Nicolas Pernikoff : "Les chaînes généralistes sont condamnées à prendre des risques"

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Nicolas Pernikoff : "Les chaînes généralistes sont condamnées à prendre des risques"
Nicolas Pernikoff
Nicolas Pernikoff © France 2 - Christophe Russeil
Le patron des divertissements de France Télévisions détaille notamment les projets de Laurent Ruquier, Stéphane Bern et Frédéric Lopez et revient sur l'actualité du PAF.

Auparavant responsable des divertissements de France 3 puis de France 2, Nicolas Pernikoff est à la tête depuis le début de l'année des divertissements et des jeux de toutes les antennes de France Télévisions. Une nomination qui est intervenue dans le cadre de la mutation de France Télévisions en entreprise unique. Depuis 2005, il fait ainsi partie de l'équipe dirigeante de l'entreprise publique sous l'autorité de Patrick de Carolis. Grilles de rentrée mais aussi avenir professionnel sont au programme de cet entretien inédit.

Ozap : Nagui présente ce soir un Taratata spécial à Carcassonne pour la fête de la musique. Daniela Lumbroso s'est plaint de l'organisation de « l'appel d'offres » par France Télévisions. Qu'avez-vous à lui répondre ?

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Nicolas Pernikoff : Il y a eu un appel à projets l'année dernière avec des contraintes précises, budgétaires. On a retenu Nagui parce qu'il proposait d'abord de le faire en région et ensuite une mécanique intéressante qui permet à des musiciens en herbe de pouvoir y participer. Après, ça fait très longtemps que Nagui souhaite faire des Taratata en prime et je pense que pour faire des émissions musicales, il faut le faire à travers des événements. La fête de la musique s'y prêtait bien. Après, la polémique... Ce n'était pas un appel d'offres, c'est un appel à projets. C'est-à-dire qu'on a appelé les quelques producteurs de flux capables de faire des émissions dans le genre de celles de la fête de la musique et on leur a demandé de proposer un projet rapidement. Chacun nous a présenté un projet et, après, il faut être bon joueur, c'est tout. Que Daniela Lumbroso ne soit pas contente parce qu'elle n'a pas eu la fête de la musique, elle est mauvaise joueuse sur ce coup.

« Sur France 3, on va changer de case pour les divertissements »



A propos de Daniela Lumbroso, vous tentez d'installer une nouvelle case "Divertissements" le dimanche soir sur France 3 avec notamment, de temps à autre, Chabada. Les audiences ne sont pas encore au rendez-vous. Vous faites un premier bilan ?
On va au-delà de ce problème de case de divertissement mais sur le problème d'identification de France 3. Depuis quelques années, ce ne sont pas les émissions qui ne marchent pas mais je pense qu'il faut repositionner France 3. On a tenté le divertissement sur la case du dimanche. Tout ce qu'on mettra en place sur France 3 mettra du temps à s'imposer : on le voit sur Fa si la chanter le week-end qui, tout doucement, trouve sa place autour des 8,5% de parts de marché. C'est un travail long. Il faut qu'on recrée des rendez-vous sur France 3 pour refidéliser les téléspectateurs. Logiquement, on va changer de case pour les divertissements à la rentrée, nous n'avons pas réussi à trouver notre public le dimanche soir.

Dans vos renégociations avec Frédéric Lopez, vous avez décidé de ne pas plier et vous perdez Panique dans l'oreillette, une émission assez emblématique et qui fonctionne bien en termes d'audience.
Oui, on perd un format qui avait été mis à l'antenne par l'équipe de France Télévisions. Ca fait partie de la vie d'une entreprise. Depuis cinq ans, on renégocie les contrats fermement. Il y a eu ce cas ces derniers jours et il y aura peut-être d'autres cas demain. Maintenant, il faut savoir qu'avec Patrick de Carolis et Patrice Duhamel, on est extrêmement fermes sur les négociations. On n'a pas le choix. Patrick de Carolis a toujours voulu qu'on fasse du développement donc on a des plans B ou des plans C pour les programmes mais c'est forcément regrettable.

Mais avez-vous de nouveaux projets avec Frédéric Lopez ?
Si Frédéric veut nous présenter des projets en règle générale, il le fait et on le voit.

Mais il n'y a rien à l'heure actuelle ?
On travaille sur un grand projet événementiel de loto humanitaire. Frédéric y travaille depuis au moins deux-trois ans. Ca nous intéresse et on y travaille. Il y a beaucoup d'interlocuteurs et de choses à régler avant de le mettre à l'antenne. On espère que ça verra le jour. Après, si Frédéric a d'autres idées, il est le bienvenue.

