"Rarement un documentaire aura rencontré un tel succès en salles. Un phénomène porté par un bouche-à-oreille exceptionnel, amplifié semaine après semaine par le public", s'enthousiasmait hier sur le réseau social "X" Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+, à quelques heures de la diffusion le soir même sur sa chaîne du film documentaire "Sacré-Coeur". Réalisé par le couple Sabrina et Steven J.Gunnell, ancien membre du groupe Alliage, le film n'aura pas suscité d'engouement en linéaire puisque seuls 53.000 curieux étaient au rendez-vous, pour une très faible part d'audience de 0,3% sur l'ensemble du public présent devant le petit-écran hier soir. Sorti au cinéma le 1er octobre 2025, le film, pourtant écorné par plusieurs polémiques, avait fait bien mieux en générant plus de 506.000 entrées jusqu'en janvier 2026.
"Sacré-Coeur" retrace l’histoire de sainte Marguerite-Marie, une bonne sœur du couvent de Paray-le-Monial ayant vécu au XVIIème siècle. "Aujourd’hui, dans le monde entier, la puissance du Sacré-Cœur transforme encore des vies. Un docu- fiction saisissant qui nous plonge au cours des siècles dans le mystère du Sacré-Cœur de Jésus et nous révèle son Amour personnel et inconditionnel", peut-on lire dans le synopsis du film, décrié lors de sa sortie pour son caractère prosélyte. Le 30 septembre 2025, veille de la sortie de "Sacré-Coeur" dans les salles de cinéma, la régie publicitaire Médiatransports, qui gère les campagnes de la RATP et la SNCF, avait annoncé retirer l'affiche du film de ses gares et stations de métro. Une décision justifiée par le "caractère confessionnel et prosélyte" du film, "incompatible avec le principe de neutralité du service public". "Cela veut dire quoi, la neutralité ? On accepte tout ou on interdit toute expression du christianisme dans l’espace public ?", s'était à l'époque insurgé Hubert de Torcy, le fondateur et directeur de la société de distribution audiovisuelle SAJE, spécialisée dans les films d'inspiration chrétienne, distributeur de "Sacré-Coeur".
Ce n'est pas la seule polémique qui avait entouré le film : ce dernier avait été programmé pour être projeté, en plus des salles de cinéma, au sein du château de la Buzine, à Marseille, le 23 octobre. Mais une heure avant la projection, la mairie pilotée par Benoît Payan avait demandé l'annulation de la séance dans ce lieu géré par la municipalité au nom du principe de la laïcité. "Le maire a interdit la diffusion de mon film ! Je demande à tous les marseillais de vous révolter et de vous soulever pour la pluralité. Ce n'est pas normal que Marseille boycotte ce film !", s'était agacé Steven J.Gunnell sur ses réseaux sociaux. L'affaire avait été portée devant le tribunal administratif qui avait finalement donné raison aux réalisateurs de "Sacré-Coeur", estimant que "la seule diffusion d’une œuvre cinématographique susceptible de présenter un caractère religieux dans un cinéma municipal exploité en régie ne porte pas, par elle-même, atteinte au principe de laïcité dès lors que cette diffusion n’exprime pas la reconnaissance par la commune d’un culte, ne marque pas une préférence religieuse à l’égard de ce culte par cette commune et n’a pas pour effet d’accorder une subvention directe ou indirecte à une telle œuvre."

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