C'était un partenariat de taille pour le groupe TF1. A la fin du printemps, le groupe privé annonçait avoir noué un deal d'envergure avec Netflix, qui devenait lui aussi diffuseur de ses programmes. Une nouvelle source de spectateurs en plus de TF1+, la plateforme de streaming du groupe. Quelques semaines à peine après cette annonce, Rodolphe Belmer, directeur général du groupe TF1, se réjouissait de la première tendance, plutôt encourageante, de ce partenariat. "Je ne suis pas tellement autorisé à communiquer les chiffres. Mais sur le digital ça va très vite, on voit très vite, avait expliqué fin juin le dirigeant sur France Culture. Je ne peux pas le dire, non pas parce que j'ai pas envie de vous le dire, au contraire ! Parce que comme les résultats sont vraiment très bons j'aurais très très envie de vous les crier. Ils sont excellents !", avait-il affirmé, expliquant avoir déjà environ "18 mois d'avance" sur ses prévisions au niveau des chiffres.
Invité le 7 septembre du Sommet Lumière de Saint-Paul de Vence, qui réunissait les dirigeants, créateurs et institutions autour de l'avenir du cinéma et de l'image animée, Rodolphe Belmer s'est de nouveau félicité de la réussite de se partenariat, mis en place pour "pouvoir toucher les abonnés de la plateforme et [...] promouvoir nos programmes auprès du public français le plus large possible." Avec désormais trois mois de recul, le patron du groupe TF1 constate que la diffusion de ses programmes sur Netflix n'a pas été négatif pour la plateforme maison TF1+. "D'après nos observations, le niveau de cannibalisation reste relativement modéré, a-t-il assuré sur place, cité notamment par le média américain "Variety". Cela signifie qu'il est financièrement pertinent pour nous de conclure ce type d'accords avec nos partenaires. Pour l'instant, la cannibalisation est très, très faible, inférieure à 10 %. Bien, bien moindre que ce que nous avions modélisé lors de la mise en place du partenariat."
Les abonnés Netflix ne sont donc définitivement pas les mêmes que ceux de TF1+. La plateforme de streaming du groupe privé toucherait selon Rodolphe Belmer environ 42 millions de personnes par mois, là où Netflix en revendique environ 10 millions d'abonnés en France.