L'éditorial politique du dimanche matin de France Inter aura fait beaucoup parler en ce début de saison. Charles Sapin, qui l'incarnait encore officiellement jusqu'à la semaine dernière, a décidé de jeter l'éponge. Le directeur adjoint de "Valeurs actuelles" était visé par une fronde des salariés de la station, et plus globalement de Radio France, qui s'opposaient fermement à son arrivée. La direction avait alors opté pour la suppression de l'éditorial politique du journaliste et la mise en place d'un débat avec des contradicteurs : une option que l'ancien journaliste du "Point" avait refusée.
Dimanche 27 septembre, les auditeurs matinaux de France Inter ont découvert qui la station publique a choisi pour succéder au patron de "Valeurs actuelles". C'est Hadrien Brachet, rédacteur en chef adjoint du service politique du "Point", qui a été désigné pour reprendre le billet hebdomadaire. Pour sa première, le journaliste s'est penché sur la question du cumul des mandats des personnalités politiques, et notamment des parlementaires, alors que les 178 nouveaux sénateurs tricolores ont été désignés hier. Avant d'intégrer "Le Point", où il suit principalement l'actualité des partis de gauche, "ses débats idéologiques et ses compétitions internes", selon la description du magazine, Hadrien Brachet a travaillé quatre ans au sein de la rédaction de "Marianne". Il s'y occupait des questions liées à la laïcité et à l'éducation.
Les salariés de France Inter avaient manifesté contre l'arrivée de Charles Sapin dès l'annonce de l'arrivée de ce dernier, à la fin de l'été. "La direction de France Inter nous fait honte. Elle fait honte à ses salarié·es, à l’audiovisuel public et aux auditeur·ices, s'étaient offusqué fin août dans un communiqué la SNJ et la CGT de Radio France. 'Valeurs actuelles', organe de l’extrême droite multi-condamné, est donc invité à envoyer l’un de ses 'journalistes' sur l’antenne de la première radio de France, sur le service public. [...] Les injures racistes de 'Valeurs actuelles' sont un délit, la nostalgie de Vichy, du révisionnisme, la préférence nationale une entorse à la Constitution", avaient ajouté les syndicats au lancement de ce mois de mobilisation contre la présence du directeur adjoint du magazine.