TF1 : Les 10 chantiers qui attendent Gilles Pélisson

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TF1 : Les 10 chantiers qui attendent Gilles Pélisson
Gilles Pélisson, nouveau PDG de TF1.
Gilles Pélisson, nouveau PDG de TF1. © Abaca
Audiences, programmes, TNT, internationalisation... De nombreux chantiers attendent le nouveau PDG du groupe TF1.

C'est officiel depuis 17h45, Gilles Pélisson succédera à Nonce Paolini à la tête du groupe TF1 en 2016. Sans surprise, l'ancien patron d'Accor a été désigné aujourd'hui lors d'un conseil d'administration de la Une. Gilles Pélisson ne prendra cependant ses fonctions que le 19 février prochain, il dispose donc de quatre mois pour plancher sur les très nombreux chantiers qui l'attendent aux commandes de son nouveau groupe. puremedias.com en a identifié dix.

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1. La reconquête des audiences

En 2005, année de naissance de la TNT, TF1 est à plus de 31% de PDA. Dix ans plus tard, la chaîne tombe à 21,3%. En ajoutant les audiences de TMC et NT1 rachetées en 2010 et celles de HD1 lancée en 2012, le groupe pèse 26,5% en septembre 2015. En une décennie, la puissance du leader en a pris un coup. Aujourd'hui, le groupe France Télévisions est plus puissant avec certes une chaîne en plus mais une offre publicitaire limitée. Désormais détenteur de quatre chaînes gratuites et n'ayant plus de contraintes dans l'exploitation de ses chaînes, le groupe TF1 doit relancer la reconquête des audiences, notamment en investissant dans les programmes, dont le coût de grille est estimé à moins d'un milliard d'euros.

2. Augmenter son chiffre d'affaires

Avec 2 milliards de chiffre d'affaires et 419 millions de résultat net, TF1 est loin d'être un groupe en crise. Mais, comme la plupart des médias, il doit cependant réfléchir à son avenir dans un secteur en pleine mutation. La crise de la télévision payante et la délinérisation de la consommation avec des services de SVOD comme Netflix vont rebattre les cartes ces dix prochaines années. Si la Une veut pérenniser son statut de première chaîne d'Europe et s'assurer un avenir serein, elle est condamnée à accroître son chiffre d'affaires. Elle devra revoir sa politique de diversification et investir à l'international.

3. Internationaliser et diversifier

TF1 est le leader incontesté de la télévision en France. Le groupe se targue régulièrement d'être "la première chaîne d'Europe", mais celle-ci est inconnue pour les téléspectateurs européens. Contrairement à l'allemand Bertelsmann, à l'italien Médiaset ou à News Corporation de Rupert Murdoch, le groupe TF1 est peu présent à l'international. Il ne l'a jamais été mais la vente d'Eurosport a fini de le confiner dans ses frontières hexagonales, le rendant dépendant de la santé économique de ce seul pays. TF1 doit donc trouver des relais de croissance hors de nos frontières. Les investisseurs attendent une stratégie forte sur ce sujet.

4. Accentuer la digitalisation du groupe

C'est le groupe Canal+ qui propose actuellement la seule vraie alternative à Netflix, avec Canalplay. Si la Une a de bons résultats avec la plateforme MyTF1 et voit ses programmes enregistrer des records en replay, elle est à la traîne du côté des nouveaux services notamment de SVOD. Gilles Pélisson devra se positionner pour rivaliser avec des géants venus d'outre-Atlantique, YouTube ou Netflix. Avec le milliard d'euros que le groupe a dans ses caisses depuis la vente d'Eurosport, le groupe TF1 a les moyens d'investir.

5. Renforcer l'identité de ses chaînes de la TNT

Il s'agit d'un autre chantier majeur. Alors que TF1 avait sous-estimé le big bang de la TNT en 2005, Nonce Paolini a dû rattraper les erreurs de ses prédecesseurs en achetant au prix fort en 2010 deux canaux supplémentaires, NT1 et TMC. Depuis et malgré ses efforts, TF1 a peiné à se transformer en un groupe totalement intégré. Ses deux antennes de la TNT, complétées en 2012 par l'arrivée de HD1, conservent encore des identités floues qu'il conviendra à Gilles Pélisson de mieux définir. Réalisant des audiences correctes, les trois chaînes nécessitent d'être davantage incarnées à travers des programmes de flux et des visages inédits.

