La polémique n'a pas stoppé Pierre-Emmanuel Barré dans sa spirale d'uppercuts à la rentrée. L'humoriste de Radio Nova s'est attaqué à "Quotidien" et au journaliste Paul Gasnier pour son premier billet d'humeur dans "La Dernière" aux côtés de Guillaume Meurice. Quelques mois plus tôt, il avait reçu le soutien de son employeur après une chronique cinglante sur les violences et accusations visant certains membres des forces de l'ordre. Faisant référence à plusieurs affaires judiciaires, le comique avait qualifié la police et la gendarmerie d'"institutions structurellement brutales, racistes et déresponsabilisantes". Avant de poursuivre ainsi : "Des viols, des mutilations, des meurtres et des mecs qui se filment en train de faire tout cela en se marrant, en fait la police et la gendarmerie, c’est Daech avec la sécurité de l’emploi".
Un peu plus tôt dans son intervention, c'est Laurent Nuñez qu'il ciblait directement en l'accusant d’avoir permis aux "ophtalmos parisiens" de tripler "leur chiffre d’affaires pendant les Gilets jaunes". Évoquant son passage comme préfet de police de Paris pendant le mouvement contestataire, il avait notamment déclaré avoir de "fortes suspicions" que l'actuel ministre de l'Intérieur soit une "grosse cuve à pisse", avant d’ajouter, sur le ton de l’ironie : "Mais présomption d’innocence ! On attend l’enquête de l’IGPN".
Sa sortie sur les ondes avait forcément remué la sphère politico-médiatique, Laurent Nuñez annonçant son intention d'envoyer une "lettre plainte" au parquet de Paris pour dénoncer "ces propos inqualifiables". "Le Parisien" précise que c’est en réalité le ministère de l’Intérieur qui a porté plainte pour "injure publique" envers son chef, Laurent Nuñez, mais aussi "envers une administration". Mais cette plainte restera lettre morte, selon nos mêmes confrères.
L'action en justice a en effet été classée sans suite par le parquet de Paris. L'organisation ne s'estimant pas compétente pour juger des poursuites en matière d’injure et de diffamation, elle a invité les parties à envisager la voie de la citation directe ou de la plainte avec constitution de partie civile. Le ministère de l'Intérieur n'a pas encore communiqué sur les suites qu’il entend donner à cette affaire. De son côté, Pierre-Emmanuel Barré, interrogé par le quotidien, se félicite de cette "bonne nouvelle pour la liberté d'expression", sans fanfaronner. "Vivement 2027, que Laurent Nuñez soit classé sans suite, lui aussi", a néanmoins lâché le trublion.