Thierry Ardisson P1 : "Je ne suis pas assez con pour penser qu'il n'y a que moi qui ai de bonnes idées"

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Thierry Ardisson P1 : "Je ne suis pas assez con pour penser qu'il n'y a que moi qui ai de bonnes idées"
Thierry Ardisson.
Thierry Ardisson. © DR, Canal +
Première partie de notre long entretien avec Thierry Ardisson qui revient sur le succès de ses émissions à Paris Première et sur l'idée d'en faire un coffret, la "Boîte Orange", disponible dès aujourd'hui.

Première partie de notre long entretien avec Thierry Ardisson qui revient sur le succès de ses émissions à Paris Première et sur l'idée d'en faire un coffret, la "Boîte orange", disponible dès aujourd'hui. Rendez-vous dès 12h15 sur puremedias.com pour la P2 de l'entretien consacré à ses années à Canal+.

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Propos recueillis par Julien Lalande et Julien Bellver

Après "La Boîte Noire", qui revenait sur vos émissions de France 2, "La Boîte Orange" sort aujourd'hui avec vos Années Paris Première : "Paris Dernière", "Rive Droite/Rive Gauche", et "93, Faubourg St-Honoré". Pourquoi ce projet ?

Thierry Ardisson : La télévision est très éphémère. Mes émissions, je les écris, je les tourne et je les monte, comme de la fiction. Elles ont une valeur patrimoniale. Je me suis donc dit que c'était dommage : il y a des bons moments dans ces émissions, pas uniquement grâce à moi bien sûr, mais parce qu'il y a des invités qui sont formidables. Dans "La Boîte Noire", j'avais mis un petit bout de "Paris Dernière". Mais ce n'était pas complet. Je suis donc allé voir Nicolas de Tavernost, le patron de M6 et de Paris Première. Et coup de bol : c'était les 25 ans de Paris Première, l'occasion rêvée de sortir cette "Boîte Orange".

Vous considérez vos émissions comme des oeuvres télévisuelles au point d'en faire un coffret DVD ?

Je ne sais pas si ça a une valeur artistique - ce n'est pas à moi de le dire -, mais je pense que ces émissions revêtent au moins une valeur documentaire. C'est une époque qui est dans ces boîtes. Concernant "Rive Droite/Rive Gauche", il y avait toute une partie actualités qu'on a expurgée pour ne conserver que les interviews. Ces rencontres ont une valeur patrimoniale.

Vous êtes le seul animateur à proposer ce type de coffret...

Je suis le seul à qui on l'ait demandé ! Ce n'est pas moi qui suis aller voir l'INA en leur disant de faire un coffret, ce sont eux qui sont venus me voir. Ce n'est pas de la prétention mais ces émissions sont faites avec beaucoup de soin. J'ai passé ma vie en salle de montage, comme à l'époque de "Tout le monde en parle" où je montais, non stop, de 10h le vendredi à 9h du matin le samedi. J'ai beaucoup donné. Je crois que le seul autre qui ait été "mis en boîte" récemment, c'est Pivot.

"Elkabbach m'a viré quand il est arrivé parce qu'il me considérait comme un ringard"

Après Ardisson et Pivot, quel animateur peut-on mettre en boîte ?

Alors là je serais bien en mal de te dire avec qui on va pouvoir faire des coffrets dans les années qui viennent ! Je n'en vois pas là, je suis bien emmerdé... Peut-être qu'on pourrait faire un coffret avec les numéros du "Plus grand cabaret du monde", mais en enlevant les plateaux de Patrick Sébastien (rires).

Pour revenir à vos Années Paris Première, vous avez été un peu précurseur : en 1995, peu d'animateurs "vedettes" allaient officier sur le câble et le satellite. Pourquoi avoir fait ce choix ?

J'étais au chômage ! Ma carrière avait très bien démarré ; j'avais fait "Bains de Minuit", "Lunettes", "Double Jeu"... Et puis l'équivalent du CSA a arrêté "Double Jeu". Et là, Hervé Bourges et Pascal Josèphe (qui dirigeaient Antenne 2) m'ont dit : "Écoute, c'est pas grave, fais-nous des émissions". Et j'avais tellement d'idées d'émissions que je faisais des programmes qui duraient trois mois, comme "Ardimat", par exemple. Elkabbach m'a viré quand il est arrivé parce qu'il me considérait comme un ringard, c'était la grande époque d'Arthur et de Stéphane Courbit. C'est là que je suis allé voir Paris Première, pas par choix mais par nécessité. Je leur ai proposé "Paris Dernière" avec la fameuse caméra subjective puis "Rive Droite/Rive Gauche".

