Booba dans l'oeil du cyclone. Ce mercredi 1er avril se tenait à Paris le procès opposant le rappeur, Elie Yaffa de son vrai nom, à la journaliste Linh-Lan Dao, indique l'AFP. En janvier 2024, la jeune femme, qui travaillait pour le site de France Info, publiait un article de fact-checking dans lequel elle pointait "la dérive complotiste" du chanteur. Ce dernier avait en effet, quelques temps plus tôt, établi un lien entre la maladie de Creutzfeldt-Jakob et les vaccins contre le Convid-19. Un article (qui avait été accompagné d'un portrait diffusé dans l'émission de Franceinfo "Vrai ou faux") qui avait déclenché la colère du Duc, qui avait alors posté 2 messages dévalorisants à l'encontre de Linh-Lan Dao sur son compte "X". Les tweets avaient ensuite donné lieu à un déferlement de messages dénigrants, insultants et même racistes à son encontre, de la part des fidèles du rappeur.
"Je suis là pour vous parler de dignité. J’estime avoir été, en tant que journaliste, jetée en pâture par Monsieur Yaffa à ses 6 millions d’abonnés. Tout ça parce que j’ai écrit un article de fact-checking, a lancé à la barre Linh-Lan Dao, citée sur le réseau social "X" par le journaliste de BFMTV Vincent Vantighem qui a suivi l'audience. Je regrette qu’il ne soit pas là. Pour qu’il comprenne. Qui n’aurait pas été démoli à la lecture de centaines de tweets sexistes, transphobes ?". Booba, qui vit aux Etats-Unis, n'était en effet pas présent hier au tribunal et représenté par son avocate, Maître Marie Roumiantseva. L'artiste a invoqué des raisons de santé pour justifier son absence, comme il l'avait déjà fait en décembre, date à laquelle la première audience avait été planifiée - et donc reportée.
"Quand Monsieur Yaffa tweete, il arme sa meute. Il les ambiance même. Je ne l’ai pas attaqué. J’ai écrit un article le concernant. Il met une photo de mon profil. C’est me mettre une cible dans le dos", a estimé Linh-Lan Dao, toujours citée par Vincent Vantighem. La journaliste ne signe aujourd'hui plus de papier et travaille en tant qu'encadrante pour les réseaux sociaux à France Info. Durant sa garde à vue, Booba avait invoqué l'humour et assuré qu'il ne se sentait pas "responsable d'une meute", celle qui s'est ainsi lancée dans le cyberharcèlement de la journaliste. L'avocate de Linh-Lan Dao, Maître Ilana Soskin, a elle dénoncé une "malveillance de Booba" à l'encontre de sa cliente, et estimé qu'il fallait que les journalistes puissent sentir être protégés par la justice. La procureur Quitterie Cesari a requis contre l'artiste 30.000 euros d'amende, huit mois de prison avec sursis ainsi qu'"un stage de lutte contre la haine en ligne, pour harcèlement en ligne et injures à caractère racial", relate l'AFP. À noter que Booba était également poursuivi devant le tribunal pour des messages visant Tristan Mendès France, spécialiste de la complosphère, qui avait soutenu Linh-Lan Dao dans cet épisode. Le parquet a, pour ce cas précis, réclamé 20.000 euros d'amende au rappeur. Le tribunal rendra sa décision le 2 juin.

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