Un petit tour, beaucoup de brouhaha et puis s'en va. Trois semaines après son premier éditorial politique sur France Inter, Charles Sapin a décidé de claquer la porte, pas convaincu par la proposition de la direction de transformer son billet dominical en un débat. L'état-major de la station publique avait convenu de cette solution pour calmer la fronde qui agitait une rédaction fortement mobilisée contre la nomination de cette figure majeure de "Valeur actuelles". Mais, le journaliste l'a refusé, regrettant que son employeur ait "décidé de rendre les armes" face à "une minorité radicalisée". Céline Pigalle, directrice de la première radio de France, regrette la crise aigüe qui a agité son entreprise, mais pas le recrutement de l'élément perturbateur de ces dernières semaines.
"Charles Sapin n’était pas l’alpha et l’oméga du pluralisme sur France Inter", souligne dans "Le Parisien" la dirigeante, qui confirme que son éphémère salarié a "choisi" lui-même, "de jeter l'éponge" en mettant son véto sur l'idée du débat. Une décision qu'elle déplore, certes, mais dont elle s'étonne dans la mesure où le numéro 2 de la rédaction de "Valeurs Actuelles" a accepté le même exercice sur RTL. La station aux bonnettes rouges a en effet opposé mercredi 23 septembre Thomas Legrand et Charles Sapin le temps d'un débat sur l'actualité du jour. "Il est étonnant d’accepter ailleurs ce qu’on jugeait impossible ici. J’y verrais presque une forme d’opportunisme chez certains", tacle Céline Pigalle. Pour elle, son recrutement était justifiée. "Charles Sapin connaît très bien la droite et les coulisses de ses recompositions actuelles. Je pensais que cela avait un intérêt éditorial et c’est pour cette raison que je l’ai recruté", assure-t-elle.
Aujourd'hui, la successeure d'Adèle Van Reeth travaille sur le remplacement de Charles Sapin dans la matinale présentée par Eva Roque. "Des discussions sont en cours pour cette case qui, vous en conviendrez, est désormais radioactive. J’espère que tous ceux qui nous ont expliqué ces dernières semaines ce qu’il fallait faire seront prêts à venir la faire vivre…", lance celle qui s'attend à voir se multiplier les pressions. Mais, combattive, elle refuse de baisser les bras. "Je ne découvre pas que la campagne présidentielle va être compliquée pour les médias, et plus encore pour le service public. Ce qui me trouble, en revanche, c’est l’intensité croissante des attaques visant l’audiovisuel public", note la directrice, "convaincue que France Inter doit continuer de jouer un rôle essentiel de modération, de rencontre et de partage".
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Outre cette affaire, Céline Pigalle doit également gérer pour sa première rentrée à la tête de France Inter le départ de Thomas Poitevin de la matinale, un mois seulement après son arrivée, mais aussi l'amertume de Thomas Legrand, évincé discrètement des grilles de la radio. "J’entends qu'il soit déçu de ne pas être sur l’antenne de France Inter. Il exige, il réclame, mais ce n’est pas comme ça qu’on obtient quelque chose de moi", avait-elle rétorqué en apprenant les nombreux messages envoyés par l'éditorialiste à Sibyle Veil pour plaider sa cause.