Les jeunes filles craqueront sur cette adaptation fidèle du livre de Stephenie Meyer, mais le reste du public risque d'être déçu. Long, monotone et désservi par un couple d'acteurs éteints, "Twilight 2" n'est que légèrement supérieur au précédent.
Long, cliché, et à peine meilleur que le premier
Les fans de la saga
Twilight - et ils sont très, très nombreux - se moquent des critiques. Et vu la quantité qui a déjà envahi les salles obscures pour découvrir le film dès sa sortie, ils ont dû aimer suffisamment le premier pour ne pas attendre une minute pour découvrir le deuxième film. Mais la vraie question est de savoir si, en dehors de son public cible,
Twilight - Chapitre 2 : Tentation parvient à s'adresser à d'autres spectateurs, ce que le premier volet n'avait pas vraiment réussi. Et malheureusement... la réponse est toujours non.
Un scénario solide mais rétrograde
Le deuxième chapitre de la saga débute là où on s'était arrêté. Bella et Edward vivent une belle histoire d'amour, mais alors qu'elle célèbre ses 18 ans, une toute petite goutte de sang fait déraper la fête et réaliser à Edward qu'il met la vie de Bella en danger en la partageant. Ni une, ni deux, la famille Cullen déménage. Bella sombre dans la dépression, dont seul son ami Jacob la sort, mais lui aussi a son secret, qu'il découvre pendant que Bella s'amuse à mettre sa vie en danger - la seule façon pour elle de revoir son Edouard, même en hallucinations.
Le scénario, très fidèle au livre de Stephenie Meyer, est solide mais pas toujours très clairement exposé dans l'adaptation signée Melissa Rosenberg, et place une nouvelle fois Bella en héroïne anti-féministe. Dépendante des hommes, sans aucune estime d'elle-même et sans projet, Bella est un bien triste modèle pour les jeunes filles en ce début de 21ème siècle. Toutes les décisions sont prises pour elle, sauf quand elle décide de frôler la mort...
Le problème ? Les acteurs
Mais alors que le personnage de Bella est plus nuancé dans le roman de Stephenie Meyer,
Kristen Stewart en livre une interprétation monotone : joie, peine, passion, colère... le spectre des émotions se résumé à une mâchoire serrée et un regard triste de l'actrice. En même temps,
Robert Pattinson n'est pas beaucoup plus convaincant : son Edward est perpétuellement stoïque, inexpressif et froid (oui, on sait, c'est un vampire), ce qui rend particulièrement frustrantes les rares scènes où les deux personnages sont face-à-face, tant leur supposée alchimie ne transparaît pas à l'écran. Le couple est censé être destiné à s'aimer, et pourtant, rien ne paraît moins évident dans l'image que nous offre le film...
Taylor Lautner s'en sort mieux avec le personnage de Jacob, qui a droit aux quelques répliques drôles de l'épisode, même s'il n'évite pas toujours la caricature. Mais les faiblesses de ce trio sont mises en lumière par des personnages secondaires, dont
Michael Sheen, brillant en Aro, et qui a compris qu'avec de tels dialogues, il valait mieux en faire trop pour être crédible.
Dakota Fanning, qu'on n'aperçoit que trop brièvement, donne elle aussi une petite leçon aux acteurs principaux.
A la réalisation, on sent l'arrivée de
Chris Weitz, ainsi que l'augmentation du budget de près d'un tiers. Les effets spéciaux sont nettement moins kitsch que dans le premier film, et les images sont plus travaillées. Dommage que Weitz frise le ridicule avec les innombrables ralentis sur chaque fait et geste de
Robert Pattinson, qui prêtent à rire plus qu'à autre chose, et qu'il n'ait pas pu proposer un montage plus rythmé, parce que ces 2h10 de film passent très, très lentement...