffe du cartel", avait lui refusé de cracher dans la soupe, expliquant avoir pris du plaisir à tourner dans cette comédie déjantée. "Le film devait sortir le plus discrètement possible, c'est ce qu'on appelle dans le jargon une sortie technique. Ça arrive quand on n'est pas forcément très content des résultats. Ça arrive avec plein de films, avait expliqué en septembre le comédien à "Puremédias". Puis il y a eu ce coup de projecteur inattendu sur ce film que j'ai interprété avec beaucoup de plaisir. Quand on fait des films, on prend des risques. Quel que soit le film. J'ai pris ce risque et je suis content de l'avoir pris. Dès le départ, le film était très particulier, très insolite, très curieux, très atypique. C'est vrai qu'on a peut-être souffert de moyens, il faut le dire. On est partis tourner au Mexique, au Vatican. Ça a été très compliqué. Le film est ce qu'il est, moi je l'aime, je le trouve intéressant et insolite. Comme l'a dit le réalisateur, où ça passe où ça casse, bon ça a plutôt cassé...", avait-il reconnu, bon joueur.
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