Un communiqué d'une ligne pour mettre fin à un an et demi d'antenne. Le 3 août dernier, la direction de Sud Radio signifiait publiquement "le non-renouvellement" du contrat de Maxime Lledo. L'animateur de la matinale du week-end de la station était pourtant longtemps pressenti pour présenter la tranche horaire 10h-12h du lundi au vendredi. Mais, le poste jusqu'ici alloué à Valérie Expert est finalement revenu à Stéphanie De Muru, ancien visage de RT France et voix d’Europe 1 depuis 2024. Quant au favori pour cette mission, il abandonne son rendez-vous bi-hebdomadaire à Jean-François Achilli, ex-intervieweur politique de France Info, licencié pour faute grave par le service public.
Au moment de cette annonce, aucune raison n'avait été avancée par la radio dirigée par Patrick Roger pour justifier cette éviction soudaine. Or, "Le Parisien" rapporte ce mercredi 19 août que le dirigeant avait entériné cette mise à l'écart depuis une quinzaine de jours en raison de la double casquette de son salarié. "J’ai eu vent dernièrement de situations susceptibles de créer la confusion entre l’exercice de sa mission éditoriale et ses collaborations extérieures avec des responsables politiques", révèle le DG de Sud Radio à nos confrères.
Depuis 2024, Maxime Lledo complète son activité dans les médias par des prestations extérieures comme conseiller en communication d'artistes, auteurs, sportifs et personnalités politiques. Un "mélange des genres" jugé incompatible par Patrick Roger pour poursuivre ses interviews sur les ondes. "Que l’on aille prendre un verre avec des élus pour nourrir ses informations est une chose mais il y a des limites", peste le décisionnaire qui martèle avoir régulièrement échangé avec l'intéressé sur cet éventuel conflit d'intérêts. "Il a botté en touche", souffle-t-il.
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Ce dernier conteste cette accusation. “Je ne sais pas ce que ça veut dire le mélange des genres”, répond-t-il au "Parisien", assurant n'avoir jamais reçu dans son studio une personnalité politique qui serait également l'un de ses clients. Mais, pour le directeur général, la confiance avec son animateur était devenue impossible à maintenir. “Dès lors qu’il y a cette suspicion, on ne peut pas travailler dans une relation de confiance. Elle est rompue", affirme-t-il, s'estimant aujourd’hui "trahi".
Déjà, avant même ce point de rupture, des dissensions avaient opposé le patron et son protégé, parfois un peu trop électron libre. "J’ai constaté qu’il ne respectait pas toujours le conducteur et prenait ses aises", signale ainsi Patrick Roger. Le jeune animateur, révélé à 19 ans dans "Les Grandes gueules", mais peut-être trop ambitieux, préfère retenir "le succès d’audience et d’image" de sa case horaire. “J’ai exprimé des désaccords, imposé un style, une forme de pugnacité. Suis-je agaçant, arrogant ? Ma manière d’être a-t-elle déplu ? […] Oui, tout ça est vrai et c’est évident que l’on me fait payer mon ambition", concède celui qui se serait "brûlé les ailes", à en croire ses désormais anciens collègues.