Il est sorti du silence. Deux mois après s'être retrouvé dans la tourmente, Amir a pris la parole après la polémique qui l'a touché cet été. "Je suis en studio, je sors mon téléphone et je vois les notifications se multiplier", s'est-il remémoré dans un entretien publié dans l'édition du "Parisien" du 17 septembre 2025. En cause, une lettre ouverte d'un collectif d'artistes qui dénonçait la présence prochaine de l'artiste aux Francofolies de Spa (Belgique). Ils se disaient "mal à l'aise" face à sa venue sur scène "suite aux révélations faites par des associations militantes, parce qu’elles témoignent de faits qui nous dérangent fortement", selon l'un des signataires cités par la RTBF.
"Ça m'atteint mais je fais le choix de ne pas réagir ou donner du crédit à ces personnes", poursuit le finaliste de la saison 3 de "The Voice", accusé de soutenir la politique de Benyamin Netanyahou à Gaza. Plus précisément, il lui était reproché d'avoir participé à "un événement de la colonie illégale de Hébron en 2014" et à "une soirée de Tsahal organisée par Yoni Chetboun, figure du parti nationaliste d’extrême droite HaBayit HaYehudi". Des événements auxquels ils ne prendraient plus part aujourd'hui. "Ça n'aiderait pas à la paix. Je me verrais plutôt soutenir les familles des otages, les blessés et les familles des victimes de cette guerre." Et d'expliquer que 2014 était une autre époque : "Le conflit n’est pas celui que l’on connaît aujourd’hui, c’est bien avant le 7 octobre. Je vis alors dans un pays où tout le monde fait son service militaire, garçons comme filles. Chanter en soutien à des jeunes gens est quelque chose qui se fait, ces gens nous protègent du terrorisme et des menaces extérieures", se justifie-t-il.
Et celui qui est de nationalité franco-israélienne de dénoncer : "Le boycott artistique est un acte lâche, insensé, qui va à l’encontre du pluralisme, la définition même de l’art pour moi. Ça m’a rappelé des heures sombres. Le nageur Alfred Nakache que j'ai joué sur scène a été interdit de Championnat de France avant d'être déporté quelques semaines plus tard."
Finalement, après avoir reçu "des seaux de menaces et d'insultes", le représentant de la France à l'Eurovision 2016 monte sur scène le 18 juillet et est acclamé par le public présent. Cet épisode derrière lui, Amir va se lancer dans une tournée des Zénith cet automne avec un passage par l'Accor Arena de Paris le 6 décembre. Mais ces protestations ont laissé des traces : "Je commence à m'inquiéter pour [mes enfants], leur sécurité, puis la mienne quand je vois l'envergure que ça prend."
Cependant, ce père de famille réaffirme ses convictions : "j'estime qu'Israël a le droit de se défendre face à une menace existentielle." Tout en "espérant que les violences s'arrêtent le plus vite possible, que les otages reviennent, que chacun accepte la présence de l'autre. C'est l'heure de penser à comment poser les armes." Et de déplorer la situation humanitaire sur la bande de Gaza : "Ce qui se passe à Gaza est atroce. C'est très triste. J'ai énormément de peine pour les innocents qui meurent, les gens qui n'ont pas de quoi manger, de voir des populations civiles en souffrance."

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