Il faut rappeler que " Rive Droite/Rive Gauche ", c'était un magazine culturel. On ne vous attendait pas du tout sur ce terrain à cette époque, en 1997. Vous étiez en quête de crédibilité ?

J'avais une réputation de provocateur, mais les gens se sont aperçus que je n'étais pas complètement ignare. Tout le monde a réalisé que je connaissais la littérature, le cinéma, la musique. C'est grâce à "Rive Droite/Rive Gauche" dririgeants les gens de France 2 sont venus me chercher pour "Tout le monde en parle". C'est pour ça que quand Patrick de Carolis m'a viré en 2006, j'ai trouvé ça un peu malhonnête parce que je n'étais pas quelqu'un de France 2 qui était allé sur Paris Première mais l'inverse.

"Rive Droite/Rive Gauche" a été une manière de faire évoluer votre image comme pour Marc-Olivier Fogiel à la Matinale d'Europe 1 ?

Oui, c'est de cet ordre-là. La seule différence c'est que, moi, ça a duré quatre ans. J'y suis allé pour une misère financière tous les jours. Cette expérience "Rive Droite/Rive Gauche" m'a permis de rebondir et de faire " Tout le monde en parle " alors que Marc-O se retrouve à midi sur M6. Tu as raison : c'est la même démarche mais malheureusement pour lui, ce n'est pas le même résultat.

"Quand je veux inviter des amis, je vais au restaurant, j'ai horreur des odeurs de cuisine !"

Autre émission : "93, Faubourg St-Honoré". On a l'impression que c'est une émission qui vous manque lorsqu'on lit vos interviews. C'est le cas ?

Ben, c'est-à-dire, quand je vois ce que ça devient... (rires) La vérité, c'est que je ne supporte pas les dîners. Quand je veux inviter des amis, je vais au restaurant, mais je déteste organiser des dîners chez moi, j'ai horreur des odeurs de cuisine ! C'était donc complètement bidon parce qu'avant et après l'émission, je n'ai jamais fait de dîner chez moi ! Ce qui n'a pas empêché que ce soit très réussi ! En fait, l'émission dont je suis le plus nostalgique, c'est "Paris Dernière". Si j'étais riche et que je n'étais pas obligé de travailler pour gagner ma vie, je referais "Paris Dernière" parce que c'est une émission d'une liberté totale.

"93, Faubourg St-Honoré", "Paris Dernière", ce sont des émissions qui existent toujours. Ca vous flatte de voir que vos créations sont toujours à l'antenne ?

Oui, ce sont des émissions qui ont une grande pérennité. "On a tout essayé", que j'avais produit pour Laurent Ruquier avec Catherine Barma, a quand même duré huit ans, "Tout le monde en parle" neuf, "Paris Dernière" ça fait 16 ans... Et j'espère que "Le Dîner" est reparti pour quelques années... C'est vrai que c'est agréable de constater cette longévité, mais je ne pense pas avoir "tout inventé à la télé, même le micro", comme disait Michel Denisot, ce qui est très drôle d'ailleurs ! Je ne suis pas assez con pour penser qu'il n'y a que moi qui ai de bonnes idées. Il y a eu et il y a de très bons concepts dans le PAF, comme "Stars à domicile", "Le Jeu de la Vérité", "Vis ma vie", "Avis de recherche" ou "Panique dans l'oreillette".

C'est quand même rarissime les concepts qui survivent à leur animateur...

Oui, effectivement. Quand Laurent Ruquier s'est installé à ma place, il a commencé par faire la même chose. Mais il ne faut pas être trop prétentieux, ensuite, il a eu l'idée de prendre Michel Polac , puis Eric Naulleau et Eric Zemmour ... Il a emmené l'émission vers autre chose. Moi, quand je reçois un invité, je fais sa promo et après je m'autorise à m'amuser avec lui. Avec Naulleau et Zemmour, le mec se faisait casser la tête et il repartait. C'était quelque chose de vraiment nouveau.

> Rendez-vous dès 12h15 sur puremedias.com pour la P2 de l'entretien consacré à ses années à Canal+.

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