Le groupe Canal+ va bien continuer de financer le cinéma, qu'il soit tricolore ou européen. Maxime Saada, président du directoire du groupe, a indiqué sur ses réseaux sociaux qu'un nouvel accord, "historique", avait tout juste été signé avec les professionnels du secteur. Le groupe devrait investir dans le cinéma, selon ce nouveau deal, "près d'un milliard d'euros [...] sur une durée inédite de 5 ans, entre 2028 et 2032."
Comme l'a précisé Canal+ dans un communiqué relayé par l'AFP, cet accord "permettra [au groupe] de continuer à proposer à ses abonnés les plus grands films français, européens et internationaux dès six mois après leur sortie en salles". "Un engagement historique à la hauteur d’une conviction profonde : le cinéma français, le plus dynamique des cinémas européens et aux tous premiers rangs des cinémas mondiaux, mérite d’être soutenu, financé et accompagné. C’est ce que nous faisons depuis plus de 40 ans, et ce que nous continuerons à faire avec fierté", a déclaré Maxime Saada sur ses réseaux sociaux, ajoutant que Canal+ était le "premier partenaire du cinéma français et européen pour longtemps". Pour rappel, Canal+ s'était engagé à investir 160 millions d'euros dans la création cinéma en 2026 et 170 millions en 2027, des budgets en légère hausse par rapport à 2025. "Nous sommes très fiers de réaffirmer notre soutien au 7e art, à sa puissance, à sa créativité et à sa diversité" a ajouté le dirigeant, cité par l'AFP. Le groupe Canal+ a lui affirmé, via son communiqué, sa "volonté de préserver un modèle garantissant la diversité des œuvres, la pluralité des regards et des esthétiques, le renouvellement des talents et des écritures".
L'annonce de ce nouvel accord survient quelques mois après la publication d'une tribune qui avait provoqué bien des remous. Une prise de parole du collectif "Zapper Bolloré" alertant de la future mainmise du milliardaire breton sur le réseau de salles UGC, signée par des milliers de personnalités du monde du cinéma dont des comédiens de renom (Adèle Haenel, Jean-Pascal Zadi, Swann Arlaud...), avait provoqué l'ire de Maxime Saada qui avait annoncé, en marge du Festival de Cannes, que son groupe ne travaillerait plus avec ces signataires. Le dirigeant était revenu sur ses paroles quelques jours plus tard, affirmant qu'il n'avait jamais été question de dresser une "liste noire" suite à cette pétition. "Il n'est pas question pour nous d'aller traquer les techniciens qui ont signé la pétition et de ne plus travailler, de ne plus financer les films dans lesquels, pour lesquels ils travaillent, ça n'a aucun sens. On a un minimum de conscience, et on ne va pas traquer des gens qui ont besoin de leur travail pour manger et pour vivre. Évidemment, il n'en a jamais été question, et il n'en sera jamais question" avait-il déclaré, réaffirmant au passage que la tribune qui avait mis le feu aux poudres avait attaqué "la stratégie industrielle de Canal+". "Quand on parle de 'vision fasciste de l'imaginaire collectif' à côté du nom Canal+, c'est la réputation des équipes et l'intégrité des équipes de Canal+, la mienne qui est attaquée", avait-il ajouté.