Le projet de budget 2027 porté par Sébastien Lecornu provoque la fureur de Canal+. Ce jeudi, le groupe audiovisuel privé a vivement dénoncé la volonté du gouvernement de doubler de 10 à 20% le taux de TVA qui s'applique aux chaînes payantes. Une telle hausse serait "une attaque directe sur les activités" de l'entreprise en France, "son marché historique", a tonné dans un communiqué le premier financeur du cinéma français. La perte pourrait atteindre "200 millions d'euros par an", avec "un impact certain sur le tarif de ses abonnements, ses effectifs, et ses contributions financières à l'écosystème du cinéma et du sport", une perspective qui fait trembler ces deux secteurs. "Si cette hausse est entérinée par le Parlement, Canal+ en tirera les conséquences et accélérera sa stratégie de déploiement à l’international", a-t-il ajouté.
Aujourd'hui, les services de télévision payante diffusant leurs programmes en temps réel bénéficient d’un taux réduit de TVA à 10%, contre 20% pour les plateformes principalement fondées sur les programmes à la demande, comme Netflix. Canal+ propose les deux types de prestation mais profite du taux de 10% pour ses souscriptions. Le projet de loi de finances 2027 prévoit de supprimer ce régime réduit afin de "simplifier le régime de TVA applicable" au secteur. Le groupe dirigé par Maxime Saada serait le principal exploitant touché. Dans son communiqué, il considère la mesure comme "incohérente et inconséquente".
Avant son officialisation jeudi, l'hypothèse d'une hausse de TVA avait déjà soulevé des inquiétudes. Treize organisations du cinéma ont écrit le 25 septembre à Emmanuel Macron pour s'alarmer des "conséquences dramatiques" d'une telle action. Cela "serait susceptible d'affecter significativement l'équilibre économique de (l')activité en France (de Canal+) et, par conséquent, sa capacité d'investissement dans la création cinématographique", s'inquiétaient les signataires.
Fin juillet, Canal+ s'est engagée à investir 980 millions d'euros entre 2028 et 2032 dans le cinéma français et européen, aux termes d'un accord avec le secteur. L'inquiétude est vive aussi dans le milieu du rugby, dont la Quatre est le diffuseur. "Il est évident que si notre principal soutien financier (...) était dans le dur, l'ensemble de la chaîne serait impacté", a déclaré Yann Roubert, président de la Ligue nationale de rugby (LNR), lundi en marge de la nuit du rugby.
