Les caméras sont désormais éteintes, le jeu terminé et les requêtes à visage découvert. Six mois après le lancement de la saison 1 de la version française de "Love is Blind" sur Netflix, trois candidats de cette émission de téléréalité ont saisi le conseil des Prud’hommes pour dénoncer des "traitements inhumains ou dégradants" pendant l'enregistrement. Selon des informations partagées par "Le Monde", les trois participants en question, Jonathan D., Benjamin J. et David O., assurent avoir "subi lors du tournage de l’émission un isolement total imposé par la production, [leur] empêchant tout contact avec le monde extérieur ou les autres participants", et "avoir été contraint[s] dans leur liberté de mouvement et d’expression durant toute la durée du tournage". Ils réclament chacun 200.000 euros de dommages et intérêts, conjointement à la plateforme et à la société de production ITV Studios France, mais aussi que les plans de l’émission sur lesquels ils apparaissent soient retirés. Ils demandent également la requalification de leurs CDD successifs en CDI, et des indemnités en découlant pour "licenciement sans cause réelle et sérieuse".
Comme le rapporte l'article de nos confrères, les trois ex-figures du show mentionnent plusieurs exemples pour dénoncer les conséquences du tournage sur leur santé physique et équilibre mental. "Nous étions suivis en permanence par des chaperons", décrit Jonathan D. "Dès que les caméras s’arrêtaient, ils se précipitaient sur nous et nous interdisaient de nous parler, entre candidats, d’autre chose que de la pluie et du beau temps. Parce que l’on devait garder nos émotions pour l’émission". Le chef cuisinier de 38 ans qualifie ainsi son aventure d'"hyperinfantilisante", précisant notamment que les prétendants étaient privés de leurs téléphones portables.
Lui et ses deux comparses font également état d'horaires de travail bien plus longs que ce qui était contractuellement annoncé. "On nous réveillait à 5 heures à l’hôtel, pour un départ à 6 heures vers le studio et un tournage qui durait de 10 heures à 20 heures au moins", rapporte Jonathan D. "On ne se couchait pas avant 23 heures et on dormait très peu, on était tout le temps crevés. Ce qui nous empêchait d’être nous-mêmes pendant les enregistrements". Des conditions assimilables, selon leur avocate, à de l’exploitation, et ayant porté atteinte à leur dignité et à leurs libertés individuelles. "Nous avons été manipulés et utilisés pour arriver aux fins de la production : créer du contenu au détriment de notre santé physique, psychologique et humaine", déplore pour sa part, David O.
Interrogé par l'AFP, Netflix France a dit prendre connaissance des éléments du dossier. "Nous demandons à nos partenaires de production de respecter des standards éthiques rigoureux", a souligné une porte-parole de la plateforme. Des audiences de conciliation doivent avoir lieu le 9 février et le 28 mai.
En septembre dernier, les abonnés de la plateforme de streaming découvraient les quinze hommes et quinze femmes qui se prêtaient à ce concept inédit : se fiancer sans jamais même se voir. Présenté par le judoka Teddy Riner et sa compagne Luthna Plocus, le programme avait connu un joli succès d'audience mais aussi quelques polémiques. Un couple formé dans l'émission avait pesté contre le montage après avoir été écarté des images, alors que Jonathan avait été accusé par son crush de l'aventure, Alice, d'avoir notamment exercé une "manipulation psychologique" sur elle. Ces controverses viennent raviver les critiques autour du show de Netflix. Depuis plusieurs saisons, "Love is Blind" est accusé de mal encadrer ses candidats. Une enquête de "Business Insider" décrivait des tournages "exténuants" des premières saisons américaines, des privations de sommeil, un accès limité à nourriture et eau, et une forte consommation d'alcool encouragée par la production.

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