Détenu depuis 2015 par la famille Safa, "Valeurs actuelles" change d'actionnaires. Dans un communiqué de presse, envoyé aux rédactions ce vendredi 26 septembre 2025, Benjamin La Combe et Pierre-Edouard Stérin ainsi que la famille Caude annoncent leur entrée prochaine au capital de l'hebdomadaire classé à l'extrême droite. "La vente devrait être finalisée dans les prochaines semaines et marquera une étape importante dans la vie de ce titre emblématique de la presse française", est-il écrit. "Le Figaro" indiquait quelques heures plus tôt un investissement d'une dizaine de millions d’euros sur trois ans pour relancer la marque.
Ce nouvel actionnariat "vise à offrir à 'Valeurs actuelles' les moyens de consolider sa position singulière", insistent les investisseurs dont "l’ambition est de moderniser les formats et les outils de production en mettant notamment l’accent sur la transformation numérique".
Si Benjamin La Combe, à la tête d'une société d’aménagement paysager, Mugo, héritera de la présidence du journal, "la rédaction (toujours dirigée par Tugdual Denis, ndlr) restera au centre de ce projet et continuera à exercer son métier en toute indépendance", indique le trio, affirmant "avec force que le rôle d’un éditeur n’est pas d’influer sur les contenus, mais de donner à la rédaction les moyens d’exercer son travail dans les meilleures conditions possibles, dans le respect de la liberté d’expression et du pluralisme". La ligne éditoriale du titre pourrait néanmoins évoluer. "Nous voulons tourner 'Valeurs actuelles' vers l’entrepreneuriat, le patrimoine, et, sur ces terrains, donner la parole à de nouveaux acteurs pour ouvrir le débat. L’idée n’est pas de faire dans la polémique, mais au contraire, de proposer une presse de solutions au service de l’intérêt général et au service de la droite pour le pays", explique Benjamin La Combe au "Figaro".
Avant de mettre la main sur "Valeurs actuelles", Pierre-Édouard Stérin, instigateur du projet Périclès – documenté par "Le Monde" et "L'Humanité" – visant à une alliance des forces de droite et d’extrême droite, avait, de son côté, tenté de prendre le contrôle de "Gala" en 2023 et "Marianne" en 2024. Le milliardaire catholique conservateur était jusqu'ici actionnaire minoritaire de médias en ligne, dont "Neo". Daniel Kretinsky, autre milliardaire à la tête de CMI, envisageait en effet de lui vendre le titre, dirigé alors par Natacha Polony. Une grève des journalistes, opposés à ce projet, l'en avait finalement dissuadé. Récemment encore, le nom de Pierre-Édouard Stérin rôdait autour du quotidien "La Croix", lorsque son ancien bras droit, Alban du Rostu, était pressenti pour la direction de la stratégie et du développement du groupe Bayard, propriétaire du titre. Après une heure de grève menée par les salariés en novembre 2024, le groupe avait finalement renoncé à cette nomination face au "soupçon d'un possible entrisme de l'extrême droite".

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