Stéphane Gendarme : "Les JT de M6 ne courent pas après la ménagère"

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Stéphane Gendarme : "Les JT de M6 ne courent pas après la ménagère"
Stéphane Gendarme
Stéphane Gendarme © M6
Le patron de l'information de M6 fait le bilan de la saison de ses JT.

Jolie saison pour les JT de M6. Alors qu'il s'apprête à fêter ses dix ans d'existence en septembre prochain, le "19.45" progresse cette saison avec 2,6 millions de téléspectateurs en moyenne, soit 13% de l'ensemble du public et surtout 21% des femmes responsables des achats de moins de cinquante ans. puremedias.com a rencontré le directeur de l'information de M6 en charge des JT, Stéphane Gendarme, pour faire avec lui un bilan de la saison qui s'achève.

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Propos recueillis par Benjamin Meffre.

puremedias.com : Quel bilan faites-vous de la saison de vos JT ?
Stéphane Gendarme : En matière d'audience, le bilan est indéniablement bon. Nous sommes une nouvelle fois en progression cette saison. Le journal de M6 est un succès, comme le montrent les chiffres, mais il a surtout apporté une nouvelle manière de raconter l'information, sur le fond comme sur la forme.

Cette saison, la programmation avancée de "Plus belle la vie" sur France 3 à 20h20, contre 20h30 auparavant, vous a-t-elle apporté un nouveau public : celui qui ne pouvait plus suivre les "20 Heures" s'il voulait continuer à suivre son feuilleton quotidien ?
On n'a pas eu d'études spécifiques sur ce point mais je ne crois pas. Je l'espère (sourire).

Vos JT font près de 25 minutes désormais. Ont-ils vocation à devenir à terme aussi longs que les "20 Heures" ?
Non. Aujourd'hui, nous sommes informés de plein de manières différentes. En 24 minutes, la durée de nos JT, vous pouvez avoir toute l'information. Plus globalement, je crois que les "grands-messes" de l'information, plus longues, sont terminées et qu'il n'y a plus uniquement deux journaux du soir (les "20 Heures" de TF1 et France 2, ndlr). Le "19.45" est désormais un journal du soir à part entière.

Si la "grand-messe" des "20 Heures" est révolue, comment expliquez-vous que plus de dix millions de téléspectateurs les regardent encore tous les soirs ?
L'information n'est pas morte et heureusement ! Mais elle évolue et on doit s'adapter à ces évolutions. Je vous ai dit qu'on progressait. Je vous laisse regarder si les autres progressent... En toute humilité, je pense que nous avons réussi à tendre vers quelque chose de différent, de plus rapide, de plus moderne, qui répond aux questions que se posent les gens. Nous veillons à être toujours le plus didactiques possible.

Ils ont dit
"On ne court pas après les ménagères"
Stéphane Gendarme

Les JT de M6 sont particulièrement puissants sur les ménagères avec des parts de marché supérieures à 20%. Ce résultat est-il le fruit du hasard ou d'une stratégie éditoriale ?
Sans langue de bois, on ne fait pas de stratégie en matière d'information et on ne va pas, comme je crois le comprendre dans votre question, "chercher la ménagère". 90% de nos JT est dicté par l'information. Elle s'impose à nous. S'il y a une canicule, on ouvre sur la canicule, comme nos concurrents. Dans une troisième partie, en fin de JT, on s'autorise par contre, c'est vrai, des sujets à destination des plus jeunes - pas que les femmes -, comme des sujets sur la "tech" par exemple, car on sait que notre public est jeune, plus jeune que celui de nos concurrents.

Quand vous êtes les seuls à ouvrir votre JT sur la naissance d'un grand prématuré au Japon (27 février), sur un enfant de cinq ans qui a sauvé sa mère en appelant les pompiers après un malaise (20 septembre 2018), sur une femme américaine de 61 ans qui a donné naissance aux enfants de son propre fils (2 avril), ne s'agit-il pas de choix éditoriaux qui visent prioritairement la cible des femmes responsables des achats de moins de cinquante ans ?
Non, je ne suis pas d'accord avec vous. Ce sont en effet des choix éditoriaux mais je ne vois pas pourquoi ce seraient des choix plus féminins que masculins. Ce qui est vrai, c'est que quand l'actualité nous le permet, qu'elle nous laisse un peu de répit, on va chercher des histoires du quotidien qui intéressent les gens. Mais ce ne sont pas des histoires que la ménagère - je n'aime pas ce mot ! - aimerait davantage voir qu'un homme, je ne peux pas vous laisser dire cela.

Si je vous suis donc, les JT de M6 sont naturellement très puissants sur cette cible commerciale, et vous ne cherchez pas particulièrement à l'attirer devant votre JT ?
Encore une fois, on ne va pas les chercher. On va chercher des histoires, on cherche à répondre aux questions des gens. Je pense aussi que le public de M6 est davantage féminin et jeune que celui des autres chaînes. Il y a donc aussi un effet mécanique. Mais on ne court pas après les ménagères ! On fait juste de l'information !

