"Déloyauté répétée à l'égard de l'entreprise" : Sibyle Veil, présidente de Radio France, justifie le licenciement de Guillaume Meurice

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"Déloyauté répétée à l'égard de l'entreprise" : Sibyle Veil, présidente de Radio France, justifie le licenciement de Guillaume Meurice
Par Benjamin Rabier Rédacteur en chef
Addict aux audiences, Benjamin Rabier a choppé le virus de la télévision grâce à la « Star Academy ». Intrigué par l’envers du décor, il a décidé d’en faire son métier. 20 ans plus tard, s’il ne rate (presque) jamais un prime de « The Voice », il peut vibrer devant une compétition sportive, se passionner pour un documentaire ou dévorer une série en un week-end.
Charline Vanhoenacker revient sur l'affaire Guillaume Meurice dans "C à vous" : "J'ai subi des pressions de toute part" © France 5
Dans un mail envoyé au personnel de la radio publique, Sibyle Veil a exprimé son choix de licencier l'humoriste Guillaume Meurice "pour faute grave".

"Je tenais à vous donner ces éléments de compréhension" écrit Sibyle Veil. Quelques minutes après l'annonce, par Guillaume Meurice lui-même, de son renvoi de Radio France pour "faute grave", la présidente de la radio publique a expliqué "les raisons" de son choix de mettre fin au contrat de l'humoriste dans un mail adressé au personnel que Puremédias.com s'est procuré et vous propose de découvrir en intégralité ci-dessous :

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A lire aussi : France Inter : Guillaume Meurice annonce avoir été "licencié" pour faute grave par la direction de Radio France

"Au lieu d'apaiser, il a envenimé la polémique des mois durant"

"Bonjour à toutes et à tous

Par courrier envoyé en fin de semaine dernière, Guillaume Meurice a été informé que nous mettions fin à son contrat avec Radio France.

Cette décision, je l'ai prise pour déloyauté répétée à l'égard de l'entreprise.

Je connais les interrogations que la procédure disciplinaire avait suscitées, c'est pourquoi je tiens à vous en expliquer les raisons.

D'abord, ni la liberté d'expression, ni l'humour, n'ont jamais été menacés à Radio France. Plusieurs chroniqueurs ont d'ailleurs librement exprimé sur nos antennes leur soutien à Guillaume Meurice. Il y a quelques jours, l'un d'entre eux me comparait à Donald Trump et imaginait que mes décisions me faisaient l'usage d'un vibromasseur. Quand on entend cela, on peut se dire que la liberté d'expression a peu à craindre.

La chronique de Guillaume Meurice du 29 octobredernier avait conduit l'ARCOM à prendre une sanction à notre encontre. Il faut lire le texte de cette mise en garde : l'ARCOM estimait que cette chronique avait " porté atteinte au bon exercice par Radio France de ses missions et à la relation de confiance qu'elle se doit d'entretenir avec l'ensemble de ses auditeurs ". Une sanction rare s'agissant d'une chronique d'humour et lourde de sens.

Le procureur saisi d'une plainte a, quant à lui, expressément consenti aux plaignants le fait que 'ces propos nourrissent la haine', quand bien même l'infraction pénale " d'appel ou d'exhortation à la haine ou à la violence' ne pouvait être démontrée.

Après sa chronique qui avait créé beaucoup d'émoi chez nos auditeurs, j'avais demandé à Guillaume Meurice de faire preuve de responsabilité en formulant un mot d'apaisement, à sa façon. Je considère que l'ouverture et l'écoute des auditeurs sont une force de cette maison, pas une faiblesse. Il a fait le choix inverse. Au lieu d'apaiser, il a envenimé la polémique des mois durant. Dans son livre et dans ses interventions médiatiques, il a proféré des insinuations non seulement fausses mais gravement préjudiciables à France Inter et à Radio France, allant jusqu'à mettre en doute l'indépendance et l'impartialité de notre travail. Au mépris de l'intérêt du collectif, il a nourri les arguments les plus infondés de nos détracteurs.

En réitérant finalement ses propos à l'antenne en avril, Guillaume Meurice a ignoré l'avertissement qu'il avait reçu, la mise en garde de l'ARCOM et détourné la décision du procureur. Il ne nous a pas laissé d'autre choix que de tirer les conséquences de son obstination et de sa déloyauté répétée.

J'aimerais enfin rappeler ce qui doit guider l'action de tous ceux qui travaillent à Radio France. Nous sommes dépositaires de quelque chose de plus grand que nous, le service public et ses valeurs : chacun de nous doit intégrer ce que cela implique. Nous nous inscrivons à ce titre dans un cadre légal, réglementaire, déontologique qui s'impose à nous et que nous nous devons de respecter. Enfin, nous ne pouvons ignorer l'état de la société. Nous devons avoir le souci de ne pas abimer davantage une société déjà traversée par bien des divisions et des fractures.

Le droit à l'erreur vaut pour tous et vaut bien sûr dans le domaine de l'humour. Mais le sens du bien commun vaut également pour tous y compris pour les humoristes.

Je tenais à vous donner ces éléments de compréhension.

Sibyle Veil"

A lire aussi : "Je m'en vais..." : Après le licenciement de Guillaume Meurice, un humoriste claque la porte de France Inter

"Rupture anticipée de (son) contrat pour faute grave"

L'humoriste, qui avait rejoint la Maison ronde en 2012, était suspendu d'antenne depuis "Le grand dimanche soir" du 28 avril, émission au cours de laquelle il avait réitéré, malgré une première mise en garde de l'Arcom, ses propos sur Benyamin Netanyahou. Guillaume Meurice avait taxé le premier ministre israélien de "sorte de nazi mais sans prépuce" le 29 octobre 2023, ce qui avait déclenché une levée de boucliers d'une partie du public et des directions de France Inter et Radio France, respectivement incarnées par Adèle Van Reeth et Sibyle Veil.

À l'automne dernier, cette dernière avait d'ailleurs infligé un avertissement à Guillaume Meurice qui avait refusé de présenter ses excuses aux auditeurs. Une sanction que l'humoriste, visé par des plaintes pour provocation à la violence et à la haine antisémite et injures publiques à caractère antisémite toutes classées sans suite le 22 avril 2024, a contesté aux prud'hommes.

À lire aussi : "Vous pensez faire peur à qui avec vos menaces ?" : Trois jours après la suspension de Guillaume Meurice, un humoriste claque la porte de France Inter en direct dans l'émission de Charline Vanhoenacker

"Pour des raisons indépendantes de ma volonté, je ne participerai pas aux deux prochaines émissions 'Le grand dimanche soir' sur France Inter", avait déploré le 2 mai dernier Guillaume Meurice, qui avait reçu le soutien sans faille de ses collègues Charline Vanhoenacker, Waly Dia, Aymeric Lompret ou encore Djamil Le Schlag, qui a claqué la porte de France Inter en direct dans "Le grand dimanche soir" du 5 mai.

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