Nouvelle pièce à charge dans le long feuilleton judiciaire et médiatique autour de Gérard Depardieu. Selon les informations de "Libération", confirmées par BFMTV, une expertise pénale rendue le 15 mai 2025 conclut que l'acteur a bien tenu des propos à connotation sexuelle à l'égard d'une fillette, comme l'affirmait "Complément d'enquête" dans son numéro diffusé en décembre 2023 sur France 2. Des images qui avaient déjà été authentifiées par un huissier de justice mandaté par France Télévisions.
Ce rapport d'un expert en informatique légale, mandaté dans le cadre de l'instruction concernant Charlotte Arnould – l'actrice qui accuse Depardieu de viols et agressions sexuelles – bat en brèche la défense de l'acteur et les attaques virulentes formulées depuis des mois contre l'équipe du magazine d'investigation. "Épilogue, espérons le, d'un an et demi de harcèlement judiciaire et médiatique sur l'affaire Gérard Depardieu" a réagi le présentateur de "Complément d'enquête" Tristan Waleckx sur X. "Vivement la reprise de cette information par le 'JDD', Europe 1, et les erratum et excuses publiques de Cyril Hanouna, Pascal Praud, Jacques Cardoze, Geoffroy Lejeune et Jules Torres, qui ont consacré des dizaines d'heures d'antenne à cette fausse rumeur créée de toutes pièces", a-t-il ajouté.
Pour rappel, le reportage titré "La chute de l'ogre", diffusé en décembre 2023, montrait Gérard Depardieu en déplacement en Corée du Nord en 2018 aux côtés de l'écrivain Yann Moix. L'émission compilait des séquences où l'acteur multipliait commentaires graveleux et misogynes, jusqu'à une scène sidérante dans un haras : en voyant une fillette faire du poney, il lançait notamment, hors-champ : "Si jamais il galope, elle jouit." Et plus loin : "C'est bien ma fifille, continue. Tu vois, elle se gratte, là." La voix off du documentaire résumait : "Il va jusqu'à sexualiser une fillette d'une dizaine d'années."
Mais dès la diffusion, la machine s'emballe : dans les médias de Vincent Bolloré, dans "TPMP", en passant par CNews ou encore le "JDD", plusieurs personnalités, dont Yann Moix, volent au secours de l'acteur, dénonçant un supposé montage malveillant du programme de France 2. Sur le plateau de "Touche pas à mon poste", le 19 novembre 2024, son avocat Me Jérémie Assous assure que la séquence incriminée est issue d'un "montage illicite" : selon lui, aucune enfant n'était dans le champ de vision de l'acteur, qui s'adressait en réalité à une femme adulte. Le doute est semé dans l'espace public, au point qu'Emmanuel Macron lui-même, interrogé sur France 5, remet en question la véracité des images : "Il y a parfois des emballements sur des propos tenus, je me méfie du contexte, j'ai compris qu'il y avait des polémiques (...) sur les mots qui étaient en décalage avec les images".
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Pour tenter de prouver l'existence de ce supposé "montage mensonger", Me Assous obtient lui-même deux expertises. L'une civile, toujours en cours. L'autre pénale, dans le cadre de l'instruction Charlotte Arnould, vient d'être finalisée. Et les conclusions sont sans appel : l'expert judiciaire, après avoir analysé et synchronisé les bandes-son de trois sources d'images du haras, estime que les propos sexuels ont bien été adressés à la fillette.
Trois passages sont analysés. Lors du premier tour de manège, certains propos crus de Gérard Depardieu ne concernent pas l'enfant, reconnaît l'expert. Mais dès le deuxième tour, la fillette revient dans le champ de vision de l'acteur et de l'homme qui l'accompagne, identifié comme "H1". Ce dernier attire son attention en disant : "Et la petite, là !" Ce à quoi Depardieu répond : "Mais la petite, c'est normal." Puis vient la séquence centrale : "Si jamais il galope, elle jouit. (…) Non mais s'il la fait galoper, elle mouille, elle jouit." Selon l'expert, à ce moment-là, "H1 et Gérard Depardieu regardent en direction de la 'petite dame en mocassins', soit la fillette. Enfin, au troisième passage de la cavalière, Depardieu déclare : "C'est bien ma fifille, continue. Tu vois, elle se gratte, là." L'expert tranche : "Selon toutes vraisemblances, ces commentaires sont adressés à l'unique personne correspondant à la description 'ma fifille' qui est devant Gérard Depardieu, soit la fillette sur le poney."
Conclusion limpide du rapport : "L'analyse technique permet d'établir que des propos à connotation sexuelle ont été adressés à l'égard d'une fillette évoluant sur un poney." Anthony Dufour, directeur de la société de production Hikari : a réagi : "Sans surprise, elle (l'expertise, ndlr) n'a pu que conclure que Yann Moix et Gérard Depardieu mentent depuis le début." L'avocat de Gérard Depardieu a bien tenté d'obtenir une contre-expertise, mais sa demande a été refusée. Il a fait appel.

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