C'est décidément une commission d'enquête bien agitée. Lancé en fin d'année 2025, le groupe de travail parlementaire missionné pour évaluer et analyser le fonctionnement du service public est secoué par de nombreuses polémiques. Fin décembre, le président de la commission, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus, décidait de suspendre les auditions le temps de faire redescendre les tensions, "des principes fondamentaux [n’ayant pas} toujours été respectés". Les travaux ont repris le 19 janvier mais l'ambiance n'en est pas plus apaisée, la preuve hier avec le vif accrochage entre le président de la commission et son rapporteur, le député Charles Alloncle, qui suggérait des "liens" entre Jérémie Patrier-Leitus et la société de production Mediawan.
Ce jeudi 5 février, la journée d'audition commençait avec la ministre de la Culture Rachida Dati. Mais avant d'entendre la maire du VIIe arrondissement de Paris, Jérémie Patrier-Leitus a tenu à informer la commission d'un événement survenu la veille. "J'indique enfin aux membres de cette commission et aux Français qui nous écoutent que s'est produit hier un fait inédit et grave dans l'histoire de la Ve République, qui s'apparente à des pressions et à des tentatives d'intimidation jamais vues. Maître Goldnadel a indiqué sur X et à l'antenne de CNews porter plainte contre le président de la commission d'enquête, c'est-à-dire contre moi, m'accusant de ne pas avoir convoqué un syndicat de France Télévisions à une audition. J'ai bien entendu convoqué ce syndicat et je tiens à la disposition de la justice la preuve de cette convocation dont monsieur le rapporteur a copie. Il est temps je crois que la calomnie, les pressions et les ingérences extérieures cessent afin que cette commission d'enquête puisse travailler sérieusement et sereinement."
Sur le réseau social, Gilles-William Goldnadel avait en effet écrit hier : "Le Président de la Commission a prétendu faussement que la CGC de l’Audiovisuel , très critique envers la gabegie de France Télévision, avait été convoquée [aux auditions]. Ceci est faux. Je vais donc saisir la justice. Qui veut protéger abusivement les abus de l’audiovisuel public ?" Le 22 janvier, Jérémie Patrier-Leitus, qui recevait plusieurs forces syndicales pour une journée d'auditions, déplorait l'absence de l'une d'elles, la CGC de l'Audiovisuel, qui "n'avait pas répondu à [son] invitation". Le 23 janvier, ce même syndicat avait affirmé n'avoir jamais reçu de convocation pour la commission et envisager des suites, notamment en saisissant la procureure de la République de Paris.

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