Si le JT de M6 faisait 3% sur les ménagères, Stéphane Gendarme serait-il encore à son poste ?
Vous n'allez peut-être pas me croire mais je n'ai jamais eu la moindre demande concernant les scores sur les FRDA-50 (femmes responsables des achats de moins de cinquante ans).

En effet, je ne vous crois pas (sourire)...
Vous vous trompez dans ce cas (sourire).

Ils ont dit
"Je serais heureux si le programme avant le '12.45' était un peu plus puissant"
Stéphane Gendarme

Comptez-vous apporter des ajustements à vos JT pour aller chercher d'autres publics que celui sur lequel vous êtes déjà très puissant aujourd'hui ?
Je ne sais pas si cela va amener de nouveaux publics mais nous allons insérer des rubriques un peu différentes, oui. On va avoir une rubrique quasi-quotidienne sur les infox et on étudie notamment la piste d'une rubrique économique, plutôt orientée micro-économie.

Le "12.45" pâtit d'un très faible lead-in. Le regrettez-vous ?
Je ferais de la langue de bois si je vous disais que cela n'a aucune importance. Oui, je serais heureux si le programme avant le "12.45" était un peu plus puissant. Ceci dit, le "12.45" de Kareen Guiock fonctionne très bien sans cela. Il marche par lui-même car il est devenu un vrai rendez-vous à part entière. Sur les FRDA-50 que vous aimez tant (rires), nous sommes d'ailleurs très régulièrement devant le journal de la mi-journée de notre principal concurrent (le "13 Heures" de Jean-Pierre Pernaut, ndlr).

Les JT de M6 ne font-ils pas trop de faits divers ?
Les JT ont été plus tournés vers cette matière il y a quelques années qu'aujourd'hui. La ligne éditoriale a évolué à ce niveau-là. On fait moins de "faits divers gratuits". On traite des fait divers quand ils mettent en lumière un fait de société.

Cet été, Amandine Bégot vous rejoint à la présentation des JT en tant que joker. D'autres visages de l'info de RTL ont-ils vocation à rejoindre l'antenne de M6 ?
Si l'opportunité peut se présenter, on le fera avec plaisir. Ces synergies sont très importantes pour nous. Elles montrent l'interactivité de nos deux médias et la grande qualité de M6 et RTL. Après, nos incarnations actuelles sont là et bien là !

Et du côté des rédactions, d'autres rapprochements sont-ils prévus ?
Il y a eu un rapprochement de fait après le rachat, avec des échanges sur le terrain. Il y a aussi eu des rapprochements géographiques dans les bureaux locaux. A Lyon, les équipes de M6 et de RTL sont dans le même bureau par exemple. Idem à Lille. On est aussi en train de regarder avec les équipes de RTL pour aller plus loin dans le fait que les gens puissent travailler pour les deux médias.

Ils ont dit
"On ne peut pas laisser la place aux autres en matière de 'spéciales'"
Stéphane Gendarme

François Vignolle, votre ex-adjoint à M6 et actuel patron de la rédaction de RTL, va-t-il revenir dans les murs de M6 comme l'annonçait récemment "Le Parisien" ?
Je ne suis pas du tout décisionnaire. François est quelqu'un de très compétent. Il a été mon adjoint pendant des années. Je n'ai pas d'information sur le fait qu'il revienne. Je pense que s'il devait revenir à mes côtés, je le saurais déjà. Et je ne le sais pas... C'est plutôt un signe qu'il ne risque pas de revenir, en tout cas ici.

Quelle est la stratégie de M6 en matière de "spéciales", de breaking news ? On a parfois du mal à comprendre...
C'est en fonction de l'évènement. Sur un breaking news très fort, on va être présents. Cela a été le cas lors des attentats par exemple, de l'hommage à Johnny Hallyday ou aux deux soldats tués au Burkina Faso. On va peut-être le faire différemment des autres, en ne cassant pas l'antenne dans la seconde et en préparant plutôt une émission spéciale durant laquelle on va garder l'antenne quatre ou cinq heures. Notre force est d'être dans l'analyse, juste après l'évènement. C'est un peu ce que nous avons fait pour Notre-Dame.

Les scores des spéciales sont souvent terribles pour M6. La chaîne n'a-t-elle pas intérêt à abandonner ce créneau déjà très embouteillé ?
En tant que patron de l'information, je pousse à ce qu'on soit capable de faire du breaking news. On ne peut pas - et je ne veux pas - laisser la place aux autres dans ce domaine. Si vous faites de l'information, ce que nous faisons tous les jours, il faut être capable de faire du breaking news quand vous estimez qu'il faut en faire. L'audience, dans ce genre de moments, est secondaire. Ce serait très paradoxal de dire que nos journaux marchent très bien, mais de ne pas couvrir des évènements majeurs.

Quels sont vos critères pour décider de casser l'antenne. Un niveau d'émotion collective ?
Ce n'est pas simple. Mais souvent, cela s'impose à nous. C'est la force de l'information qui s'impose à nous.

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