"Ce n'était pas un rire arrogant" : Maïwenn se défend après avoir ri dans "Quotidien" de l'agression contre Edwy Plenel

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"Ce n'était pas un rire arrogant" : Maïwenn se défend après avoir ri dans "Quotidien" de l'agression contre Edwy Plenel
Par Ludovic Galtier Lloret Journaliste
Né en Isère entre le tirage de la première boule noire de l'histoire de "Motus" - "Oh-ohohohoh" - et la première visite de candidats à "Fort Boyard", Ludovic Galtier est journaliste à Puremédias depuis octobre 2021. Il est passionné par la politique, l'économie des médias et leur stratégie de programmation.
Générique de "Quotidien" sur TMC. © TMC
Dans un entretien fleuve accordé au "JDD" ce dimanche 11 juin 2023, la cinéaste explique ce qui a motivé sa décision d'agresser le cofondateur de "Mediapart".

"Si rien ne justifie que l'on s'en prenne à un journaliste, rien ne justifie que l'on viole l'intimité d'une femme". Dans un entretien fleuve, accordé au "Journal du dimanche", hier, la cinéaste Maïwenn, qui a agressé Edwy Plenel, le cofondateur de "Mediapart", dans un restaurant le 22 février, explique son geste. Elle reproche au site d'investigation d'avoir publié son "audition" dans l'affaire Luc Besson. Le célèbre réalisateur, père de sa fille, est accusé de viol par l'actrice Sand Van Roy. Il conteste ces accusations, qui ont fait l'objet d'un non-lieu, sur lesquelles la Cour de cassation se prononcera le 21 juin 2023.

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"Je reproche à 'Médiapart' ce qu'ils m'ont fait à moi"

"Je ne reproche pas à 'Mediapart' les enquêtes qu'ils ont menées concernant Luc Besson. Je leur reproche ce qu'ils m'ont fait à moi", débute Maïwenn. Dans le cadre de l'enquête de "Mediapart" sur Luc Besson, qu'elle dit ne plus fréquenter "depuis 20 ans", la cinéaste raconte avoir rencontré "dans un cadre strictement confidentiel" Marine Turchi, une journaliste du journal en ligne à la fin de l'année 2018. Elle précise, selon ses dires, ne pas souhaiter "prendre la parole". À la suite de cette rencontre, un article est publié. Comme convenu, "il n'y a rien sur moi", remarque Maïwenn, qui "prépare" sa fille à la publication de l'enquête.

Les choses basculent près de deux ans plus tard lorsque la police judiciaire se rapproche de la cinéaste. "Le 15 juin 2020, je suis convoquée à la police judiciaire. Le commissaire m'a demandé de raconter toute ma vie avec Luc : la rencontre, le contexte familial, l'intimité, les rapports sexuels. Il a fallu tout raconter, tout décrire". Sept mois plus tard, la dite déposition se retrouve dans la presse.

"'Paris Match' sort un article de plusieurs pages sur Luc Besson avec une longue partie de ma déposition. Et en mars 2021, Marine Turchi publie, sans me prévenir, un article avec des bouts de mon audition. Tous à charge et utilisés de manière orientée. Dans ma vie, c'est un cataclysme". "J'ai ressenti un viol moral", poursuit Maïwenn qui s'interroge : "En quoi diffuser une audition sur ma vie intime permet d'éclairer le débat et de servir l'intérêt général ?".

"Mon geste est bien peu par rapport à ce que j'ai subi"

Cela justifie-t-il, d'après-elle, d'avoir agressé un journaliste ? "Au fond de moi, je ne peux pas m'empêcher de penser que mon geste est bien peu par rapport à ce que j'ai subi. Sans compter le fait que la trahison vient d'une femme, qui a écrit un livre sur 'Me Too'", déclare celle qui a reconnu les faits, en riant de son geste, sur le plateau de "Quotidien" le 10 mai. "Ce n'était pas un rire arrogant", se défend-elle. "J'ai été emportée par le rire de la salle. Ce n'est pas toujours simple de maîtriser ses sentiments en direct et en public".

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Edwy Plenel avait déposé en mars une plainte, que l'AFP a pu consulter, contre la comédienne et réalisatrice pour cette agression. "Une femme, précédemment assise, seule, à une autre table (d'un restaurant parisien) a surgi et dans un laps de temps très court a saisi (Edwy Plenel) par les cheveux avec violence, lui renversant la tête en arrière et esquissant un crachat sur son visage", peut-on y lire. Maïwenn avait été identifiée ensuite par le personnel du restaurant. "Une enquête est ouverte. Edwy Plenel a été entendu il y a deux semaines. Les autres témoins sont en train d'être entendus", avait indiqué mi-mai à l'AFP l'avocat du journaliste, Me Pierre-Emmanuel Blard.

"Nous ne sommes pas dupes", répond "Mediapart"

"Nous ne sommes pas dupes", a écrit, hier, "Mediapart" dans un billet de blog signé Lénaïg Bredoux, responsable éditoriale aux questions de genre. Avant dans un premier temps de mettre en cause l'impartialité du "JDD" : "Notre journal n'a jamais été contacté, ni son président Edwy Plenel, ni le coresponsable du service enquêtes Fabrice Arfi, ni la journaliste Marine Turchi, pourtant tous·tes cité·es nommément dans cet interview de deux pages. Un entretien signé Marie-Laure Delorme, coautrice en 2020, d'un livre avec Hervé Témime, avocat, jusqu'à son récent décès, de Maïwenn".

Sur le fond, enfin, "Mediapart" affirme être droit dans ses bottes : "La réalisatrice demande que rien ne filtre de ces longs échanges (avec Marine Turchi, ndlr). Nous avons respecté son choix. Nous n'en avons jamais dévié, ni à l'époque, ni depuis". Quid alors de l'article faisant état de l'audition de Maïwenn ? "Il dresse le bilan de la procédure judiciaire dont les investigations s'achèvent. Le nom de Maïwenn ne figure ni dans le titre, ni dans le chapô, ni même dans les deux premiers tiers de cet article. Elle n'en est ni l'objet, ni le coeur : sur les 13.700 signes qu'il contient, seuls 1.800 portent sur les éléments que la réalisatrice a livrés à la justice dans le cadre de l'enquête préliminaire visant Luc Besson".

"Une offensive médiatique et politique contre #MeToo"

Mediapart" estime que "son audition avait été révélée par de nombreux médias plusieurs mois auparavant (dans 'Paris Match', 'Le Point', 'Madame Figaro', dans la presse people). Il était donc inconcevable de ne pas mentionner à notre tour la version de Maïwenn. Si nous ne l'avions pas fait, on nous aurait reproché un article partiel, voire partial. Le reproche aurait pu être justifié", estime Lénaïg Bredoux.

Et la journaliste de terminer son analyse : "En réalité, ce qui se joue va bien au-delà : il s'agit de mettre en cause un journal qui n'a jamais renoncé à enquêter sur #MeToo, dans tous les lieux de pouvoir, dans tous les milieux, y compris dans le cinéma. Maïwenn ne s'en est pas cachée : elle a souvent critiqué #MeToo ces dernières années, tout en soutenant le principe. La réalisatrice en a parfaitement le droit. Là n'est pas la question. Mais ne soyons pas dupes de l'offensive médiatique et politique contre #MeToo à laquelle elle participe aujourd'hui, avec le 'JDD'".

Maiwenn
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