Xavier Niel© Abaca
TF1 et France Télévisions s'unissent et dénoncent une "déstabilisation volontaire" après le lancement par Xavier Niel de Free TV. Les deux groupes audiovisuels s'élèvent contre l'arrivée de cette nouvelle offre de streaming gratuite qui reprend leurs chaînes et contenus "sans concertation préalable avec les éditeurs concernés" et sans rémunération.
Le groupe public et le groupe privé voient en effet d'un mauvais œil le fait que "Free s'approprie les services des groupes TF1 et France Télévisions sans porter une démarche concertée visant à sécuriser leurs valorisations et leurs monétisations." "La majorité des éditeurs, poursuivent-ils, privilégient l'intégration de leurs services via leur propre application (TF1+ et france.tv, ndlr) pour des raisons évidentes de maîtrise éditoriale, expérience utilisateurs et maîtrise publicitaire".
"Cette méthode brutale et unilatérale témoigne d'un mépris des droits des ayants droit créateurs et acteurs du secteur audiovisuel et de leurs partenaires commerciaux", critiquent-ils de concert. Elle "remet en cause la stratégie de développement et les ressources disponibles des éditeurs pour financer la création". Ils "appellent ainsi les pouvoirs publics et l'Arcom (le régulateur de l'audiovisuel, ndlr) à examiner avec la plus grande attention cette initiative qui déstabilise l'ensemble de l'écosystème", insistent les deux groupes, dans un contexte budgétaire tendu pour le secteur.
Lancé le 21 octobre 2025, Free TV regroupe plus de 170 chaînes de télévision ainsi que des films et programmes en replay. La nouvelle offre, accessible aux abonnés Free comme aux non-abonnés, est complétée par une version payante pour davantage de contenus. Elle est présentée par l'entreprise de Xavier Niel comme "la plus grande offre TV gratuite de France". Face à "la dispersion croissante des chaînes et des plateformes", il s'agit de "rendre un maximum de contenus accessibles au plus grand nombre à travers une plateforme unique dans l'intérêt de tous", a affirmé Free lundi.
Par le passé, de nombreux litiges entre les chaînes de télévision et certains acteurs proposant du streaming de cet acabit se sont réglés au tribunal. L'été dernier encore, TF1 a réclamé quelque 6,5 millions d'euros de dédommagement à Canal+, parce qu'elle considère que les fonctionnalités de TV+, l'offre lancée par le groupe de Maxime Saada l'an passé, lui porte préjudice.
En 2022, TF1 avait déjà fait condamner la plateforme Molotov, modèle dont s'inspire TV+ et Free TV, pour contrefaçon. Le groupe TF1 accusait l'application de télévision sur internet de diffuser ses chaînes sans autorisation depuis la mi-2019. En conséquence, Molotov se devait de verser 8,5 millions d'euros au groupe TF1 et cesser la diffusion de ses chaînes en clair. La distribution de TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films et LCI a par la suite été réservée aux abonnés payants à la plateforme.

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