« Je ne suis pas persuadé que la baisse demandée à Frédéric Lopez touchait au contenu de son émission »



Un animateur qui s'assoit sur une partie de ses revenus pour privilégier la qualité de son émission, ça vous a surpris ?
Je ne suis pas persuadé que ce soit pour protéger la qualité de son émission puisque, je rappelle que, plus vous allez entrer dans le temps avec une émission et plus il va être facile de renégocier le contrat une fois les coûts fixes amortis. On ne demandait pas une baisse si importante que ça. De là à ce que la baisse demandée touche au contenu... On n'est pas des fous furieux ! Si quelqu'un fait une économie de 20 à 30% en touchant au contenu, tout le monde est perdant, donc ce n'est pas ce qu'on demandait. Je ne suis pas persuadé que la baisse touchait au contenu.

Et quels sont ces autres cas où vous êtes encore en négociations ?
On a aujourd'hui renégocié 90% des contrats. Je ne rentrerai pas dans le détail.

Mot de passe, diffusé le samedi à 19 heures, est-il toujours en danger ?
On vient de finir. Ca a été une négociation très ferme. On renégocie très fortement les jeux parce que ça dépend des rythmes des émissions : quand vous arrivez à avoir des rythmes hebdos ou quotidiens, vous amortissez les coûts fixes plus facilement donc il nous semble plus facile de baisser les contrats. Et, en tant que producteur, si vous avez une visibilité sur une saison entière, là-aussi, vous pouvez plus facilement renégocier sur le volume. Pour Mot de passe, il y a eu effectivement une renégociation un peu difficile, comme pour d'autres jeux, mais il sera bien de retour à la rentrée, le samedi à 19 heures.

Laurent Ruquier et Stéphane Bern auront-ils bien de nouvelles émissions à la rentrée ?
Avec Laurent Ruquier, on travaille sur une nouvelle émission quotidienne. Ca rentre dans le cadre d'un chantier démarré il y a cinq ans : avant, il n'y avait que des séries l'après-midi. On a installé Jean-Luc Delarue puis Stéphane Bern pour installer une locomotive avec le matin de France 2, qui est très fort, et essayer de rester homogène jusqu'à la fin de journée. C'est ce qu'on finalise. Il restera une série entre Stéphane Bern et Julien Courbet qu'on va "remonter" à 17 heures. Vous aurez donc Julien Courbet, Laurent Ruquier puis N'oubliez pas les paroles avant le JT.

Au sujet de la quotidienne de Laurent Ruquier, on a pu lire qu'il s'agissait d'une émission de découvertes de talents.
C'est une émission de découvertes de talents, d'humour, comme sait bien le faire Laurent, avec une bande autour de lui. Catherine Barma et Laurent travaillent dessus, on est en plein développement.

« Oui, on travaille sur un magazine satirique avec Stéphane Bern »



Concernant Stéphane Bern, on a parlé d'une nouvelle émission le samedi à 18 heures.
On a un projet et on en est au stade du pilote. C'est un magazine satirique mais ça ne ressemble à rien de ce qui existe déjà.

Vous pilotez aussi le chantier de l'access prime time de France 4. On a évoqué plusieurs projets autour de Jean-Luc Lemoine.
C'est un chantier qui avance bien, on tourne actuellement les pilotes. Nous en avons trois dont on aura le résultat dans une dizaine de jours. Jean-Luc Lemoine fait partie des humoristes-animateurs avec qui on veut faire des choses. Idem avec Cyril Hanouna, dont l'émission Touche pas à mon poste sera de retour à la rentrée sur France 4.

Il y a quelques mois, Stéphane Bern a présenté une spéciale Philippe Bouvard sur France 2. On avait parlé d'autres spéciales autour de personnalités, où en êtes-vous ?
Patrick de Carolis et Patrice Duhamel ont le souhait que chaque animateur soit bien identifié à une chaîne et ce concept, que j'avais développé avec Philippe Thuillier, va maintenant passer sur France 3. Ce sera donc présenté par un visage de la chaîne ou alors, j'ai envie de lancer un concept où on demanderait à l'invité de nous donner 3 ou 4 personnes par qui il aimerait être interrogé. Et il découvre le soir-même quelle personne va l'interroger. On a besoin de créer des programmes innovants sur la Trois. Par exemple, on tourne dans quelques jours une variété-fiction autour de Sylvie Vartan. Incroyables expériences va aussi passer de la Deux à la Trois.

Sur France 2, Le grand restaurant, avec Pierre Palmade, avait bien fonctionné. Y-a-t-il d'autres émissions du même genre ?
On travaille avec Pierre sur un nouveau divertissement-fiction pour France 2.

Que pensez-vous de la stratégie de TF1 de multiplier à la rentrée les divertissements qui s'étalent sur plusieurs semaines ?
C'est, je pense aujourd'hui, l'écriture de la télévision. Le risque est de lancer quelque chose qui ne marche pas et de se le prendre dans la tête pendant huit semaines. Mais c'est ambitieux de leur part. Aujourd'hui, les chaînes généralistes sont condamnées à prendre des risques. On l'a fait. N'oubliez pas les paroles est arrivé de cette manière à l'antenne : j'ai lancé un prime immédiatement quand on l'a signé pour ancrer tout de suite la marque chez les téléspectateurs et, trois semaines plus tard, c'est arrivé en hebdo le samedi. Il faut essayer d'être innovant et une nouvelle manière de mettre les programmes à l'antenne. Le principe de salves existe depuis longtemps avec Nouvelle Star, la Star Ac', Koh-Lanta, Fort Boyard... C'est une manière peut-être plus dangereuse mais plus efficace de fidéliser les téléspectateurs.