6. Relancer l'information

Dans le domaine de l'info, Gilles Pélisson devra avant tout gérer l'héritage de l'épineux dossier LCI. Après l'annulation de sa première décision par le Conseil d'Etat, le CSA se prononcera de nouveau sur le cas de la chaîne info avant le 31 décembre prochain. Le nouveau PDG devra aussi veiller à la défense de ses JT, principalement le 20 Heures attaqué de toutes parts. Actuellement aux mains de Catherine Nayl, la direction de l'information pourrait évoluer dans les prochaines semaines. Le dernier volet du chantier de l'information concerne le traitement de la présidentielle 2017, un dossier par nature particulièrement sensible. Dans ce domaine, la Une doit prendre sa revanche par rapport à 2012 où elle avait laissé à sa rivale, France 2, le titre de "chaîne de la présidentielle".

7. Poursuivre le renouveau des fictions

Gilles Pélisson héritera d'un département fiction à la croisée des chemins. La présidence de Nonce Paolini a été marquée par un investissement massif dans les séries américaines et notamment par l'achat à prix d'or des hits du genre comme "Les Experts", "Dr House", "Esprits Criminels" ou encore "Mentalist". Ces derniers ont longtemps permis à la Une de protéger ses audiences en prime. Le groupe TF1 peine désormais à trouver des séries étrangères aussi fédératrices. Il a ainsi multiplié les échecs ou les demi-succès ces derniers mois à l'image de "Blacklist", "Dallas" ou encore "Arrow". Dans le même temps, ses marques étrangères historiques s'éteignent naturellement ou ne rencontrent plus le même succès qu'auparavant. De quoi forcer TF1 à revoir sa stratégie en matière d'achats de fictions étrangères.

Côté séries françaises, Gilles Pélisson hérite d'une situation plus favorable que son prédecesseur. A son arrivée à la tête de TF1, Paolini avait trouvé un catalogue de marques vieillissantes. S'appuyant sur les plus performantes ("Joséphine Ange Gardien", "Camping Paradis"), TF1 a su dans le même temps faire émerger de nouvelles marques plus modernes ("Profilages", "Le Mystère du lac", "Clem") et produites de manière industrielle. La chaîne a aussi su faire preuve d'audace en matière d'unitaires avec des téléfilms comme "Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils" ou "L'Emprise". Une bonne base sur laquelle pourra s'appuyer Gilles Pélisson pour passer à la vitesse supérieure.

8. Renforcer la programmation sportive

Sous la direction de Nonce Paolini, TF1 s'est largement désengagée du sport. Du fait de l'inflation des droits sportifs, la Une a fait le choix d'abandonner plusieurs compétitions historiques (Ligue des champions, F1) aux audiences déclinantes. Le groupe s'est ainsi replié sur les évènements les plus fédérateurs que sont les grandes compétitions internationales de football ou de rugby notamment. Depuis quelques temps, la Une a élargi avec succès cette logique évènementielle à de nouveaux sports comme en témoigne la programmation récente de la finale de la Coupe du monde de handball remportée par la France. Une stratégie maligne dans le contexte actuel que Gilles Pélisson ne devrait pas manquer de prolonger.

9. Redynamiser les jeux et les divertissements

En misant sur la télévision "feel good", Nonce Paolini a senti que les Français allaient avoir envie et besoin de se divertir alors que leur pays traversait une importante crise. "The Voice", "Danse avec les stars", ou les jeux d'access prime time comme "Money drop" : la plupart des marques de programmes lancées avec succès sous l'ère Paolini commencent à s'éroder.

Une nouvelle génération de programmes doit arriver, différente des éternels formats de coaching ou de jeu d'aventures. Quitte à surprendre, voire à déplaire ! On rappelle qu'avant l'ère Paolini, TF1 proposait une large palette d'émissions très identifiées : "Y'a que la vérité qui compte", "La méthode Cauet", "Sans aucun doute", "L'île de la tentation", sans remonter à "Perdu de vue", "Tout est possible", ou "Ciel mon mardi". Des programmes moins consensuels mais très fédérateurs.

10. Retrouver un état d'esprit audacieux

La présidence Paolini aura été celle de la transition après l'âge d'or Le Lay-Mougeotte. Héritant des erreurs stratégiques de ses prédecesseurs, le PDG corse a dû adapter avec retard son groupe à un environnement télévisuel en pleine mutation. S'il y est partiellement parvenu, c'est au prix de l'adoption d'une posture défensive dangereuse sur le long terme.

Tentant de préserver à tout prix une position de leader de plus en plus attaquée, TF1 a minimisé comme jamais la prise de risque ces dernières années. Si elle a ralenti la chute, cette stratégie de pur gestionnaire ne saurait permettre au groupe de se projeter avec succès dans la décennie qui vient. Il appartiendra donc à Gilles Pélisson de savoir insuffler à son groupe cet esprit d'audace et de conquête qui lui fait tant défaut aujourd'hui. Sans aucun doute l'un de ses plus gros chantiers...

BD&BM

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