La trêve des confiseurs s'appliquera également à la commission d'enquête sur l'audiovisuel public. Depuis le 25 novembre derniers, les auditions s'enchaînent à l'Assemblée nationale et virent parfois au dialogue de sourds entre le rapporteur, le député ciottiste Charles Alloncle, et les intervenants du service public à la barre. Entre clashs, petites phrases calibrées pour les réseaux sociaux et guerre d'égos, le président qui en dirige les débats a décidé de siffler la fin des joutes verbales. Au moins provisoirement. Car, d'après "Le Monde", le député Jérémie Patrier-Leitus souhaite ne plus convoquer personne, au moins jusqu’au 6 janvier 2026, date à laquelle se tiendra le prochain bureau de la commission. Il espère ainsi retrouver la sérénité nécessaire à la bonne tenue de ces travaux parlementaires, censés notamment faire le point sur la gestion, la répartition et l’utilisation des budgets consacrés à l’audiovisuel public.
Le ton choisi par Charles Alloncle lors des auditions est mis en cause dans cette interruption des débats pendant les deux prochaines semaines. Déjà rappelé à l'ordre par la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, le rapporteur n'a, depuis, pas été plus mesuré dans ses prises de paroles, ni dans ses messages partagés sur X. Sibyle Veil, patronne de Radio France, s'en est d'ailleurs plainte dans un courrier officiel au bureau de cette commission, dénonçant des "désinformations publiques".
Pourtant, Jérémie Patrier-Leitus avait fixé, en accord avec le rapporteur et les membres, des principes à respecter : hors de question de détourner la commission d’enquête pour "la transformer (…) en lieu de la politique spectacle". Il avait également prohibé toute "instrumentalisation" ou "déformation des propos des personnes auditionnées" et avait exigé de "ne pas porter ou relayer d’accusations individuelles sans qu’elles soient étayées par des faits".
"Ces principes fondamentaux n’ont toujours pas été respectés", juge aujourd'hui l'élu Horizons du Calvados auprès du quotidien. "Cette commission d’enquête n’est pas le procès à charge de l’audiovisuel public. Elle ne doit pas contribuer à augmenter la défiance à l’égard des médias et des politiques", martèle-t-il. Anticipant les critiques émanant des partis de droite et d'extrême droite, il assure que cette suspension des convocations "n’est pas du chantage, de la censure, ou une menace". Le président de cette commission souhaite simplement s'assurer qu'une réunion "se tienne afin de se mettre d’accord sur des règles de fonctionnement et ainsi de retrouver de l’apaisement avant la deuxième partie des auditions". Celles-ci sont prévues pendant le premier trimestre 2026 après la première explication de texte entre le président, le rapporteur et les membres de la commission le mardi 6 janvier 2026, à 16 heures.

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