TF1 renouvelle régulièrement son access en jonglant entre plusieurs jeux. Avec N'oubliez pas les paroles, vous n'avez pas peur d'user le concept ?
Pour vous dire la vérité, c'était ma crainte. Mais N'oubliez pas les paroles tient plutôt bien. A l'époque, c'est vrai que je souhaitais développer différents jeux pour faire des salves, ce que fait TF1 avec succès. Aujourd'hui, N'oubliez pas les paroles fonctionne bien et ça fait notre différence. Si ça tient comme ça, pourquoi changer.

Vous avez aussi lancé une nouvelle émission de variétés, Encore une chanson, qui a été très décriée. Un deuxième numéro sera-t-il programmé comme vous l'aviez annoncé ?
Il arrive, plus que jamais ! La mécanique va évoluer. On a monté cette émission en trois semaines avec l'industrie musicale. On travaille la mécanique qui était clairement confusante, ça avait un côté un peu Ecole des fans, on pouvait avoir l'impression que tout le monde revenait forcément. Il y a eu des plébiscites sur toutes les chansons parce qu'on avait choisi des artistes très populaires. En règle générale, les gens sont d'accord pour écouter un tube ! Le décor, la lumière, la façon de présenter l'émission vont aussi évoluer. Je suis donc assez confiant pour le deuxième numéro.

Laurie Cholewa présentait ce programme. On a parlé d'elle pour une nouvelle émission où elle raconterait le parcours d'une personnalité en chansons...
On travaille sur un projet d'émission qui s'appellerait Dans l'univers de..., qui raconterait la vie d'une personnalité en chansons. Ce n'est pas aussi simple que ça. Il y a plein de recettes dans cette émission qui font que c'est un mélange de nostalgie, d'émotion. C'est un nouveau format qui sera programmé un mercredi sur deux en deuxième partie de soirée.

« Je suis heureux d'avoir fait ça mais la vie continue »



A quelques jours de la nomination du futur PDG de France Télévisions, êtes-vous inquiet ?
Je ne suis pas du tout au courant, qu'est-ce qui se passe ? (rires) Non, pourquoi je serais inquiet ? Quand vous faites ce job, vous le faites pour les téléspectateurs. Je considère que je suis arrivé avec une équipe, celle de Patrick de Carolis et de Patrice Duhamel (patron des programmes de France Télévisions, NDLR), j'ai eu plaisir à travailler avec eux et je suis surtout venu sur la stratégie de Patrick de Carolis. Je suis heureux d'avoir fait ça mais la vie continue. Si ça s'arrête, ça s'arrête. Tant pis, c'est la vie. Si ça continue, tant mieux.

Vous connaissez Alexandre Bompard ?
Pas du tout. Je n'ai aucun jugement, je connais quelques-uns de ses collaborateurs avec qui j'ai de très bons rapports. Je ne suis pas dans les réseaux, la politique. Je suis fidèle à mes convictions. J'ai suivi Patrick de Carolis ici il y a cinq ans pour son intégrité, ses valeurs, sa stratégie.

Donc si on vous proposez de rester avec une nouvelle équipe dirigeante, vous refuseriez par loyauté à Patrick de Carolis ?
Je n'aime pas me projeter, je n'en sais rien.

Mais on sait que Patrick de Carolis a répété que, s'il continuait, ce serait avec la même équipe.
Posez moi la question de savoir si je continue avec Patrick de Carolis, je peux vous répondre. La réponse est oui.

Votre nom a été cité cette année pour rejoindre le groupe TF1. Avez-vous effectivement été en contact ?
Pas du tout, aucun contact. J'ai en eu à l'époque avec des groupes médias ou multimédias mais je n'ai pas de contacts avec TF1. J'ai eu deux-trois propositions il y a trois-quatre ans, que j'avais d'ailleurs partagées avec Patrick de Carolis, mais j'ai souhaité rester dans son équipe et continuer à faire ce que je faisais. Mais je n'ai jamais rencontré les gens de TF1 et je crois qu'ils n'ont pas besoin de moi, tout va bien.

Pourtant, on ne peut pas dire que le flux se porte à merveille sur TF1...
Ils essaient de nouvelles choses... Après il faut laisser le temps aux émissions de s'installer. Il faut avoir le temps de laisser le temps. Et ça, je ne sais pas si tout le monde a cette possibilité. Nous, on l'a.

Et quand vous voyez sur TF1 La grande soirée du rire, où des humoristes sont réunis dans une salle de spectacle...
Ca me fait un peu penser aux Stars du rire. C'est toujours flatteur d'être plagié, non ? Il vaut mieux être plagié que plagier les autres. Quelque part, ça veut dire que vous êtes un peu le leader. Je suis très fier de ça, c'est formidable.

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