La France vient une nouvelle fois de s'illustrer à l’Eurovision junior. Samedi 13 décembre 2025, à Tbilissi en Géorgie, une jeune interprète française, Lou Deleuze âgée de 11 ans s’est imposée face aux représentants ukrainien et géorgien. Il s’agit de la quatrième victoire française sur les six dernières éditions de cette compétition, créée en 2003 sur le modèle de l’Eurovision et réservée aux enfants de 9 à 14 ans. Avant elle, Valentina en 2020, Lissandro en 2022 et Zoé Clauzure en 2023 avaient déjà offert la victoire à la France. Un contraste notable avec l’Eurovision adulte, où la France attend toujours un nouveau sacre depuis Marie Myriam en 1977.
Et traditionnellement, le pays vainqueur est invité à accueillir l’édition suivante du concours. Pourtant, malgré ce nouveau succès, France Télévisions a annoncé renoncer "à organiser l’Eurovision junior sur le territoire national en 2026". L’information a été publiée dans un communiqué le 18 décembre 2025 à l’issue du conseil d’administration du groupe audiovisuel public. Dans ce texte, France Télévisions explique que cette décision s’inscrit dans un contexte budgétaire particulièrement restreint. Le conseil d’administration a approuvé un budget 2026 à l’équilibre, mais dans un cadre de ressources qualifié d’”extrêmement contraint” par le groupe.
Les ressources publiques prévisionnelles sont annoncées en baisse de 65,2 millions d’euros par rapport à 2025, et de plus de 200 millions d’euros par rapport à la trajectoire initialement prévue dans le projet de Contrat d’objectifs et de moyens 2024-2028. France Télévisions précise également devoir absorber le déficit prévisionnel de 2025, aggravé par une réduction en cours d’année de plus de 20 millions d’euros de concours publics, ainsi que par les effets de l’inflation et l’augmentation mécanique de certaines charges. L’effort global à fournir pour retrouver l’équilibre du compte d’exploitation est évalué à 140 millions d’euros, un niveau présenté comme historique pour l’entreprise. Pour faire face à cette situation, le groupe indique que l’ensemble des leviers budgétaires sera activé en 2026.
La question du lieu d’accueil de l’Eurovision Junior 2026 reste entière. La France ayant renoncé à organiser le concours, elle ne sera sans doute pas le seul pays dans l’impossibilité d’accueillir l’événement. L’Ukraine, arrivée en deuxième position, est toujours en guerre avec la Russie. La Géorgie, troisième du classement, vient tout juste d’accueillir l’édition précédente dans un contexte géopolitique délicat. De son côté, l’Arménie, classée quatrième, est déjà mobilisée pour l’organisation de l’Eurovision des jeunes musiciens prévue en juin 2026, ce qui pourrait compliquer l’accueil d’un second concours la même année.
Quant à l’Espagne, cinquième, elle a organisé le concours junior l’an dernier. Plusieurs options demeurent toutefois envisageables pour désigner un pays hôte. Saint-Marin avait précédemment exprimé son souhait d’accueillir l’Eurovision Junior 2026. L’Albanie, sixième du classement, apparaît également comme une candidate crédible, forte de son expérience dans l’organisation de compétitions musicales telles que le Festivali i Këngës, Kënga Magjike ou encore le Junior Fest. La Macédoine du Nord a également manifesté son intérêt, mais plutôt en vue de l’édition 2027.

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