J-1 avant le lancement de la tournée "Star Academy" à Reims. Vingt jours à peine après le sacre d'Ambre lors de la 13e édition du télé-crochet, les ex-pensionnaires du château de Dammarie-Les-Lys débutent ce vendredi 26 février l'aventure de leur vie. Jusqu'en juillet, Sarah, Léa, Victor, Anouk et les autres fouleront les plus grandes salles de France pour rencontrer leur public. À cette occasion, Rémi Faure, le directeur des programmes de flux du groupe TF1, a accepté de dresser le bilan de la cette édition de la "Star Academy" pour Puremédias. Audiences, candidats, mécanique.. Le dirigeant dit tout.
Propos recueillis par Benjamin Rabier
On a réduit la dépendance du programme aux invitésRémi Faure
Puremédias : Quel bilan tirez-vous de la dernière saison de la "Star Academy" qui s’est achevée il y a quelques jours sur TF1 ?
Rémi Faure : Un bilan exceptionnel, porté par une convergence télé/digital sans précédent et sans équivalent. Avec 1,6 milliard de vidéos vues (+400 millions de vues sur un an), la "Star Academy" démontre sa capacité à exister partout, pas seulement à l’antenne de TF1.
L’indicateur le plus stratégique pour nous reste la surperformance de l’émission sur les 15-24 ans : en affichant 51% de PDA (+12 points), TF1 sécurise la cible prioritaire de demain, réputée la plus difficile à engager et celle qui se lasse le plus vite. Cette dynamique irrigue l’ensemble de la grille, avec des primes à 39% de PDA sur les FRDA-50 (+4 points sur un an) et des quotidiennes solides à 1,6 million de téléspectateurs.
Au-delà de l’audience, TF1 continue d’écrire la musique de demain et contribue à l’émergence de nouveaux talents (Miki, Zélie). La signature quasi immédiate de candidats en labels — Jeanne vient d’être signée chez Sony, son premier single "Respire fort" affiche 12 millions de streams — confirme que le programme agit comme un puissant accélérateur de carrière. Réussir à placer des artistes dans les tops playlists sur Spotify et Deezer dix jours après la finale, c'est génial. Après quatre saisons, la magie continue d’opérer fortement.
La variété 'pur jus', où chaque artiste vient faire son titre pour sa promotion, ça ne marche plus en téléRémi Faure
Le succès de l’émission est tel qu’on a l’impression qu’elle s’autosuffit. Que vous n’avez même plus besoin d’inviter des artistes de renommée nationale ou internationale pour que les primes fonctionnent…
Cela a été un vrai axe de réflexion pour nous. À l’issue de la saison de Pierre Garnier, on a fait un constat très simple : 70 artistes étaient venus performer sur le plateau. On a rapidement compris qu’on allait se retrouver dans une impasse et qu’on allait se répéter chaque année avec les mêmes artistes et les mêmes reprises. Sous l’impulsion d’Ara Aprikian, on a réduit la dépendance du programme aux invités. Pour éviter l’usure, on a structuré la "Star Academy" autour de rendez-vous incontournables sans les invités ("Le Top 3", l’autoportrait, le tableau chanté/dansé). C’est ce qui explique sans doute que, quelles que soient la durée et la concurrence qu'on ait pu affronter cette année, les primes ont surperformé. On a réussi à les structurer, à les rendre indispensables, avec de grands rendez-vous attendus par tout le monde, même sans invités.
Cette année, vous avez multiplié les règles, l’enjeu, la compétition. Quitte parfois à perdre le côté "festif" du samedi soir. Vous assumez ?
Ce qui est sûr, c’est que la variété "pur jus", où chaque artiste vient faire son titre pour sa promotion, cela ne marche plus en télé. Ni chez nous, ni ailleurs. On a gardé et même poussé le côté festif grâce à l’hymne d’Abba ou au tableau chanté/dansé très spectaculaire, mais il est vrai qu'en 2026, on a davantage envie de raconter des histoires, des rencontres. La performance de Miki et Mélissa, cette rencontre générationnelle formidable, a autant marqué parce qu’elle est sortie du cadre du duo classique. Cela a été notre leitmotiv cette année : casser les codes d’un lancement classique ou encore d’un débriefing systématique par les profs. Il y en a eu assez peu cette année car notre volonté était de rester dans l’énergie du live. Avec le tableau "comédie musicale", on a enchaîné jusqu’à 25 minutes de musique sans interruption. Chaque semaine, on a vraiment été dans la construction d’un spectacle musical.
On ne veut plus de "casseroles" à la "Star Academy"Rémi Faure
La saison a duré 17 semaines. On a vu un décrochage des audiences des quotidiennes sur les dernières semaines. Est-ce que vous n’avez pas été un peu trop gourmand cette année ?
Honnêtement, je ne crois pas. D’ailleurs, les primes ont cartonné jusqu’à la fin. Effectivement, on a baissé un petit peu sur les dernières quotidiennes, sans doute parce qu’il y a moins d’élèves au château.
Dès le début, le niveau vocal des élèves a surpris. Étaient-ils trop forts dès le départ ?
On ne veut plus de "casseroles" à la "Star Academy". On ne sélectionne plus des profils seulement parce qu’ils sont rigolos comme on pouvait le faire à l’époque. L’exigence du public a changé. Ils veulent écouter des gens qui chantent bien. Chanter juste, c'est devenu la base de notre casting.
Il y a deux catégories de profils dans un casting "Star Academy" : il y a les grandes voix qui ont été très bien représentées cette année. Puis il y a les propositions artistiques, les signatures vocales.
Les grandes voix l’ont donc emporté sur les univers artistiques…
Les cours, l’exigence des professeurs, les évaluations et cette mécanique de Top 3 font la part belle aux performances vocales. Mon petit regret personnel, c'est que je pense qu’il y avait peut-être une place, un peu plus loin, pour le timbre d’une Jeanne ou la singularité d’une Mélissa. Mais comme on l’a toujours dit, le public a toujours raison.
On réfléchit déjà à renforcer les dernières quotidiennes de la saisonRémi Faure
Quel premier bilan avez-vous tiré de cette saison avec les équipes d’Endemol France et de DMLSTV ?
Nous faisons toujours un premier bilan à chaud avec les équipes de production puis nous menons aussi une étude qualitative auprès du public dans un souci d’amélioration continue. Nous sommes très contents de cette saison. L’un des points d’amélioration serait d’aller un peu plus loin sur la singularité vocale ou la proposition artistique de certains élèves qui ont déjà une vraie vision de leur après "Star Academy". Par ailleurs, on réfléchit déjà à renforcer les dernières quotidiennes de la saison. Parce qu’effectivement, à 3 ou 4 dans le château, on doit imaginer des choses nouvelles. C'est en réflexion.

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