Pascal Légitimus : "La récurrence est dangereuse à la télévision"

Partager l'article
Vous lisez:
Pascal Légitimus : "La récurrence est dangereuse à la télévision"
Pascal Légitimus
Pascal Légitimus © M6 - Rogue
Double actualité pour Pascal Légitimus. A l'occasion de son premier one man show qu'il joue actuellement au Palace et du deuxième épisode de la série "Ma femme, ma famille, deux bébés" diffusé ce mardi soir sur M6, le comédien et humoriste a accordé une interview à puremedias.com

Pascal Légitimus ne se lassera décidément jamais de nous faire sourire. A l'affiche depuis le 11 octobre dernier du Théâtre du Palace pour son premier spectacle intitulé "Alone Man Show", il est également de retour sur le petit écran. Ce mardi 15 novembre, M6 diffuse en effet le deuxième épisode de la série "Ma femme, ma fille, deux bébés", dans lequel le comédien tient le premier rôle aux côtés de Philippine Leroy-Beaulieu. A cette occasion, celui qui a fait rire la France entière avec Les Inconnus nous en dit plus sur ces différents projets.

À lire aussi
Léa Salamé : "Il ne faut pas laisser à Pascal Praud les débats politiques"
Radio
Léa Salamé : "Il ne faut pas laisser à Pascal Praud les débats politiques"
"66 minutes" : Quand M6 interviewe une cliente de Kiabi, collaborant avec... Kiabi
TV
"66 minutes" : Quand M6 interviewe une cliente de Kiabi, collaborant avec... Kiabi
Audiences radio été 2020 : Inter leader en baisse, RTL plonge, France Info en forme, Europe 1 au plus bas
Audiences
Audiences radio été 2020 : Inter leader en baisse, RTL plonge, France Info en...

"Je n'étais pas formaté pour faire du one-man show"

puremedias.com : Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour se lancer seul sur scène à 52 ans ?

Pascal Légitimus : Je n'ai pas attendu si longtemps. C'est un spectacle que j'avais en moi depuis des années. J'ai pris pas mal de notes sur mes deux familles antinomiques. Il se trouve qu'au départ, j'étais un acteur, donc pas formaté pour faire du one-man-show ou un spectacle tout seul. Puis je me sentais mûr, c'est le spectacle de la maturité. Je n'aurais pas pu faire cela avant, je n'avais pas forcément envie. Je n'étais pas formaté pour être seul sur scène.

On sent dans ce spectacle que vous prenez énormément de plaisir à vous raconter. Prendre vos racines antillaises et arméniennes comme thème principal s'imposait-il comme une évidence ?

Au départ non, ce n'était pas une évidence, ça l'est devenu car j'ai constaté que l'environnement était propice. Nous sommes dans l'ère Obama. Le métissage à l'heure actuelle, c'est quelque chose que tout le monde connait. Les gens voyagent beaucoup. Si j'avais fait ça il y a très longtemps -le spectacle est écrit depuis longtemps- cela aurait été un peu déplacé car les gens n'auraient pas eu les références. Aujourd'hui, quand je parle de métissage, on sait de quoi on parle, et avoir des références c'est très important. C'est un spectacle en phase.

Le spectacle met également en scène une galerie de personnages très drôles. Est-ce qu'à l'inverse, vous auriez pu vous diriger vers quelque chose de très à la mode comme le stand-up ?

Ça ne m'intéresse pas car je suis un acteur, donc ce serait dommage de ne pas utiliser cette palette là. Au stand-up, on balance des vannes pendant une heure et demi. Ce n'est pas souvent des acteurs. Moi je joue plein de personnages, c'est l'école des Inconnus ou du Théâtre de Bouvard. Plus je joue des personnages, plus ça m'intéresse. J'utilise des armes que je connais, à savoir la composition de personnages, ce qui n'empêche pas de faire rire avec des sujets graves. C'est ça l'humour, comment faire rire avec des choses qui sont ancrées d'une manière dramatique chez les gens.

Dès que vous prononcez le mot "juif" dans le spectacle, vous recevez un coup de téléphone d'un autre humoriste, que l'on devine être Dieudonné. Quel regard portez-vous sur lui ?

Je ne prononce jamais son nom. Je ne condamne rien, je constate simplement. Je met le doigt sur quelque chose de très sensible. On se demande forcément pourquoi on en est arrivé là, il y a des interrogations.

"Je ne veux pas faire 6 épisodes par an comme Joséphine, ange gardien"

Concernant le deuxième épisode de "Ma femme, ma fille, deux bébés", comment évolue la situation pour Antoine et sa famille ?

Plus c'est dramatique, plus ça va être très drôle. Au départ c'est un couple tranquille, pépère, avec un petit restaurant, une fille, tout va bien. Ensuite deux tsunamis débarquent : lui a un deuxième bébé, et sa fille en attend un également en même temps. Il faut gérer tout ça. Dans les épisodes prochains, il faudra penser mariage, argent, assurance, c'est l'évolution d'une famille tranquille, vouée à faire face à beaucoup de problèmes de la société d'aujourd'hui. De nos jours, tout est plus rapide, tout va plus vite, les enfants sont beaucoup plus évolués, beaucoup plus en âge de faire des choses, et plus tôt. Cette famille là va faire face à cette modernité.

