La Princesse de Montpensier : Marie à tout prix...

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La Princesse de Montpensier : Marie à tout prix...
S’il est irréprochable dans son esthétisme, sa reconstitution historique et sa musique, "La Princesse de Montpensier" ne parvient pas à nous captiver et ne suscite en nous qu’ennui.

Revenu de sa Brume électrique de la Nouvelle-Orléans où il s’était glissé avec Tommy Lee Jones (et avec talent), Bertrand Tavernier fait son retour dans notre cher pays. Entouré de son armada de jeunes comédiens, le réalisateur français remonte le temps pour nous conter un thriller amoureux du 16ème siècle inspiré d’une nouvelle de Mme de La Fayette. Sans être passé à côté de son sujet, le cinéaste a peut-être vu trop grand. Et à l’instar de sa Princesse de Montpensier, tiraillée pendant tout le film entre ses sentiments, Bertrand Tavernier semble lui aussi avoir eu du mal à faire ses choix…

Du jeu des comédiens aux dialogues, tout se révèle d’un académisme cinglant



De certains cinéastes, on n’attend pas grand chose. Au mieux, qu’ils nous surprennent. Face à d’autres, on se montre plus exigeant (voire injuste), car ils nous ont tellement enthousiasmé par le passé qu’on est forcément déçu quand le résultat n’est pas à la hauteur de leurs meilleures références. Bertrand Tavernier appartient à la deuxième catégorie. On connaît le talent de l’homme. D’où une déception légitime devant sa Princesse de Montpensier. Long, lent, sans âme et bancal, le film provoque en nous en désintérêt devant lequel on se sent presque mal à l’aise. Les intrigues amoureuses retombent comme des soufflés. Bertrand Tavernier ne semble pas encore s’être remis de son voyage aux Etats-Unis. Son inspiration est visiblement restée de l’autre côté de l’Atlantique…

Si certains voient dans La Princesse de Montpensier une certaine modernité, c’est plutôt son ultra-classicisme qui l’emporte. Du jeu des comédiens aux dialogues qu’ils déclament, tout se révèle d’un académisme cinglant. Seuls le toujours élégant Lambert Wilson et le surprenant Raphaël Personnaz tirent leur épingle du jeu parmi la distribution. Cela dit, ne jetons pas la pierre à Mélanie Thierry, qui tente comme elle peut de faire vivre un personnage qui nous agace de plus en plus à mesure que le film avance (lentement, qui plus est). Cette sorte de « Mary à tout prix version 1562 » (belle, blonde, avec une myriade de prétendants à ses pieds, mais forcément moins drôle…) n’a pas les épaules suffisamment grandes pour porter à elle-seule l’ensemble des intrigues.

La fougue, l’élan, l’inspiration et le panache de Tavernier se sont assoupis avec nous



La galerie de personnages vagabondant dans ce film historique erre sans vraiment exister et ce ne sont pas les visiblement peu inspirés Gaspard Ulliel ou Grégoire Leprince-Ringuet qui changent la donne. Les comédiens se perdent dans des dialogues sans fin et les scènes d’actions censées apporter du rythme sont aussi mouvementées qu’un voyage en petit train touristique un dimanche après-midi dans l’Aveyron. Après 2h20 de projection, on ressort de la salle, apathique. La fougue, l’élan, l’inspiration et le panache de Tavernier se sont assoupis avec nous.

Alors faut-il être sans concession avec le nouveau long-métrage de Bertrand Tavernier ? Non, bien sûr. Si le réalisateur a été plus inspiré dans sa mise en scène ou sa direction d’acteurs par le passé, il n’a en tout cas pas manqué de soigner tous les détails historiques autour de son film qui a bénéficié d’un double avantage : les décors naturels et la possibilité de tourner dans des lieux historiques préservés. Que ce soit les costumes, les lumières, la partition de la musique de son fidèle complice Philippe Sarde, rien n’a été laissé au hasard. On aurait aimé que le film dans toute son entité soit cajolé ainsi. De sa brume électrique de la Nouvelle-Orléans, Bertrand Tavernier ne semble finalement pas être encore revenu...

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