Alexia Laroche-Joubert ("Koh-Lanta") : "Un surcoût sanitaire de 60.000 euros pour la finale"

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Alexia Laroche-Joubert ("Koh-Lanta") : "Un surcoût sanitaire de 60.000 euros pour la finale"
Alexia Laroche-Joubert
Alexia Laroche-Joubert © T. VOLLAIRE/ALP
A quelques heures de la finale de "Koh-Lanta", la patronne d'Adventure Line Productions fait le point avec puremedias.com.

Bientôt le grand soir pour "Koh-Lanta". Vendredi, TF1 diffusera en prime time la suite et la fin de la finale de "L'île des héros". Une soirée qui viendra achever une saison pas comme les autres pour le jeu d'aventure mené par Denis Brogniart, entre confinement et épisodes coupés en deux. Les téléspectateurs ont en tout cas été au rendez-vous chaque vendredi avec des audiences au plus haut depuis quatre ans. En moyenne et en audience consolidée, 6,6 millions de fidèles étaient au rendez-vous, contre 5 millions la saison dernière. puremedias.com a interrogé Alexia Laroche-Joubert, la patronne d'Adventure Line Productions, société qui produit le programme, alors que la finale sera diffusée dans des conditions particulières, contexte sanitaire oblige.

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Propos recueillis par Christophe Gazzano.

puremedias.com : Depuis combien de temps travaillez-vous sur cette finale ?
Alexia Laroche-Joubert : Il faut dissocier deux choses : la manière dont on s'est dit : "il faut absolument qu'on soit en direct" et la manière dont nous produisons la finale. Concernant le direct, avec la mise en place du confinement, on a eu cette réflexion très en amont. C'est la raison pour laquelle TF1 nous a demandé d'allonger le nombre d'épisodes prévus et de couper en deux certains d'entre eux pour s'assurer que la finale puisse bien avoir lieu à la fin du confinement. Il faut croire que nous avons fait les bons choix puisque nous sommes en sortie de Covid et que nos aventuriers seront en plateau.
Concernant l'aspect opérationnel, une fois que la date de la finale a été communiquée il y a trois semaines, nous devions garantir à TF1 la viabilité de ce qui avait été annoncé : tenir un direct, une durée de direct et accueillir nos aventuriers dans des conditions sanitaires drastiques.

Ils ont dit
"Nous sommes au maximum du respect des gestes barrière"
Alexia Laroche-Joubert

Quelles mesures avez-vous prises ?
Le plus évident a été de faire une finale sans public, ce qui ne veut pas dire que ce ne sera pas une finale divertissante. Il y a un protocole sanitaire extrêmement dur, à la fois pour les aventuriers et pour nos équipes, qui seront très réduites. Tous les aventuriers seront présents, à l'exception de Benoît qui, pour rappel, est en Martinique. Le faire venir n'aurait pas été un problème mais pour le retour, la Martinique impose 14 jours de quarantaine. On a donc trouvé un autre moyen de l'avoir avec nous (par visioconférence, ndlr). Sur le plateau, avec l'aide d'une société spécialisée, nous nous sommes assurés du respect des distances. Tout le monde sera espacé de 1,20 m, ce qui est supérieur à la distance préconisée. Nous avons refait une partie du décor pour habiller la partie qui sera sans public.
Il y aura un aventurier par loge et chacun disposera d'un kit de maquillage à usage unique. Le masque sera obligatoire pour tout le monde, un contrôle de température aura lieu. Au grand dam de tout le monde, il n'y aura pas de table de régie. Un sens de circulation sera mis en place, tout comme un nettoyage et une désinfection quotidienne des lieux puisque l'installation est en cours. Nous sommes au maximum du respect des gestes barrière.

On imagine que tout cela engendre un surcoût pour votre société de production ?
Oui.

Ils ont dit
"Un surcoût d'environ 60.000 euros"
Alexia Laroche-Joubert

Un surcoût de quel ordre ?
Environ 60.000 euros. Mais comme le direct sera plus long que les autres années et que TF1 prend en charge le coût de production supplémentaire lié aux magnétos plus nombreux, cela compense à peu près le surcoût lié au Covid.

A quoi va ressembler ce direct ?
Que ce soit pour les aventuriers ou pour nous, il y a souvent une frustration liée à la durée de la finale. Nous avons connu un énorme succès d'audience cette année et l'intérêt pour nos aventuriers a été décuplé. On a donc envie de leur donner encore plus la parole.

Combien de temps cela va-t-il durer ?
Une heure environ, sans compter les publicités. Habituellement, c'est plutôt entre 22 et 28 minutes.

Habituellement, au moment de l'annonce du vainqueur, tout le monde s'embrasse et se prend dans les bras. L'absence d'effusions ne risque-t-elle pas de plomber l'ambiance ?
Nous avons beaucoup travaillé sur l'écriture de cette finale, à la fois dans la mise en lumière de nos aventuriers et du dépouillement. En effet, cette effusion ne pourra pas avoir lieu - cela serait extrêmement déplacé - mais cela n'empêchera pas les gros plans de joie, les cotillons... et de ressentir le bonheur. Quand vous sortez dans les rues parisiennes, tout le monde n'est pas collé les uns aux autres et pourtant les gens sont contents !

Avez-vous envisagé ces dernières semaines d'annuler la finale ?
Non. En revanche, on a réfléchi à une version light avec seulement Denis, un duplex avec les deux aventuriers et un "reveal" simple.