Vous avez vous même déjà été confronté à des situations familiales compliquées ? Comment Pascal Legitimus réagirait-il à la place d'Antoine ?

Heureusement non. C'est de la pure fiction, je n'ai aucun souci de cet ordre là dans la vie !

Un troisième épisode a été tourné. Cela vous plairait de devenir un personnage récurrent à la télévision ?

Tant que ça marche et que c'est bien...c'est de la semi-récurrence, on en fait 2 ou 3 par an. Je n'en fais pas autant que "Joséphine, ange gardien" qui en fait 6 par an. Je trouve ça bien comme ça, car je peux alterner avec d'autres projets. C'est vrai aussi que la récurrence est dangereuse puisqu'on est enfermé dans une image et c'est dur de faire autre chose.

D'ailleurs malgré de bonnes audiences, l'épisode que vous aviez tourné pour TF1 de la série "Les Ripoux Anonymes" n'a pas été reconduit. Vous connaissez les raisons ?

C'est les arcades de TF1. On ne sait jamais pourquoi, on a aucune explication. Ils espéraient peut être quelque chose d'autre en termes d'audience. Alors que c'est comme un bébé, quand il naît il a une tête pas très jolie. Il faut attendre que ça grandisse, que ça murisse. Apparemment TF1 n'a pas suivi cet axe là. C'est le lot de toute série. "Joséphine, ange gardien" par exemple, au début c'était moyen mais ça a bien évolué. "Plus Belle la Vie" au début tout le monde cassait du sucre dessus, mais il a fallu laisser le temps à la série de se développer. On n'a pas la même énergie qu'aux États-Unis, nous on attend que ça marche pour faire les choses, on ne prend pas de risques. C'est dommage.

Travaillez-vous sur d'autres projets actuellement ?

J'ai des projets au cinéma notamment, mais je n'en parle pas tant que rien n'est pas signé.

"Concernant les Inconnus, il va se passer quelque chose d'ici un an ou deux."

Pour revenir à la télévision, vous pourriez refaire des parodies d'émissions comme vous le faisiez à l'époque avec Les Inconnus ?

Oui, il y a matière ! Les émissions que je vois sont tellement drôles que ce serait difficile de faire mieux mais pourquoi pas. Sur Internet maintenant il y a plein de gens qui font ça, donc je sais pas si on pourrait rivaliser, même si notre force c'est le fait qu'on soit des comédiens. Le défaut que je pourrais justement trouver à certains humoristes à la télévision ou sur Internet, c'est qu'ils ne sont pas assez comédiens donc le résultat est parfois un peu moyen.

Il était question d'une suite au film "Les Trois Frères", où en est ce projet ?

Toujours en gestation, on verra ce qu'il se passe. Mais il va se passer quelque chose d'ici un an ou deux. Je ne peux rien vous dire sur le scénario, on est en réflexion.

Vous avez tous les trois fait une apparition à l'Olympia il y a plusieurs mois, un retour sur scène est-il également envisageable ?

Tout est possible ! On veut faire de la qualité pour ne pas décevoir, donc on ne dit rien, on travaille dans l'ombre et on verra ce qu'il se passe.

Vous avez eu des mots assez dur envers DSK il y a quelques semaines, déclarant que son apparition au journal télévisé était une "insulte à notre intelligence". Quel regard portez vous sur la politique actuelle et celle menée par Nicolas Sarkozy depuis le début de son mandat ?

A propos de DSK ce n'était pas dur, j'ai seulement dit quelque chose que tout le monde pense. Je crois que les gens sont mal. C'est une situation difficile, la France est pourtant un beau pays. On se demande toujours pourquoi ces gens là veulent faire de la politique. Pourquoi ils veulent être premier ministre ou président sachant qu'à l'arrivée les gens sont toujours aussi malheureux. Chacun mène sa barque comme il peut. Il ne faut pas être naïf, on sait que le monde est dirigé par des financiers.

Sur le même thème
l'info en continu
Public Sénat diffusera les questions au gouvernement sur Twitch
TV
Public Sénat diffusera les questions au gouvernement sur Twitch
"The Voice" : Une saison bonus pour les 10 ans avec cinq coachs emblématiques sur TF1
TV
"The Voice" : Une saison bonus pour les 10 ans avec cinq coachs emblématiques sur...
Youtube France : Le gaming très plébiscité, le nombre de vues explose au premier semestre 2020
Internet
Youtube France : Le gaming très plébiscité, le nombre de vues explose au premier...
"Un si grand soleil" déprogrammé ce soir : Comment France 2 va-t-elle rattraper son retard ?
Séries
"Un si grand soleil" déprogrammé ce soir : Comment France 2 va-t-elle rattraper...
Nicolas Bedos appelle à la résistance contre les mesures anti-COVID-19, Olivier Véran condamne ses propos
TV
Nicolas Bedos appelle à la résistance contre les mesures anti-COVID-19, Olivier...
"L'Agence" : TMC lance son nouveau programme immobilier ce soir
Programme TV
"L'Agence" : TMC lance son nouveau programme immobilier ce soir
Vidéos Puremedias