Ils ont dit
"Une saison exceptionnelle avec de nombreux rebondissements"
Alexia Laroche-Joubert

Côté audiences, après un démarrage difficile, cette saison de "Koh-Lanta" a enregistré d'excellentes audiences pendant le confinement. Peut-on dire que cet aspect-là a contribué au succès de la saison ?
Il y a deux éléments forts. Une saison exceptionnelle avec de nombreux rebondissements et la rencontre entre anonymes et anciens héros, qui a très bien fonctionné et surpris tout le monde. On a également remis devant le poste de télévision des personnes qui avaient déserté auparavant ou n'étaient jamais venus. Il y a eu un besoin d'évasion en période de confinement. Je pense aux 15/34 ans, sur lesquels nous avons progressé de dix points par rapport à la saison dernière. Or, c'est une tranche d'âge compliquée à réunir devant la télévision. La promesse d'une aventure forte et d'une évasion a trouvé son public. On parle beaucoup depuis un an de l'écoute conjointe (cibles différentes réunies autour d'un même programme dans un foyer, ndlr) et "Koh-Lanta" est par excellence un programme d'écoute conjointe.

Pour la première fois cette saison, des épisodes ont été coupés en deux. Ce qui a fait tiquer un certain nombre de téléspectateurs qui se sont plaints d'avoir des épisodes trop courts. Avez-vous envisagé de les remonter pour y inclure des séquences inédites ?
Nous n'avons pas ajouté de séquences inédites parce qu'on fait bien notre travail. Quand on raconte une histoire, elle a début, un milieu et une fin. Pour ajouter une séquence, il faut la raconter. Et si on a décidé de ne pas la raconter, c'est parce que le choix éditorial était le bon. En revanche, sur certains épisodes, nous avons ajouté des flashbacks ou des portraits, comme cela a été le cas pour l'orientation, ce qui n'était pas prévu dans la version d'origine.

Est-ce-que ce découpage est appelé à être reconduit pour les futures saisons pour des épisodes très denses comme celui de la réunification ?
Nous sommes déjà en postproduction de la prochaine saison et jusque-là, je n'ai pas encore eu de coup de téléphone d'Ara Aprikian (directeur des programmes du groupe TF1, ndlr) me le demandant (rires). Je m'y opposerai en tout cas car étant donné que deux saisons sont parfois diffusées la même année, si on les étirait, ça équivaudrait quasiment à conclure une saison un vendredi et à en débuter une autre le vendredi suivant.

Ca nuirait donc au programme...
Exactement.

Toujours concernant le montage, on a l'impression d'assister ces dernières saisons à moins de scènes de la vie de camp au profit des épreuves.
J'ai eu un long débat avec TF1 et nous sommes arrivés tous les deux à la même conclusion, c'est que les émissions étaient un peu trop longues il y a deux saisons. La durée a donc été raccourcie pour les épisodes classiques. Le côté "télé-réalité gratuite", qui m'embêtait un peu, a été enlevé. Mais cette durée moindre ne s'est pas faite dans une direction particulière. Il y a des moments qui sont plus axés sur la vie de camp ; d'autres, sur la stratégie... Cela dépend des épisodes.

Ils ont dit
"On n'invente pas des séquences"
Alexia Laroche-Joubert

C'est devenu un classique à la télévision : des candidats comme Inès ou Ahmad ont remis en cause le montage de cette saison, estimant qu'il donne une image qui ne leur correspond pas. Que vous inspirent ces critiques ?
Beaucoup d'aventuriers le reconnaissent : c'est compliqué de raconter trois jours de tournage en 110 minutes. Et chacun vit son aventure de manière subjective. Ce que vous considérez comme intéressant peut au final ne pas l'être ou se révéler difficile à expliquer. Ce qui est sûr, c'est qu'on n'invente pas des séquences. Quand quelqu'un dit qu'il ne connaît pas une orange, c'est pas du "voice over" (doublage, ndlr). Il y a la vision qu'on a de soi-même, égocentrée, d'être un aventurier admirable et il y a la réalité, qui peut parfois mettre un petit coup à l'ego.

En avril dernier, ALP a saisi le procureur de la République de Paris après des menaces visant des candidats. Où en est-on sur le plan judiciaire ?
Nous avons saisi le procureur de la République pour le mobiliser sur des plaintes qui ont été déposées en intuitu personae par nos aventuriers. C'est la première fois qu'une société de production prend cette décision. Je l'ai prise car on a atteint un degré de violence inacceptable et si nous pouvons contribuer à l'exemplarité de l'assainissement des réseaux sociaux, je considère que nous avons un devoir social par rapport à cela. Après, il ne faut pas se tromper. C'est le fait d'adolescents irresponsables qui ne se rendent pas compte des conséquences de leurs paroles ou le fait de gens violents et haineux. Mais ils ne représentent qu'une infime partie de la qualité des internautes qui nous suivent. Il ne faut pas leur donner plus d'importance. C'est une responsabilité de notre part, mais aussi de la part des médias.

Il est quand même intéressant de rappeler qu'on ne peut pas agir en tout impunité sur les réseaux sociaux...
Je veux féliciter la prise de position de Facebook France qui a décidé de donner les IP sur tous ses réseaux aux enquêteurs ou de bloquer certaines IP. C'est une avancée importante. Nous avions déjà mobilisé les réseaux sociaux suite à des révélations sur nos programmes et nous nous étions heurtés à l'époque à des problématiques d'IP. Nous sommes heureux de savoir que désormais, Facebook considère qu'il a une responsabilité morale et qu'il donnera les éléments nécessaires à la justice.

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